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Articles avec #rendez-vous catégorie

2016-06-23T13:19:38+02:00

Philippe Tarral : une passion toute tracée pour le dessin...

Publié par leboudoirdemadame
Le Courrier de Casablanca : a lire d'une traite sans escale...
Le Courrier de Casablanca : a lire d'une traite sans escale...

Lié à une belle passion : le dessin ...Ainsi est Phlippe Tarral qui cumule à la fois le métier d'enseignant à l' Ecole Supérieure d'Art et de Design d'Orléans et d' heureux dessinateur de bande dessinée .Déjà auteur entre autre d'un album consacré à la Chevalerie :" Le crépuscule des braves" sur un scénario de Frank Giroud -un grand- voilà que Philippe récidive avec Le Courrier de Casablanca en collaboration pour le texte avec Pascal Davoz . Un titre pour une promesse d' aventure : le début des vols de l' Aéropostal après la guerre de 14/18. Le Courrier de Casablanca édité par les éditions Paquet se poursuivera dans un second tome sur lequel Philippe Tarral oeuvre déjà.Rencontre entre deux coups de crayon avec ce passionné

Comment naît la passion du dessin, l'envie de l'enseigner et de passer simultanément à la création dans l'univers de la bande dessinée ?

"J'ai commencé à dessiner tout petit : mon père me dessinait des chevaux, des vaches que je recopiais et auxquels je rajoutais des cavaliers,des selles,des barbelés, des abreuvoirs...La première lecture fut celle de Hergé bien sûr, avec l'album " Les sept boules de cristal ".

Je me suis rendu compte assez vite de la richesse des scénarios, de l'énorme documentation mais aussi des difficultés à dessiner en donnant l'impression de simplicité ! Mon père m'expliquait alors des passages que je ne comprenais pas...

Plus tard, j'ai découvert le dessin réaliste lorsque en 5è notre prof de français nous fit faire un travail qui consistait à voir comment on pouvait traiter un même thème, en l'occurrence le western, et d'une manière humoristique, avec notamment le bien nommé Lucky Luke .Je peux aussi citer le lieutenant Blueberry de Jean-Michel Charlier et Jean Giraud, dit Gir, dit Moebius.

C'est avec la découverte des dessins de ce dernier que j'ai eu envie de dessiner davantage avant d'imaginer la possibilité d'en faire un métier.

Petit à petit le dessin réaliste m'est apparu comme une sorte de "noblesse" à la différence du dessin humoriste. Ce qui est un tort mais j'y voyais ou percevais un prolongement naturel de l'art du dessin (figuratif) depuis les grottes préhistoriques jusqu'à, pour simplifier outrageusement, la naissance du cubisme.

De nos jours, la bande dessine est presque le dernier refuge du dessin figuratif, de plus en plus absent ou dénigré, dans l'Art contemporain."

Professeur à l' ESAD d' Orléans,vous êtes donc au contact d' adolescents. Cela vous influence-t-il dans votre propre production ? Et quel enseignement en tirez-vous ? Ces ados ,opposent-ils au dessin un support plus actuel pour eux : par exemple la photo ? Bref cela arrive-t-il que ces ados trouvent le dessin "démodé"?

"Enseigner aux autres vous apporte beaucoup mais il est difficile de déterminer de quelle façon . Ce qui est sûr, c'est que je ne pourrais plus m'en passer, cela m'a ouvert davantage aux autres et me permet d'éviter l'écueil d'être un peu trop centré sur moi-même. Le danger d'être trop souvent seul devant ses dessins, outre le fait d'avoir une vie sociale limitée, est de se regarder dessiner et de tutoyer un peu le narcissisme, la complaisance. Ce n'est jamais souhaitable d'un point de vue humain et artistique.

Je constate chez cette jeune génération un attrait pour le dessin et la chose dessinée tout à fait comparable à celui des générations précédentes et loin de certains clichés que l'on véhicule un peu trop fréquemment. En outre mes étudiants comprennent parfaitement la nécessité dans laquelle ils sont d'être le plus à l'aise possible dans la pratique du dessin, du croquis pour leur future activité de designers."

N'êtes-vous pas un peu sévère quand vous dites que la bande dessinée a -pour paraphraser Brassens,une de vos idoles- toujours mauvaises réputation ?

"Sur un plateau de télévision, une "célébrité " n'hésitera pas à donner ses goûts musicaux, en insistant sur le fait que ceux-ci vont du classique au rap, de la Callas à Johnny , avec le blabla habituel sur l'ouverture d'esprit et la "bonne" ou mauvaise" musique mais en matière de lecture ou d'art, elle se gardera bien de dire qu'elle lit aussi des auteurs de bande dessinée ...Je le répète :la bande dessinée est trop absente des médias audiovisuels mais également des conversations, des débats...

J'exagère peut-être un brin car je suis concerné d'autant que je suis bien placé pour savoir à quel point sa pratique est difficile, exigeante et contraignante. Le débat est ouvert..."

Dessiner n'est-ce pas interpréter le monde autrement ? Lui donner une dimension autre ? Arrêter le temps ? Une sorte d'arrêt sur "image" ?

"Effectivement, lorsque l'on dessine, d'une certaine façon on interprète le monde, son propre monde, on l'idéalisme sûrement, même si on dessine des choses dures ou que l'on aborde des thèmes violents. Mais avec le trait, qui est propre au dessin de bande dessinée, et qui renvoie au trait du lettrage, de la calligraphie qui est insérée dans les images, on montre peu et bien qu'étant astreint au figuratif, on suggère: la vision de la réalité est dépouillée, décrite ou révélée avec un scalpel puisque l'on entoure et isole des volumes avec un cerné noir en 2D.

La bande dessinée est faites d'images qui ne font que suggérer, à l'opposé des vraies images qui bougent sur les écrans, quelque soit leur taille, qui ne suggèrent rien mais montrent tout. Je tiens beaucoup à ce pouvoir de suggestion du dessin."

Vous même avez-vous envie de créer votre propre héros ? Une bande dessinée dans laquelle outre le dessin vous y joindriez la "parole" donc le texte ?

"J'avoue que ...oui.C'est tentant d'écrire en plus de dessiner ! Reste que l'écriture d'une histoire ne s'improvise pas, quelque soit le média choisi.Avoir une ou des idées, c'est une chose. Je crois que Michel Audiard disait "Des idées, il y en a plein les journaux"! Ecrire des dialogues est bien plus difficile que ce que l'on croit généralement. D'autant plus que les dialogues dans la bande dessinée, sont destinés à être lus en étant placés dans des dessins. C'est un exercice particulier.

Je ne suis pas sûr d'avoir ce talent très particulier, et pour être honnête, je n'y ai jamais vraiment pensé. Mais je me rends compte que pas mal de collègues franchissent le pas.Il y a aussi la tentation d'adapter un récit déjà écrit, roman, nouvelle.Là aussi, l'exercice est bien plus périlleux qu'il n'y paraît."

Racontez-nous la genèse du Courrier du Courrier de Casablanca , votre rencontre avec Pascal Davoz ,l'auteur du texte .

"C'est la maison d'édition Paquet qui est à l'origine de cette collaboration..Il m'a proposé de travailler sur le récit de Pascal. Initialement, je devais réaliser chez un autre éditeur un album devant se dérouler en juin 40, lors de l'invasion de la France par la Wehrmacht. Ce projet n'a pas abouti t pour différentes raisons .J'ai eu une opportunité avec le Courrier de Casasablanca . J''ai donc lu ce scénario et ai immédiatement été intéressé bien que j'ignorais presque tout du sujet, la création des lignes de l'aéropostal en direction du Maroc, du Sénégal au lendemain de la "der des ders". Néanmoins le mélange de réalité historique précise et de fiction crédible m'a vite séduit...de plus La collaboration avec Pascal Davoz s' est déroulée harmonieusement."

Que peux-t-on vous souhaiter pour l'avenir ?

"Que cet album fonctionne bien .En fait c'est parti pour .Ceci dit rien n'est jamais gagné sur ce marché du livre bien saturé .Rien ne me ferait plus plaisir aussi que de recueillir des avis positifs sur mon travail. Que ce soit de la part de mes pairs ou plus simplement de ceux dont j' apprécie le talent. Et une fois le second tome achevé du Courrier de Casablanca achevé,j'aimerais travailler sur d'autres sujets, d'autres thèmes, d'autres histoires comme par exemple un thème qui me tient particulièrement à cœur: la période sombre de l'occupation...Vous le voyez ,il y a de quoi faire !"

Le Courrier de Casablanca, éditions Paquet .En vente en librairie .Existe aussi en tirage limité à 1000 exemplaires avec ex-libris,dos toilé, cahier graphique de crayonnés et couverture originale ( voir sur la photo ) via les libraires CANALBD

A noter :Samedi 02 juillet, de 15h00 à 18h00, dédicace de l' album "Le courrier de Casablanca" à la librairie Album, 84 bd St-Germain 75006 Paris. Et ce samedi 25 juin , à La Parenthèse, à Nancy....

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2015-07-05T14:13:09+02:00

A lire : Didier Fourmy et ses Pétillantes

Publié par leboudoirdemadame
Les Pétillantes  et Les Pétillantes saison 2 aux éditions Hugo Roman
Les Pétillantes et Les Pétillantes saison 2 aux éditions Hugo Roman

Les femmes, Didier Fourmy sait et aime les écouter .Bien lui en a pris puisque elles lui ont inspiré son premier roman : Les Pétillantes ( aux éditions Hugo Roman ) vendu à 30 000 exemplaires . De quoi faire pâlir d'envie certains auteurs de la NRF et donner envie à ce gentleman de la communication d'écrire une suite toute aussi optimiste : Les Pétillantes saison 2 sorti ce mois- çi . Rencontre avec Didier Fourmy,un auteur qui fourmille d'idées !

Comment devient-on auteur? Imaginiez-vous cela possible un jour? Et d'un livre à succès? Dans le cas des Pétillantes, auriez-vous pu l'écrire il y a quinze,vingt ans? "

"on devient auteur parce qu’on aime écrire et surtout qu’on aime raconter des histoires avec une imagination sans limite .Tant qu'au livre à succès on en rêve évidemment mais le chemin pour être édité est un vrai parcours de combattant!
Moi je rêvais d’être vendu dans... les gares, pour distraire et faire rire, à défaut d’être Jane Austen, je voulais être Barbara Cartland ! c’est pour ça qu’on vient de m’affubler du surnom comique de « Lord Cartland » ! j’adore l’idée !
Ecrire m’est venu quand on a commencé à évoquer la retraite avec des copines. L’une d’elle voulait créer une maison de retraite heureuse avec tables de jeux, bar et une vidéothèque de films pornos pour se "souvenir"!
Cà m'a trotté dans la tête et un jour de Féria à Nîmes je me suis retrouvé chez des amis avec une flopée de veuves et de divorcées .J’ai pris des notes en pleurant de rire ! l’idée est partie de ce déjeuner mémorable.
Tant qu'à l' envie d’écrire,je l’ai toujours eu.Je tiens cela de ma grand mère qui tenait son journal et racontait sa vie quotidienne avec un humour fou. Mon premier roman date de 1966 , j’avais dix huit ans ! J’ai reçu trois lettres de... refus mais avec compliments et encouragements, dont une de Pierre Seghers que je conserve précieusement."

Dans la vie courante ,aucun doute ce sont les femmes qui vous inspirent ?

"Le milieu féminin dans lequel j’ai trempé professionnellement pendant presque un demi siècle m’a fait bien les connaître et l’humour de certaines m’a enchanté ! Les hommes pour travailler, sont assez sinistres… Peu d’humour et beaucoup de vantardise, ça devient vite "lourd"!
Les femmes sont plus marrantes et osent plus dire tout haut ce qu’elles pensent vraiment !
Autre privilège de l'âge si je puis dire quand on arrive à celui de la retraite, on parle vite médecins pour s’échanger les adresses. De plus la solitude prend une autre dimension et pas mal de femmes qui m’entourent sont souvent seules et elles s’épanchent très souvent. Je suis un peu leur « Mireille Dumas » ! J'adore les écouter."

Peux-t-on dire que "Le Patio Secret" résidence des ces Pétillantes,concentre outre ses co locataires intrépides -et pour certaines de joyeuses commères-, des "profils" de femmes, d'amies ou...pas que vous avez connues notamment dans la presse féminine?

"Oui j’avoue m’être servi de « modèles » rencontrés dans la vraie vie! Pour Rancunia c’est un mix de deux femmes; Souris ,elle, est plus flagrante, d’ailleurs elle s’est vite reconnue ! ça l’a fait rire, OUF ! Maintenant elle me signe ses sms « Ta Souris Pétillante » .Pour les autres j’ai tout mélangé, les physiques, les traits de caractère et les instants de vie, mais il y a quand même beaucoup d’imagination...heureusement ! Curieusement,les stars de la presse féminine ne m'ont pas beaucoup inspiré, une seule expérience m’avait suffit...
Un groupe de femmes du même âge c’est vite plein d’humour, elles ont un recul que les hommes n’ont pas, elles arrivent à rirent d’elles mêmes, et je reste béat d’admiration quand elles ont « jonglé » avec plusieurs vies : boulot, mari, amants, enfants, petits enfants ! faut le faire !"

Dans la saison 2 des Pétillantes tout juste sorti, vous introduisez comme un intrus ...un homme.Est-ce si nécessaire dans ce Patio Secret plus proche à première vue de la maison de retraite que du pensionnat de jeunes filles?

"Il fallait bien un homme, de même qu’ il a fallu accueillir dans l’histoire une jeune journaliste pour faire un constat qui s'imposait : la surprise de la jeunesse devant ces femmes si fortes si extra-ordinaires. Un homme en tant que mâle ne pouvait pas s’immiscer comme un loup dans cette bergerie plus d'ailleurs auberge Espagnole, c’est pourquoi il fallait qu’il soit gay ! Patrice -c'est son nom - adore tout de suite leur style de vie.Il est fasciné par ces caractères,ces réparties. Ces Pétillantes ne sont jamais à cours d'arguments. Il se sent bien parmi elles et comme il est paumé car sexagénaire -à ces âges aujourd’hui on a du mal a se recaser -, il plonge dans cette vie si joyeuse ! Pour ces femmes, sa présence est importante .Patrice va les faire évoluer différemment dans leurs rapports."

Au Patio Secret ,on rêve toujours d'amour ?

"Oui elles en rêvent encore toutes sauf Ladygold qui est frustrée elle d'amour filial puisque son fils est parti vivre loin d'elle. Grenouillette qui est hyper catho, reste une veuve épleurée et Rancunia qui est bloquée du cœur car trahie par son mari depuis des années a tirer un trait définitif . Tant qu'aux autres personnages féminins ,elles sont prêtes à tout et évoquent le sexe avec mélancolie ! Dans le tome 1 des Pétillantes, Charlotte leur raconte "son" grand souvenir érotique vécu en Afrique et dans la Saison 2, Souris succombe à un aventurier de sites de rencontres! La venue de Patrice parmi elles va être le déclencheur qui va changer leurs vies. Je n'en dit pas plus .Il leur fallait donc cet homme là, précisément, puisqu’il n’y a aucune ambiguïté ! Elles vont toutes se servir de Patrice chacune selon ses objectifs..."

Les Pétillantes et leur Patio Secret, c'est une sorte de guide du bien vieillir ?

"Oui pour bien vieillir il ne faut pas rester seul.J'ajoute à cela que la vie en communauté permet de se maintenir ! Il y a émulation . Ces co locataires ne se passent rien, elles se surveillent, se lancent des défis .Je pense réellement qu’il faut être entouré pour bien vieillir, ne pas se fixer sur soi- même, sur ses bobos… Au contraire,il faut écouter les autres, les jeunes en particulier et surtout s’adapter sinon on devient vite de vieux croutons acâriatres qui rabâchent en boucle le fameux "c'était mieux avant" .
Les femmes qui avancent en âge, si elles oublient leurs rides et restent « elle mêmes » elle gagnent en charme ceçi dit n’est pas Jane Fonda qui veut ! Les cheveux gris, la ride , le vécu , ça plait aussi quand c’est ouvertement accepté !. Pour les hommes vieillissants, l’horreur c’est la teinture ou les cheveux rabattus ! Là aussi les poignées d’amour et le « petit » ventre ça peut plaire .Les les vieux beaux se paient des « jeunesses » alors qu’une femme mûre hésite encore : pour la plupart ! il y a de vieux couples, ridés et cheveux argentés que je trouve magnifiques, d’ailleurs ceux là , qui s’acceptent comme ils sont , on les voit souvent se tenir par la main ! c’est superbe !"

Un autre livre de prévu ?
"Je ne pense pas me lancer dans une saison 3, sauf si Les Pétillantes devient une série Télé ( le rêve ! ) alors je peaufine une autre idée, mais comme maintenant je suis « Lord Cartland » il sera encore questions de séniors!"

Les Pétillantes, éditions Hugo Roman et en format poche chez Pocket suivi de Les Pétillantes saison 2 et fin de l'année inscrit aux catalogue France Loisirs.

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2013-05-11T07:12:00+02:00

La vie de château au château de la Barre !

Publié par leboudoirdemadame
2008-4Un lieu que les touristes étrangers nous envient, Américains en tête : le château de la Barre à Conflans sur Anille. Dans cette demeure historique, propriété du conte et de la contesse de Vanssay, "chambres à louer" et que pour le meilleur : l' art de vivre à la Française.Et si vous aussi y résidiez ? Rencontre avec le conte Guy de Vanssay.
Par quel cheminement en arrive -t- on a ouvrir sa demeure au tourisme... même de luxe ?
Les raisons sont probablement très diverses pour chacun. En ce qui nous concerne, quand mon père est décédé en 2002, la question se posait de savoir comment maintenir le château familial, mon épouse et moi ayant notre activité à Paris et en Europe. Une propriété inhabitée dépérit rapidement et nous ne pouvions nous offrir un régisseur. Deux solutions se présentaient : vendre ou faire que cette demeure rapporte assez pour assumer les charges. 
Comme nous avions tous les deux la petite quarantaine et que, à la fois l’histoire, la vie à la campagne et le charme des vieilles demeures nous plaisaient nous avons fait le choix de changer de vie.
Nous avions aussi des professions riches en contacts et de recevoir des hôtes, échanger avec eux, nous a paru un attrait. Notre clientèle étant à 90% étrangère, cette activité est donc variée et intéressante. 
Enfin, le Château de la Barre appartient à la même famille depuis plus de six siècles et à cette authenticité, nous avons ajouté le goût de l’élégance dans la décoration, un autre de nos dadas. Nous partageons cet idéal d’élégance et d’esprit Français.
Le château est rentré dans la famille de Vanssay vers 1404 par mariage. Du côté de cette mariée, Marie Chouet, nous remontons encore trois générations plus loin au milieu du XIVème siècle. Les Vanssay font donc partie des rares familles de la noblesse dite immémoriale subsistante.Ils ont servi les rois , Napoléon, puis la république dans le métier traditionnel des armes. Les siècles se "lisent" dans l’architecture diverse du château où chaque génération ou presque à ajouté sa marque.
Parmi toutes les modifications architecturales, la plus importante est peut-être la fortification du château pendant les guerres de religion.

Comment se traduit cet art de vivre à la Française ?
Par un grande diversité ! Par exemple la décoration des chambres est réalisée avec des tissus français ou italiens et le mobilier est Français XVIIIème. Dans les chambres on trouve aussi des services à thé Hermès ou des produits d’accueil de la même maison. La vaisselle est du Bernardaud et l’argenterie est celle de notre famille. Les couverts sont disposés à la française creux dessous. 
La conversation est aussi assortie à cet esprit Français où l’on sait rester léger dans les sujets profonds et préférer l’originalité aux lieux communs. Il est regrettable qu’on ignore cette particularité bien Française que les étrangers admirent et recherchent. 
Le château de la Barre étant un manoir agrandi puis fortifié, rien de grandiose ne conviendrait. Le mobilier et la décoration vont dans ce sens. Même s’il y a un magnifique vaisselier dans la Grande Salle à Manger et une décoration digne des châteaux de la Loire dans la Chambre Marin de Vanssay, l’ensemble a le charme d’une gentilhommière accueillante. 
Le dîner Grand Siècle met en scène cet esprit Français et cette tradition de l’aristocratie. Un cocktail au Champagne précède le repas et c’est l’occasion de se présenter les uns les autres. Après avoir quitté le Salon Rose on se dirige vers la Grande Salle à Manger où la table est mise en respectant tous les détails : serviettes armoriées, service de table, vins adaptés au plats (trois vins en général, entrée plat salade et fromage puis dessert).Mon épouse et moi prenons nos repas avec nos hôtes tels des amis. 
La tenue est sport chic afin qu’un certain effort soit fourni sans pour autant gêner ceux qui n’auraientt pas de tenue élégante. Après le repas nous passons au Grand salon dont le mobilier exceptionnel date de 1778 (les broderies des fauteuils sont d’origine.) Là où dans d’autres châteaux il serait précisé de ne pas s’assoir ni même toucher, ici nos hôtes profitent de ce mobilier en dégustant café et alcools divers.

Votre clientèle étant internationale, le caractère exceptionnel du lieu est-il ressenti de la même façon par vos hôtes ? Bref chaque nationalité développe -t-elle une sensibilités propre ? Que vient -elle chercher au château de la Barre ?
En effet, selon les pays les perceptions sont très différentes. Les Européens viennent chercher une tradition préservée mais ce ne sont pas les plus nombreux, les Français en particulier malheureusement. Au contraire les Britanniques, les Allemands, les Russes et dans une moindre mesure les Italiens sont intéressés par cette expérience.
Ensuite ce sont souvent les pays aux origines Européennes qui viennent vivre un retour aux sources.Ce sont par ordre, les Américains, les Canadiens, les Australiens, et les Brésiliens.
Les autres pays n’ont pas cette fibre « château » et les voyageurs sont rares avec une exception toutefois : les Chinois. Ces derniers sont éblouis par cette histoire maintenue et leur émerveillement s'apparente à celui d’un enfant ce qui est un compliment de ma part. Nous découvrons ainsi des points communs inattendus : nos deux peuples se régalent des mêmes aliments (escargots, porc, ect… )et du vin Français. 
Contrairement à ce que certains peuvent penser ,les Chinois sont des gens chaleureux et affectifs, plus proches des latins que des anglo-saxons ! Une fois,l' un d’eux s’étant levé tôt est arrivé tout joyeux en nous tendant un sac en plastique plein d’escargots de Bourgogne qu’il avait ramassé dans le parc !

Les hôtes sont-ils toujours à la hauteur du lieu? Vous et votre épouse Marnie de Vanssay vous êtes vous retrouvés parfois dans des situations incongrus voir cocasses ?
Presque toujours nous avons des hôtes sympathiques et curieux de ce qu’ils peuvent trouver ici. Il arrive aussi que, étant passés par un tour operator, ils s’attendent à trouver un hôtel classique. Nous tâchons alors de les ouvrir rapidement à notre maison. Nous faisons une visite du château qui leur permet de mieux apprécier l’essence du lieu et d’éviter des malentendus.
Cette visite est aussi l’occasion de faire tomber des préjugés et des idées reçues. Par exemple, afin que la visite ne soit pas trop monotone j’essaie de faire rire ou de poser des questions. Une d’elles est : "quel était le métier de l’aristocratie du XIVème, au XVIIème et même au XVIIIème siècle ?" Peu savent !  La réponse est le métier des armes. 
Le fait également que mon ancêtre était chef de la garde révolutionnaire locale et que comme la plupart de l’aristocratie de l’époque il avait appelé à la réforme pour un système avec un parlement à l’Anglaise surprend et donne une image nouvelle de l’aristocratie. Vis à vis de certains américains un peu fort en tête, la visite sert à rappeler que mon lointain parent le comte de la Luzerne,premier ambassadeur français en Amérique avait organisé la guerre d’indépendance avec Jefferson. Souvent aussi ils se dévoilent et parlent de leur pays ce qui nous intéresse et nous fait plaisir.
Mon épouse et moi sommes passionnés. Les leçons que nous donne l’histoire pour peu qu’on s’y intéresse, le patrimoine riche, solide et élégant que nous devons transmettre doivent être connus et partagés auprès de ceux que ça intéresse. 
Il y a aussi cette philosophie grecque « kalos kagathos » qui est indémodable car ancrée dans l’âme humaine, la vérité et la beauté rendent heureux et bons. En France nous en disposons et sommes ingrats. Mais les Chinois veulent retrouver ça, ils viennent de loin et ont une faim d’histoire et d’élégance. Pour eux nous sommes une possibilité d’avenir. Bref ce qui est le passé pour certains Français est l’avenir et une réalisation personnelle pour un Chinois.

Rappelez-nous les différents possibilités d'accueil tant aussi bien au château que dans le charmant cottage le jouxtant ? Et les activités annexes ?
Nous avons trois suites et deux chambres dans le château. On peut les voir sur notre site ( www.chateaudelabarre.com )Il y a deux locations saisonnières confortables (sauna, jacuzzi, jolie décoration…) pour deux et quatre personnes dans le Cottage.
Nous retrouvons souvent nos hôtes dans le grand jardin. Ils partent aussi visiter les Châteaux de la Loire, la Cité Plantagenêt (Remarquable vieille ville du Mans), la Cathédrale de Chartres, la Vallée du Loir, les jardins et viticulteurs de la région. Certains font de l’équitation ou de la bicyclette…
Nous pouvons aussi organiser des vols en montgolfière ou du pilotage sur le circuit des 24h du Mans. Nous organisons parfois des déjeuners Renaissance avec un cuisinier historien assez original.
Nous proposons aussi des cours de cuisine :comment réaliser son foie gras près d’ici. 
Château de la Barre, 72120 Conflans sur Anile.Tel :02 43 35 00 17

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2013-04-01T16:53:00+02:00

Edith Piaf : sa vie en "noir et blanc" vue par Hugues Vassal

Publié par leboudoirdemadame
re photo piaf
Cofondateur de l'agence Gamma,le photographe Hugues Vassal a été aussi le témoin privilégié de la vie d'Edith Piaf entre 1955 et 1963. A l'occasion du cinquantenaire de sa disparition, il sort en collaboration avec le journaliste Jacques Pessis , Edith Piaf "Une vie en noir et blanc" . Un livre-document  où clichés ( plus de deux cents cinquante) et souvenirs parfois inédits éclairent d'un jour nouveau la vie de la grande Edith. Rencontre avec ...le photographe admiré de ma jeunesse !

En quelle circonstance avez-vous connu Edith Piaf ? Et comment expliquez-vous qu’elle vous ait admis dans son entourage ? 
J'ai rencontré Edith Piaf une première fois en 1956 avec l’écrivain Yvan Audouard alors journaliste au magazine people de l'époque " France Dimanche ". Edith habitait déjà au 67 bis boulevard Lannes à Paris. Un appartement proche du bois de Boulogne qui deviendra un an plus tard le lieu culte où durant plusieures années, j'ai suivi, photographié, vécu les principaux moments de sa vie.
Je devais photographier Edith pour la promotion de la sortie de son dernier disque, (un vinyle 45 tours) " l’Homme à la Moto "sur une musique américaine et des paroles de Jean Dréjac. Edith avait vite réagi à la nouvelle mode musicale  arrivée avec le tsunami provoqué par le phénomène Elvis Presley. Cette première rencontre, brève, m’avait impressionné. Visiblement Edith ce jour là, avait d'autres chats à fouetter. Je l'ai fait poser derrière un grand rideau rouge mimant la conduite du deux roues vrombissant .Après, posant languissante sur un canapé elle me congédia.
C'est à l'automne 1957 que j'ai commencé a mieux la connaître. Je la vénérais déjà en écoutant tous les soirs "les amants d'un jour" en compagnie de ma jeune femme, Anna. Ma vie alors était précaire,mes piges de stagiaire,modestes et comme je n'avais pas assez d'argent pour être habillé correctement, j'étais le préposé à la rubrique des "chiens écrasés". 
Alors que mes confrères du journal étaient partis déjeuner, un coup de téléphone a résonné dans la salle de rédaction. C'était madame Edith Piaf en personne. Elle demandait qu'un photographe vienne la rejoindre au théâtre municipal de Dijon pour photographier sa rupture avec son amant d' alors et aussi le nouveau ! Cétait un ordre.
Il faut dire et cela je l'ai appris avec le temps, Edith Piaf entretenait des liens privilégiés avec France-Dimanche. « Hugues tu pars immédiatement gare de Lyon, tu prends le Mistral ainsi tu seras arrivé à temps à Dijon pour le spectacle.Tu fais ton boulot, tu reprends le train de nuit et demain matin on te revoit avec les photos".
C'était la première fois que je partais seul sans un rédacteur. Le train avait pris du retard et j'arrivai au théâtre municipal en retard : le concert était déjà commencé. Angoissé,le dédale des coulisses m'amena dans le trou du souffleur d'où je ne pouvais voir que deux petits pieds et une croix qui vibrait sur la poitrine de l'artiste . " Ah ! C'est toi le nouveau de France Dimanche" me dit Edith avec un regard qui me transperça … "Rends-moi un petit service, tu vois ce grand avec des moustaches qui range sa guitare ? Va lui dire qu’il me lâche les mollets et puis regarde le grand brun sur ta droite : dis lui qu'il vienne dîner avec moi et puis toi aussi viens avec nous ; tu es maigre je vais te faire grossir... » .
A partir de ce jour je n'ai plus quitté Edith, assistant à tous les grands moments de sa vie. Les bons, les mauvais avec ses amants (Félix Marten, Jo Moustaki, Doug Davis …) son mariage avec Théo Sarapo, la création de ses dernières plus belles chansons comme " la foule "," Milord "," Non je ne regrette rien ", "A quoi ça sert l’amour ", ses diverses hospitalisations… 
"J'exige que tu me photographies en toutes circonstances : les bonnes mais aussi les mauvaises... Pas d'esthétique : tu me photographies comme  je suis" me disait Edith.

 

Cinquante ans après sa disparition sa notoriété et popularité restent intactes .Comment concevez-vous ce petit « miracle »  ?
La popularité d’Edith dépasse largement le cadre de la chanson de variété. Edith grandie toujours et reste contre vent et marée au-dessus du lot au-dessus de bien des chefs d’Etat et célébrités diverses. Dans l ' inconscient collectif, Edith représente à elle toute seule la vie de l'être humain en son entier, le Bien et le Mal à l’extrême. 
Edith était une femme "habitée", exceptionnelle qui avait un don de perception. Lorsque les spectateurs venaient au spectacle l' entendre, ils étaient réconfortés. Edith incarne la misère morale et l'angoisse de l'être humain. 
Pour moi elle était le diable et le bon dieu. Récemment Olivier Dahan,le réalisateur de "La Môme" a mis le point sur tous les travers de l'artiste accentuant le trait ; il a réussi à faire connaître un être d'exception. Des milliers de spectateurs jeunes qui ne la connaissaient pas ont découvert dans elle, une réponse à leur questionnement quotidien. Je le dis souvent : dans un moment de déprime mieux vaut écouter une chanson d' Edith que d' avaler un cachet d' antixyolitique.

 

A votre avis était-elle ce qu’elle chantait ? Ses chansons « reflétaient-elles » sa personnalité ?
Oui, ses chansons sont calquées sur sa personnalité qu'elle avait de très complexe ! Ce n'était pas évident de la saisir .Elle même avait du mal .

De tout son répertoire quelle est la chanson que vous préférez ?
La chanson qui me touche le plus est " La salle d’attente " sur des  paroles de Michel Rivegauche et une musique de Marguerite Monod sa  presque unique amie puisqu'il ne faut pas oublier Marlène Dietrich.

 

        L’un près de l’autre ils étaient là
       Tous deux assis, comme endormis
       Au bord de la banquette en bois
       Dans la salle d’attente
       A travers la vitre on voyait
        Le vieux manège qui grinçait
        Et sa musique tourbillonnait
        Dans la salle d'attente
        Et cette musique semblait pousser
        La grande aiguille de la pendule
        Avec un bruit démesuré
        Démesuré et ridicule
        Et cette pendule les obsédait
        Cette pendule qui les regardait
        Cette pendule qui tourbillonnait
         Dans la salle d' attente....etc....

 

N’a-t- on pas tout lu sur Edith Piaf ? Qu’apporte de nouveau ce nouvel ouvrage  « Une vie en noir et blanc » ?
Edith  avait une double personnalité qu'elle cultivait pour se protéger. La première à partir de la disparition de Marcel Cerdan a été de se créer une image adaptée à l'idée que le public se faisait d’elle . Ainsi l'on peut dire que dans tous les domaines, elle en rajoutait une couche épaisse ! Elle démultiplia les amants non par forfanterie mais pour aller dans le sens des fantasmes de son public. Il en fût ainsi aussi pour l’alcool, les drogues, mais aussi pour sa superstition miraculeuse pour Sainte Thérèse de Lisieux. Sa vénération secrète auprès de la Sainte avait bien plus de profondeur que les clichés qu’elle en a donné.
A l’époque nous journalistes et photographes à France Dimanche avions comme "patron" de la rédaction André Larue. C'est  lui qui m' a imposé et soutenu avec d'autres confrères comme Jean Noli dans le milieu. Et  avec la complicité d’ Edith. Il voyait en nous ses biographes du futur.
Edith ne voulait pas que l'on s'approche de trop près des fantômes qui l'ont hanté toute sa vie : la mort de sa petite fille alors qu'elle faisait la fête dans une boîte de nuit  de Belleville...celles de ses amants et protecteurs dans des conditions toujours tragiques : Louis Leplé, Marcel Cerdan, Doug Davis l’Américain dont le Boeing s’est écrasé à Bruxelles alors qu’il la rejoignait pour l'épouser... La liste est longue.
Ce livre révèle des choses nouvelles à découvrir au fil des pages...

Noir et blanc ne sont-elles pas les deux « couleurs  » qui la définissent le mieux ?
Oui ! J'ai toujours vu deux Edith. En premier, la petite dame en noir mais surtout en second, une grande dame en blanc avec au-dessus d'elle comme une aura au-dessus de sa tête ! . Une femme habitée...

 

Après toutes ces années, quel souvenir gardez-vous d’elle ? Avez- vous une anecdote qui  vous touche particulièrement ?
Edith me disait souvent : « Hugo tu dois avoir toujours la perle à la cravate » et n'oublie  pas " vise toujours plus haut " . 
Je me souviens du grand lit mauve alors que je consolais une Edith seule et paumée .Une toute simple affection la rassenérrait .Elle me disait : « Tu sais les déceptions ne sont qu'une question d'habitude .Ne te retourne jamais ". Et de poursuivre : " sache que je serai toujours là pour toi » 
En 1983 alors que la vie m'avait fait gravement chuter et que je me retrouvai désemparé je suis allé prié dans une chapelle avec le souvenir des propos tenus par Edith a mon encontre . Je crois sincèrement qu'elle m'a sauvé du naufrage .

 

Outre ce livre écrit en collaboration avec Jacques Pessis, avez-vous d’autres projets traitant d’Edith Piaf  ? Et évoquant son répertoire ?
Au mois d’avril je suis accueilli dans une résidence d'artiste pour répéter le spectacle que je prépare sur elle. Ne suis-je  pas maintenant un des rares témoins encore vivants ? Des images me reviennent : les départs et les retours d'Edith de cliniques , les changements d'amants, les pleurs de Bruno Coquatix pour qu’elle  sauve l'Olympia. Et aussi, la rencontre et son mariage avec Théo Sarapo.
Je vais aussi participer à l'occasion du cinquantenaire de la disparition d' Edith a un hommage  organisé par les Rose Croix .On l'ignore souvent mais Edith était rosicrucienne et dans on répertoire une chanson était spécialement dédiée à cet ordre.
En projet également des galas notamment au Canada et à Saint Pierre et Miquelon.
En dehors d'Edith, je prépare un album sur mes années sixties avec mes rencontres de l'époque notamment:Françoise Hardy, Johnny Halliday,Claude Françoise, Sylvie Vartan....Un autre album encore de photos à partir des mes cliches du temps de l'agence Gamma sur l'ex impératrice Farah Dibah, légendé de ses propres textes. Bref je n'arrête pas !D.L

Edith Piaf   "une vie en noir et blanc " edts du Signe. En vente en librairie. Et aussi sur le site des éditions du Signe : www.editionsdusigne.fr .Ou par mail:catherine@editionsdusigne.fr
Site Hugues Vassal:www.hugues-vassal.com 

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2013-02-08T11:51:00+01:00

Success story : le site jejouedupiano.com

Publié par leboudoirdemadame

Mathieu-PapadiamandiscJean-Baptiste-Millot

Initative du pianiste concertiste Mathieu Papadiamandis,le sitejejouedupiano.com engrange les succès.Ce formidable outil d'initiation avec professeurs hors pair (des pianistes concertistes de réputation mondiale)permet a de nombreux profanes de vivre enfin leur rêve: apprendre a jouer

du piano et sans s'ennuyer! Que de bonnes notes avec des cours et une formidable interactivité.Imaginez: vous posez une question et l'on vous répond dans l'heure.

Depuis quelques semaines ce site existe aussi en langue anglaise(Iplaythepiano.com ).Une bonne raison pour "faire parler"Mathieu Papadiamandis.Rencontre.

 

Créer un site d’ « apprentissage » et de perfectionnement du piano sur le net n’était-ce pas une entreprise hardie ?
Certainement… mais c’était surtout une vraie nécessité à mes yeux ! Internet regorge de sites d’amateurs, certes passionnés, mais qui s’improvisent professeur de piano et proposent leurs conseils sur des forums ou à travers des vidéos sans aucune consistance pédagogique.
 En tant que pianiste concertiste à l’affût des évolutions technologiques, il m’a donc paru indispensable de créer une référence incontournable dans le domaine de l’apprentissage du piano sur Internet, un moyen simple et accessible à tous de profiter de conseils de qualité. Ce type d’apprentissage est d’ailleurs très répandu aux Etats-Unis, où toutes les grandes universités, dont le fameux « Berklee College of Music », proposent depuis plusieurs années de véritables cursus en ligne dans toutes les disciplines. 
Seul Internet  rend possible une certaine interactivité et des échanges avec des enseignants de renom  qui ne dispensent habituellement leurs conseils qu’aux futurs professionnels au sein des plus grandes institutions musicales. Jejouedupiano.com a donc vu le jour début 2011 avec plus de 200 cours réalisés par Laurent Cabasso, François Chaplin, Marie-Josèphe Jude, Jean-Marc Luisada, Bruno Rigutto et Jacques Rouvier.

Le projet une fois lancé quel accueil le milieu musical a t-il fait à jejouedupiano.com ? Y a-t-il eu commentaires mitijés ou « critiques » ?
Jejouedupiano.com n’a pas laissé le milieu musical indifférent. Dès le lancement, des saisons de concerts prestigieuses et des grands festivals de piano ont manifesté leur intérêt pour ce projet novateur, ce qui nous a permis de nouer des partenariats et d’occuper rapidement une place dans le paysage musical. Comment aurait-il pu en être autrement alors que le talent des professeurs et pianistes qui y participent est loué dans le monde entier ? Quant l’un enseigne au Mozarteum de Salzburg ou à l’Université des Arts de Berlin, l’autre prodigue ses conseils au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris ou de Lyon, ou à l’Ecole Normale Alfred Cortot.

Quelles sont aujourd'hui les personnalités qui composent  l’équipe rédactionnelle ? Comment se répartissent les cessions d’enseignement ?
En 2012, nous avons accueilli deux nouveaux professeurs, Michel Béroff et Anne-Lise Gastaldi, qui ont ainsi rejoint l’équipe professorale initiale . Alors que les cours de Michel Béroff ont été tournés dans le cadre d’une masterclass et sont destinés aux pianistes d’un niveau avancé, ceux d’Anne-Lise Gastaldi s’adressent aux vrais débutants, à ceux qui n’ont jamais touché un piano ou souhaitent reprendre après une longue interruption. Cette dernière, professeur de pédagogie au CNSM de Paris, a en effet réalisé pour jejouedupiano.com une véritable méthode progressive en images qui permet d’acquérir les bases essentielles du piano et du solfège.
L’équipe rédactionnelle qui réalise les articles de notre « Mag du piano » est constituée du musicologue Frédéric Gaussin, du journaliste Bertrand Boissard et de moi-même. Frédéric réalise les interviews. À son tableau de chasse figurent déjà les noms d’Evgeny Kissin, Murray Perahia, Nelson Freire, Menahem Pressler, Arcadi Volodos, Boris Berezovsky ou encore Piotr Anderzsewski.

Une  place est-elle réservée aux jeunes talents ?
Bien sûr ! Nous  leur offrons un  maximum de visibilité à travers des  interviews et des extraits d’enregistrements. Simultanément à ce principe d’ouverture nous proposons également des vidéos YouTube d’archives que nous sélectionnons et commentons. Récemment, nous avons par exemple passé au crible des interprétations de Claudio Arrau dans Liszt et d’Arturo Benedetti Michelangeli dans Scarlatti.
Nous publions aussi des textes de rédacteur « invité », tel que celui de Bruno Moysan, professeur agrégé et docteur en musicologie, sur la technique de Liszt. Mais le site est encore jeune, deux ans seulement, et nous nous concentrons principalement sur les cours et le contenu pédagogique. Des cessions de tournage sont régulièrement organisées avec nos professeurs afin d’enrichir le catalogue d’oeuvres proposé.

Qu’en est-il du répertoire présent sur jejouedupiano.com ?
Comme vous le savez, le répertoire pianistique ne manque ni de richesse ni de diversité, nous essayons constamment de trouver un équilibre entre les pièces incontournables – Inventions de Bach, Marche Turque de Mozart, Lettre à Elise de Beethoven, Préludes, Valses ou Mazurkas de Chopin, Clair de lune de Debussy, Gymnopédies et Gnossiennes de Satie – et celles de compositeurs un peu moins connus des non-spécialistes. Je choisis ensuite le professeur, en fonction du répertoire et de ses affinités mais aussi en fonction du résultat que je souhaite obtenir et du niveau des élèves à qui le cours se destine. Car l’exercice qui est demandé à l’enseignant est très particulier. La plupart du temps il ne dispose pas d’un élève à ses côtés, donc ne peut pas réagir en fonction de ce qu’il entend ou de ce qu’il voit. Il construit alors son cours pas à pas, décortique le morceau, donne ses astuces pour surmonter les difficultés d’ordre technique et d’interprétation et sert ainsi de guide à la personne qui se trouve de l’autre côté de l’écran. Il doit en quelque sorte imaginer ce qui posera problème à l’élève. Mais le processus ne s’arrête pas là puisque nous proposons aux abonnés de poser leurs questions directement aux professeurs.

Qui sont vos « élèves » ? Ont-ils un profil commun ? Et outre leur satisfaction à l’égard du site qu’elle est celle personnelle de l’équipe de jejouedupiano.com ?
Nous pouvons clairement distinguer trois types de profil. Nous avons d’une part les personnes très actives professionnellement qui jouent du piano pour leur plaisir depuis leur enfance et souhaitent être guidées pour continuer à progresser. Leur emploi du temps ne leur permet pas de suivre des cours réguliers avec un professeur tandis que jejouedupiano.com est accessible partout et à tout moment. Parmi nos élèves, nous comptons également des personnes qui ne travaillent plus et dont le rêve était d’ apprendre à jouer du piano.
Nous avons enfin de plus en plus d’élèves des écoles ou conservatoires de musique qui n’ont pas encore accès aux professeurs des conservatoires nationaux de Lyon et de Paris et recherchent des conseils sur des œuvres bien précises.
Notre satisfaction principale est d’aider toutes ces personnes à découvrir toutes les richesses du piano, les merveilles de son répertoire et le plaisir qui en découle.

jejouedupiano.com compte-t-il étoffer son enseignement ? Comment ? Et en dehors du site, pensez-vous développer des activités annexes ? Concerts, réunions….
L’une de nos priorités en 2012 a été d’ouvrir une plateforme internationale. C’est chose faite depuis quelques semaines. Jejouedupiano.com existe maintenant en anglais, sous le nom Iplaythepiano.com. On y retrouve la plupart des professeurs présents sur le site français et leurs cours ont été doublés. Nous réfléchissons en effet sans cesse à la manière de faire évoluer le concept. Plusieurs autres axes de développement sont en cours de réalisation. Le premier porte sur une méthode de solfège qui verra le jour dans les prochaines semaines. De nombreux abonnés qui suivent les cours d’Anne-Lise Gastaldi pour commencer le piano ont manifesté le souhait d’approfondir leurs connaissances sur le plan théorique. Nous préparons donc des cours qui abordent aussi bien la lecture de notes que la compréhension de tous les signes qui figurent sur une partition. Tout cela en évitant de faire ressurgir les souvenirs des cours de musique rébarbatifs que nous avons tous subis dans notre enfance au sein des établissements scolaires !
L’autre axe porte sur l’organisation de rencontres entre les élèves et les professeurs. Ces rencontres se dérouleront chaque mois dans une grande ville différente et débuteront à la rentrée prochaine. Mais nous ne pouvons en dire plus pour le moment…
 
Que peut-on souhaiter à jejouedupiano.com en 2013 ?
Pour 2013 (mais également les années à venir !), on peut souhaiter à jejouedupiano.com de continuer à permettre au plus grand nombre de découvrir le plaisir qu’engendre la pratique de l’instrument roi, le piano.

www.jejouedupiano.com

Propos recueillis par Dominique Larue (photo Jean-Baptiste Millot)

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2013-02-05T13:38:00+01:00

Dans la lumière:Mireille Monteils

Publié par leboudoirdemadame

 

  portrait MMonteilsAncienne élève du cours Florent, Mireille Monteils a toujours "baigné" dans le milieu artistique. Après le théâtre,le cinéma (et aussi côte administratif puisqu'elle dirigée une salle) elle a depuis quelques années conquis aussi le domaine de la photo.Que ce soit depuis ses neuf ans équipée de son Konika 35 jusqu'à aujourd'hui, Mireille a l'oeil! Pour preuve son expo "D'ombre et Lumière" annoncée à L'imprimerie à Nîmes.Rencontre   

 

Cette idée d’exposition est-ce un projet mûri de longue date ? quel en a été le facteur déclenchant ?

L’idée n’était pas tout à fait nouvelle ,j’avais déjà exposé en 2010 -conjointement avec mon frère dessinateur-  sur le thème des chats. Une exposition  qui m’avait permis de prendre conscience que je pouvais « oser » présenter mes clichés.
L’ expérience ayant été positive,j’avais très envie de récidiver mais toujours avec un thème « lumineux »,évident.
Depuis je me suis assez vite aperçu que mon intérêt se portait le plus souvent sur les jeux d’ ombre et de lumière :une dualité souvent complice jamais ennemie. L’ 

idée a fait son chemin d’où cette exposition 2013.

Cette passion pour la photo est-elle concomitante à celle exercée par l’univers du cinéma ?
Absolument!j’ai depuis mon enfance baignée dans l’univers du cinéma, comme celui d’ailleurs de la danse,du théâtre, de la musique. Les images de films m’ont subjuguée ainsi que les ambiances.Celle qui se dégage du film Tess de Polanski m ’a particulièrement impressionnée. J’ai vu la nature d’une autre manière.. .Je pense aussi aux films de Jean Renoir.

Peut-on dire que "le plan fixe"cinématographique influe sur vos propres travaux ?
Bien sûr  je ne suis pas sortie « indemne » de mes années d’études cinématographiques.Le plan fixe au cinéma me convient tout à fait pour le type de clichés que je réalise :lever ou coucher de soleil,lune fugitive,tapis de feuilles mortes…
 
Paysages, scènes de rue, portraits ...avez-vous des thèmes récurrents ?
Sans aucun doute, le « cosmos » a ma préférence car jamais un lever de soleil n’est le même,jamais un ciel ne s’embrase dans une même palettes de couleurs.
Après ,je vais là où l’observation me porte ,où mes sens et ma vue sont attirés .Dans ce cas, je reste bouche bée devant la splendeur de choses simples.

Quelle est dans l’histoire de la photo, celle que vous auriez aimé faire ? Celle qui vous touche le plus ? Celle à faire vous personnellement ?
Si je fais abstraction de ce que j’aime actuellement le plus photographier,je répondrai que la photo que j’aurais aimé faire est celle du Baiser de l’hôtel de Ville de Doisneau ;celle qui me touche le plus : la petite fille nue courant sur la route (, fillette brûlée au napalm, 1972, au Sud- Vietnam) . Celle qu’il me reste a faire parmi beaucoup d’autres  est celle d’ un arc en ciel « saisi » au dessus de l’océan !

Quel est le photographe que vous appréciez particulièrement ?
Je suis sous le charme du travail de Willy Roonis et Doisneau J’avoue aussi  un grand faible pour Henri Cartier-Bresson. Ma recherche ou plutôt ma démarche est de montrer ,de révéler la beauté qui nous entoure et que nous ne savons pas prendre le temps de voir et regarder.

Voir la vie derrière un objectif photo est-ce la vraie Vie  ?
Je crois que oui mais on a du mal à la saisir .Nous ne "captons " pas la beauté ou tout simplement les choses autour de nous car le tourbillon de la vie dans lequel nous sommes pris masque cette réalité.
Derrière l’objectif -quand il n’y a aucune mise en scène- la vie est là :surprenante,attendrissante,déchirante parfois.
La meilleure photo est celle inattendue ,non calculée, à l’instant qui était celui-là et pas un autre….

Exposition D' ombre et Lumière, L' Imprimerie, 14 bd Gambetta, Nîmes. A partir du 18 février jusqu'au 8 mars 2013.Vernissage le 22 février à 18h30

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2013-01-14T13:49:00+01:00

Jean-Noel Fabiani et le marabout.....

Publié par leboudoirdemadame

Portrait JNB Marabout-copie-1  

Après le deuxième tome de Ces histoires insolites qui ont fait la médeçine paru en 2012 (Plon), le professeur Jean-Noel Fabiani,chef de service a l'hôpital européen Georges- Pompidou à Paris où il dirige le département de chirurgie cardio vasculaire vient de publier : Le chirurgien et le marabout( Plon):récit de ses débuts de médeçin humanitaire en Afrique d'où bien sûr des anecdotes parfois cocasses ne sont pas exclues! Rencontre avec un auteur très prolixe.

 

Années 70:en tant que jeune médecin fraîchement débarqué au Sahel,étiez-vous préparé au dénuement,à la détresse humaine ? Comment avez-vous vécu cette confrontation et vous êtes-vous adapté ? 
J’étais un jeune interne de hôpitaux de Paris avec une courte expérience dans le hôpitaux de la grande ceinture. Au moment où l’organisation humanitaire « Frères des hommes » me propose cette mission, je n’ai jamais mis les pieds en Afrique,je ne connais rien (ou presque)à la pathologie tropicale et je n’ai entrevu les marabouts et sorciers que par une lecture assidue de « Tintin au Congo ». Alors vous voyez comme j’étais bien préparé à ce qui m’attendait. Je ne dis pas que l’adaptation a été facile. Mais nécessité fait loi. Quand mon prédécesseur Paul me laisse seul il me confie un message : « laisse toi pénétrer par l’esprit de l’Afrique… » Cette phrase m’a porté tout au cours de ce séjour.

En héritant de ce service de chirurgie en pleine brousse, vous attendiez-vous « a devoir faire » avec Youssef le marabout et donc en plus "autorité" dans ce village de Fada N’ Gourma ?
Evidement  je ne pensais pas aux marabouts en arrivant dans le brousse. Mais je compris rapidement que Youssef avait vu tous les malades qui m’étaient confiés avant moi. Il conservait ceux auprès des quels il pouvait exercer son art avec brio et m’adressait ceux relevant de ma compétence avec un jugement assez sûr. Je voulus donc le rencontrer comme à Paris on rencontre un « correspondant » fidèle.Le voyage valait le détour !

Y a-t-il un souvenir, une anecdote qui dépeint de manière surprenante voir cocasse -le tragi comique n’est pas rare en Afrique-  l’association  apparemment anachronique entre médecin "blanc" et  marabout ?
Mon anesthésiste, Tenkodogo avait deux fils qui avaient atteint l’âge de la circoncision.
-Jamais je ne les confierai au marabout, il est ivre du matin au soir. C’est toi qui les opéreras et je les endormirai...
Je ne pouvais pas me défiler devant un tel appel. Certes, j’aurais pu dire que mon expérience des circoncisions était bien mince, que ce n’était pas franchement ma mission dans cet hôpital... Je jugeais (à tort!) qu’il fallait mieux ne pas insister et je me préparais à cette opération en révisant la technique dans les livres. Le jour venu,je réalisais cette intervention d’ailleurs assez correctement, en prenant garde par dessus tout à ne pas sacrifier trop de peau du prépuce de ces petits garçons. Tous les points furent faits au catgut fin, l’hémostase était excellente, Tenko et moi semblions satisfaits.
Le malheur voulut que dans les jours suivants un œdème assez spectaculaire déforma la verge des deux enfants en une espèce d’aubergine tropicale. Quelques points lâchèrent, la suture se mit à couler ; et sans parler véritablement d’infection, on put franchement évoquer un retard de cicatrisation. Quand on comparait l’aspect des zizis obtenu par Youssef, qui après avoir effectué la circoncision d’une lame très sure, stoppait l’hémorragie en enduisant la verge des enfants dans une sorte de goudron malodorant et rébarbatif, mes résultats semblaient dérisoires. Que contenait donc cette pommade africaine qui permettait d’arrêter l’hémorragie, hâtait la cicatrisation et empêchait l’infection ? Je ne le saurais jamais.
- C’est de l’esprit de terre, disait  doctement Youssef, en découvrant le blanc des yeux.J’étais bien avancé.
Tenkodogo ne me reparla jamais de cette mésaventure. On peut même penser qu’il me conserva sa confiance… J’appris plus tard qu’il disait dans le village, que ma technique de circoncision était certes plus délicate, mais qu’elle assurait une virilité éternelle à ceux qui enbénéficiaient.
Génie de l’Afrique pour ne pas perdre la face !
Je refusais pourtant de me livrer à nouveau à cette expérience, autant par nécessité que par amitié pour Youssef dont c’était à la fois la fonction et une source non négligeable de revenus…

Quels enseignements, leçons  avez-vous tiré de Youssef le marabout (et de l’ Afrique en général) ? Que vous a-t-il appris, légué en somme  ? Et êtes-vous retourné dans ce village de Fada N’ Gourma ?
J’ai gardé un grand respect pour la sagesse de Youssef, pour ses connaissances (tellement différentes des miennes) et pour sa gentillesse aussi quand il m’appelait « petit docteur ! »  Il m’a appris qu’il existe une autre médecine que la médecine occidentale et que sa connaissance nécessite plus que le simple apprentissage, qu’elle nécessite « l’initiation ». Et malgré ma bonne volonté je n’ai pas été suffisamment longtemps son élève pour m’en imprégner . Je ne suis pas retourné a Fada. Je le regrette. Un de mes jeunes élèves y est retourné récemment, d’après ce qu’il m’a raconté : rien n’a changé ou si peu…

Vos nombreuses activités vous laissent-elles encore le temps  d’être  partie prenante  dans ce combat  ?
En devenant chirurgien du cœur, j’ai décidé de ne plus exercer que ma spécialité. Ce qui m’a éloigné de la médecine de sauvetage qui était celle que j’exerçais encore dans les années 70. En revanche je me suis depuis rendu chaque année en Afrique (Egypte, Algérie, Sénégal), en Asie (Viet Nam et chine) ou en Amérique latine (Guatemala) pour opérer des enfants atteints de maladies cardiaques. Cette année je viens d’opérer à cœur ouvert le 3000 ème enfant de la Chaîne de l’Espoir dont je m’occupe avec Alain Deloche depuis sa création.

N’est-il pas évident  de la part de vos lecteurs de penser que  "Le Chirurgien et le marabout" puisse susciter des vocations sur le terrain ? On pense aussi à l’ouvrage  de Patrick Deville « Peste et Choléra  » relatant la quête d’Alexandre Yersin explorateur en blouse blanche parti au bout du monde  pour découvrir le bacille de la peste ?
Je suis persuadé depuis les débuts de médecin sans frontières dont je raconte les balbutiements dans mon livre que la « salle d’attente d’un médecin moderne doit être le monde entier ». je forme mes élèves pour qu’ils soient capables d’assurer cette mission. Le livre de Deville est un chef d’œuvre. Il mérite amplement le prix qu’il a reçu. Il nous fait vivre avec le fabuleux Yersin une grande aventure des temps modernes. Le style littéraire de Deville est envoûtant. Quel médecin n’aurait pas souhaité être capable d’écrire ce livre ?

Le chirurgien et le marabout, Jean-Noel Fabiani aux éditions Plon.
 
 
 



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2012-02-05T19:49:00+01:00

Il était une fois Jean Noel Fabiani...

Publié par leboudoirdemadame

Portrait JNF

Et ses Histoires insolites de la médecine ( éditions Plon ) .Chef de service  à l'hôpital Georges Pompidou à Paris, il nous offre aujourd' hui le deuxième volet ce ce que l'on pourrait appeler une série à suspense ! Axé sur l'histoire d' une jeune femme, Ariane, c'est l' aventure des transplantations d'organes qui nous est contée.Rencontre avec Jean Noel Fabiani.

 

Comment l'idée de prendre la plume est-elle venue?

Comme souvent un défi...Vous savez ,je suis chef d'un grand service de chirurgie cardiaque à l' hôpital Pompidou et Professeur à la Faculté René Descartes.Donc plutôt habitué à l'oralité : un professeur,çà fait des cours et éventuellement çà raconte des histoires.Mais un jour,comme j'avais justement raconté mes histoires insolites de médecine au cours d'un déjeuner,deux de mes amis me lancèrent cette phrase : < Et tes histoires serais tu capable de les écrire ? >.Dénégations,insistance, menaces ( ! ).En bref,je leur apportais trois chapitres à notre déjeuner du mois suivant.

 

Vos dix ans d'enseignement de l'histoire de la médecine à l'université Paris Descartes vous ont-ils facilité la tâche?

Evidement l'utilisation de la bibliothèque de la chaire d'histoire  de la médeçine m'a permis en particulier  d'obtenir les informations exactes nécessaires à rédiger un livre d'histoire. Mais bien des histoires que je raconte sont en fait des histoires connues de beaucoup de gens ( qui ne connait pas l'histoire de la vaccination  de Jenner ou la découverte des vitamines par Eijkman ?). D'autres sont moins connues et certaines le fruit de recherches personnelles dans le cadre de mon enseignement.

 

Comment expliquez-vous l'intérêt croissant du public pour ce qui touche  à la médecine?

Ce qu'il faut bien comprendre,c'est que la médecine qui soigne,qui soigne vraiment avec des résultats significatifs,est très récente.Toute l'aventure  commence véritablement après la seconde guerre mondiale.Et les médeçins qui sont pourtant largement critiqués par les pouvoirs publics ( ils sont dépensiers ! ) ont permis à la population française par exemple  de gagner en 30 ans ,plus de 10 ans de vie...Appréciable, non ? Les gens ont bien compris le < miracle > ,alors ils s' y  intéressent et veulent toujours en savoir plus. Ils veulent aussi que les médeçins leur proposent  toujours de nouveaux progrès ( spectaculaires, si possible ).

 

N'est-il pas insolite d'avoir pris comme thème "les histoires insolites de la médecine"?

J'ai choisi de parler des histoires insolites de la médecine pour bien montrer que le progrès ou les découvertes sont souvent issus du hasard et des cirsconstances.Tout le problème est de savoir observer ( c'est la qualité primordiale du médeçin) et de tirer les conclusions de ces observations. Ce qui est finalement amusant c'est de constater que des  choses très importantes peuvent avoir été initiées sur un champ de foire ou en opérant les fesses du roi Louis XIV, voire dans un poulailler...

 

Parmi toutes ces histoires surprenantes y en a-t-il une qui a fait progresser la médecine moderne?

Bien  entendu quand je raconte l'histoire de Semmelweis je raconte la naissance del'hygiène,quand je raconte l'histoire d' Horace Wells c'est celle de l'anaesthésie,celle de Jenner, c'est la vaccination,celle d' Hippocrate, c'est la déontologie...La plupart des ces histoires sont en fait au tournant d'un épisode décisif de la médecine.

 

Personnellement quelle est celle qui vous touche le plus ?

Au sens propre ,c'est celle de Charles Dubost qui voit naître la chirurgie cardiaque en France. Dubost a été mon patron.Et c'est lui même qui m' a raconté cette histoire. Je n'ai pas eu beaucoup de travail de recherche bibliographique à faire....  

 

Le deuxième tome de ces Histoires insolites a pour thème les transplantations d'organes.Est-ce donc un domaine praticulièrement propice à l'insolite?

Les transplantations d'organes , c'est une des grandes aventures du XX ème siècle,au même titre que marcher sur la lune,puisque c'est la première fois dans l'histoire que l'on fait survivre un homme avec  l'organe d' un autre..Mais comme toujours ce sont  souvent des circonstances étonnantes voire  cocasses qui ont permis ces progrès.C'est donc une façon détournée et plaisante ( je l'espère en tout cas !)  de raconter l'histoire des greffes.

 

Pourquoi avoir choisi Ariane comme fil conducteur? A -t-elle valeur d'exemple ? En quoi ?

D'abord l'histoire d' Ariane est aussi une histoire vraie.Mais elles se passe aujourd' hui et dans mon service de l'hôpital Pompidou. Elle montre l'aboutissement actuel des greffes.Ce n'est évidement qu'une étape dans la longue marche de la science. Elle montre à la fois les progrès réalisés en quelques années. Elle montre aussi le caractère très imparfait de nos techniques qui feront surement sourire nos successeurs, comme nous sourions aujourd' hui quand je raconte que le meilleur traitement de la folie à l'époque de Louis XIV était de transférer au malade du sang de veau...

 

Vous cotôyez chaque jour la souffrance,le désarroi.Comment gérez-vous cette situation?

C'est toute la dimension humaine de la médeçine que de gérer la souffrance et l'angoisse de la mort.C'est au fond ce qui m' intéresse dans ce métier.Faire des pontages coronaires ou des transplantations, ce n'est qu'un acte technique.Il faut apprendre à bien le faire évidemment.Mais c'est la prise en charge de l'humain et ce combat contre la mort qui  fait la différence entre un vrai médeçin et un technicien de la médecine.Cela doit aller avec une certaine capacité d'empathie et une bonne dose d'optimiste et de détermination. 

 

Ecrire pour vous est-il une forme d'antidote? De protection ?

Non pas vraiment.Je considère cela plutôt cela comme un prolongement de mon enseignement de la médecine.En tout cas pour le moment.

 

Que pensez-vous des théories de certains de vos collègues estimant que l'homme éternel est pour demain ?

L'homme éternel, je n'y crois pas guère.Mais un homme vivant plus longtemps et surtout débarrassé de biens des maladies, cest vraisemblable. Mais je vous dirais en y refléchissant  un peu, que la longévité de l' homme ,la nature n'en a rien à faire.Ce qui l'intéresse c'est  la reproduction, la perpétuation de l'espèce  nécessaire à l'éducation des jeunes pour les amener eux-mêmes à la reproduction dans de bonnes condtiions... Ce que l' homme devient  après avoir accompli cette mission, c' est uniquement son problème! La balle est dans son camp.

 

Quel serait le progrès le plus significatif en matière de chirurgie cardio vasculaire que vous souhaiteriez voir réaliser dans les prochaines années?

Incontestablement : la réalisation d'un coeur artificiel intelligent,capable de s'adapter aux différentes conditions de la vie de tous les jours.C'est vers ce projet ambitieux que nous avons dédié toute notre recherche actuelle.

 

Après Histoires insolites de la médecine et Histoires insolites de la médecine  Les transplantations d' organes, pensez-vous avoir épuisé tous vos sujets  d'intérêt dans ce domaine? Vous réservez-nous d'autres ouvrages...et autres que dans  l'insolite?

Le prochain livre s'intéressera aux débuts de l'aventure des <French Doctors>, ces médeçins français qui ont choisi de se consacrer à la médecine humanitaire. Episode auquel j'ai eu la chance de participer en direct comme acteur et comme observateur.Et d'autres sujets plus insolites encore sont en préparation ( Histoires insolites de la médecine et Histoires insolites de la médecine Les transplantations d'organes , Jean Noel Fabiani aux éditions Plon).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2011-12-28T19:47:00+01:00

Marianne Mille et une couleurs !

Publié par leboudoirdemadame

portrait MM

Vivre sans musique ..impensable pour Marianne Mille dont le répertoire a accompagné nos années 60 ! En plus des chansons personnelles, il y a aussi ce qu'elle aime elle : des chansons venues d'ailleurs "colorées", des musiques du monde ... Un merveilleux prétexte pour la faire parler...d'elle, du passé , d'aujourd'hui ... Rencontre avec Marianne Mille 

 

Un père chanteur lyrique, une mère compositeur…était-il écrit que vous aussi aviez la « veine » musicale ?

 

 

Disons  qu’elle était génétique puisque mes parents étant divorcés, je vivais chez ma grand-mère. A cette époque on écoutait la radio : RTL et des chanteurs comme André Claveau dont j’avoue je n’appréciais pas vraiment les chansons contrairement à ma grand-mère. Il y avait aussi les chroniques judiciaires de Geneviève Tabouis qui que je sache n’a jamais suscité de vocation musicale !
Heureusement il y avait un piano à la maison et très jeune j’ai eu droit à des cours .Je les prenais avec une charmante vieille dame qui me tapait sur les doigts ! Je jouais bien, certes mais pas assez pour devenir la Glenn Gould féminine !

Et votre "éduction musicale" quand l'avez-vous abordée ?

 

 

Les jours de grand vent c'est à dire quand je voyais maman, elle m ‘enmenait aux concerts de jazz et là ce fut "la" découverte. Je me suis mise à écouter beaucoup de musique jazz noir américain avec toujours l’interêt pour le classique.

 

J’allais aussi souvent chez Patachou, un cabaret où j'  ai vu débuter Claude Nougaro. J’assistais aussi à des concerts notamment ceux de Charles Aznavour pour qui maman écrivait. C'est à cette époque que je me suis prise d’amour pour les textes. Avouez qu'avec ces exemples il eût été difficile de résister.  

Avez-vous un souvenir particulier de cette époque ?

 

 

 

Oui …une scène importante: j’ai assisté à une répétition d’Edith Piaf chez elle boulevard Lannes puisque maman lui composait des chansons. Elle m’avait cachée derrière un rideau car la grande Edith n’appréciait pas beaucoup les enfants. Ce fût un moment inoubliable. 

En 1964  Oublie de Pleurer vous propulse au top du hit parade mais était-ce votre chanson préférée dans votre répertoire ?

 

 

A l’âge de dix huit ans, les études ne m’inspirant pas confiance, une amie de ma mère lui a suggéré l’idée que je pourrais devenir chanteuse. On était en 1963, la pleine période yéyé, le début de l’industrie du disque.
J’ai signé enfin maman a signé pour moi un contrat chez RCA DECCA qui avait pour directeur artistique Jacques Bedos (l'oncle de Guy ) . Ensuite, il a fallu me trouver un nom et comme je posais pour la voiture Simca mille je me suis appelée… Marianne Mille !
Parallèlement , j’ ai dû «  travailler  » sur mon look : régime, nouvelle coiffure et me chercher un répertoire .Jacques Bedos m’a fait écouter des chansons américaines notament Every day I have to cry some chantée par Dusty Springfield . J’ai adorée la chanson, nous l’avons adaptée et elle est devenue en français Oublie de pleurer. Vous connaissez la suite.

Quel souvenir gardez-vous de ces années ?

 

 

Franchement je n’en ai pas un très bon souvenir. D’abord on me dit que je dois me teindre en blonde que c’est plus joli à l’image ect... je résiste….Je fais beaucoup de galas ainsi qu ’ une grande tournée avec Alain Barrière, les Surfs, je passe à l’Olympia, j’ai ma photo dans Salut les copains photographiée par Jean-Marie Périer, la totale ! 
Johnny Starck s’intéresse à moi, m’invite à diner dans un grand restaurant bref tout ca ne me plaît pas trop ! J’ai conscience que je deviens un produit et qu’on me presse comme un citron .Je refuse Starck, je me rebelle d’autant que mon argent est bloqué, et je n’aime pas les chansons qu’on me propose. J’ai envie de textes.
Au fil du temps mes disques se vendent moins  ,mon contrat est rompu et je me retrouve sans maison de disques et sans argent. Affronter le Star System n’était vraiment pas mon truc !

Quels sont vos goûts musicaux aujourd'hui ?

 

 

Aujourd’hui j’écoute toujours de la musique classique, du jazz ,du blues, de la soul music et de la musique indienne classique. Beaucoup de musiques du monde notamment la musique espagnole classique et du Flamenco. J’adore Paco de Lucia.
La musique est essentielle dans la vie .Je ne sais si elle nous rend heureux mais elle nous fait du bien.

Comme Julia Roberts dans le film "Mange, prie, aime " vous avez fait une retraite spirituelle dans un ashram, la musique y avait - elle sa place ?

 

 

A l’ashram où je suis restée un an, il y avait de la musique bien sûr mais plutôt des chants dédiés aux divinités. Quant à la méditation il est évident que cela m’apporte beaucoup mais ma recherche intérieure est plus  personnelle plus  intime. Cela fait longtemps que je suis un cheminement .J’avais 20 ans quand je me suis intéressée à la spiritualité et je continue…le parcours est long. 

En 2007 vous crée une école de musique "Ateliers de chant Marianne Mille " Etait-ce un projet que vous aviez à coeur depuis longtemps ?

 

 

J’ai crée des Ateliers de Chant quand je me suis installée à Montreuil  mais je donnais des cours avant  . J'ai aussi participé à plusieurs émissions de télévision en tant que coach vocal. Aujourd’hui je continue les ateliers et je fais des groupes vocaux avec une partie production de spectacle .Vous voyez la musique ne m’a jamais quittée ! 

Votre fils Benjamin a -t-il suivi la voie de ces parents et grands parents ?


Non il n’a pas voulu "faire chanteur ni musicien" il est dans la politique….. Et moi finalement avec le recul je me dis que j'aurais aimé être danseuse de Flamenco!  

 

 

 

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2011-11-22T12:17:00+01:00

L'Intégrale Brassens racontée par Jean Paul Sermonte

Publié par leboudoirdemadame

2011-11-15 duo BJPS

Poète, écrivain et éditeur de la revue "Les amis de Georges ",Jean-Paul Sermonte a également participé à la réalisation de l'intégrale " Le Temps ne fait rien à l'affaire " ( Mercury Universal Music )regroupant les chansons du maître et également des versions inédites et autres documents rares.Ce coffret exhaustif que l'on se doit de posséder nous a donné l'envie d'en savoir plus. Rencontre avec l'ami Jean- Paul!

 

Les admirateurs de Georges Brassens n'ignorent pas votre passion pour lui .Cette passion comment l'expliquez-vous ?

J’ai eu un véritable coup de foudre pour Brassens à l’âge de 11 ans, en écoutant « Le petit cheval ». Et ce coup de foudre a laissé des traces inexorables… A l’adolescence je trouvais dans ses compositions l'écho de tout ce que je recherchais déjà dans la vie : la révolte, la transgression (avec les fameux gros mots qui mettaient à mal une morale surannée dans la chanson) le romantisme avec Le parapluie, la beauté et la profondeur des sentiments (Chanson pour l’Auvergnat)… décidément tout me plaisait et puis le jeu sobre de sa guitare et cette voix grave… Vingt six ans plus tard, j’écrivis mon première livre sur Brassens, trente quatre  ans après je fondai la revue « Les Amis de Georges » qui fête ses vingt ans cette année.

Qu'est-ce qui vous a séduit dans le projet de l'intégrale " Le temps ne fait rien à l'affaire " auquel vous avez participé ?

Cette intégrale va en combler plus d’un, pensez ! Dix neuf CD reprenant ses quatorze albums originaux, mais aussi des concerts, des raretés, des versions inédites, des documents ! Pour ma part j’ai écrit avec infiniment de plaisir la biographie et la discographie détaillées accompagnant ce coffret, ce qui représente plusieurs mois de travail car il a fallu présenter, analyser, dans le contexte de l’époque, chaque disque, c'est-à-dire neuf 25 cm et cinq 30cm : quatorze albums avec les dates de parution, leur temps fort, la réaction du public et de la presse. Ajouter à cela les deux disques posthumes par Jean Bertola, les vingt sept titres de « Georges Brassens chante les chanson de sa jeunesse » et un CD Document ou il chante Bruant, Colpi, Musset. Le livret de cinquante deux pages satisfera, je l’espère de tout cœur, les admirateurs exigeants de l’œuvre de Brassens mais également ceux qui le découvrent aujourd’hui. 

Dans cette intégrale, quels sont pour vous les moments forts ?

Sans doute les raretés et versions alternatives inédites comme La prière avec un couplet inédit et la Supplique pour être enterré à la plage de Sète avec ( quarante cinq ans après !) la deuxième guitare de Joel Favreau, guitare pourtant déjà prévue à l’époque mais qui n’avait cependant jamais été ajoutée. Il y a également la version complète de Heureux qui comme Ulysse, complètement oubliée, sans oublier la réédition de l’album Vingt ans d’émissions avec Georges Brassensà Europe 1.Cet enregistrement n’était jamais sorti en CD au grand regret de beaucoup d’admirateurs. A noter aussi un disque complet de Brassens sur scène avec par exemple huit titres jamais publiés de l’Olympia 1961.


Pourquoi après tant d'années après sa disparition  Brassens est-il toujours aussi actuel ?

Brassens est toujours actuel, car un poète qui n’a jamais été de son temps est de tous les temps. De son vivant il ne cédait rien aux modes, il allait son chemin sans se laisser aucunement influencer ( réécouter Les trompettes de la renommée) . Sa musique ne vieillit pas, les thèmes de ses chansons non plus. Les gens ont toujours été touchés car ils savaient, ils devinaient que Brassens vivait en harmonie avec les sentiments qu’il exprimait dans ses chansons, tels que la générosité, la tolérance et la fraternité.

 Brassens c'est aussi une façon d'être, de penser, de juger la société non ?

Je crois que toute la pensée et la philosophie de Brassens tiennent en ces quelques mots qu’il avait confiés à son ami Louis Nucéra : La seule révolution possible, c'est de s'améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. Crois-moi, c'est le seul chemin ". Il avait dit par ailleurs : "Ce qui importe, c'est la somme de tendresse, d'amour et de fraternité qu'on peut donner à un homme." Ces deux remarques  résument la vie et la carrière  de Georges Brassens. Son intégrité, sa loyauté sont reconnues de tous. L'homme est indissociable de l'œuvre.

Peut-on dire alors que ses fans sont aussi ses disciples et lui, Georges le "gourou « du libre penser » ?

« Fans » « disciples » « gourou » sont des termes qui sont aux antipodes de la pensée de Brassens. Il n’appartenait à personne, à aucune religion ni parti politique, ni mouvement quel qu’il soit. Rappelez-vous Le pluriel. Tout est dit dans cette chanson. Nous, dès le premier numéro de notre revue, nous avions tout de suite prévenu : c’est un journal destiné aux admirateurs de Brassens, il ne se veut surtout pas le bulletin d’un quelconque « fan club » qui serait un peu une injure à la mémoire du poète » mais seulement une passerelle entre tous ceux que Brassens passionne. à travers le monde. 

Dans toute son œuvre  pour quelles chansons votre cœur bat-il le plus vite ? et en tant que poète ? Sont-elles  les mêmes?
Le choix des chansons varie selon les instants : mais j’ai des constances, je ne me suis jamais lassé de la Supplique, et d’autres chansons comme Les amours d’antan, Les oiseaux de passage…

Depuis que Georges Brassens vous passionne vous arrive-t-il d’apprendre encore du neuf sur lui ?

Quand un artiste vous passionne à ce point, par bonheur, on n’en arrive jamais au bout même en ayant écrit plusieurs livres sur lui  . Lorsque je parcours  son œuvre j’ai toujours l’impression de visiter un jardin dont les arbres ne sont jamais les mêmes car ils demeurent vivants. Ainsi, le sens véritable d’un mot, une expression se laisse découvrir à la lumière d’une lecture d’une biographie. Ainsi les chansons Une jolie fleur, Putain de toi et surtout Le mauvais sujet repenti sont des textes autobiographiques ! ainsi quand il chante :

Un soir, à la suite de

Manœuvres douteuses,

Ell’ tomba victim’ d’une

Maladie honteuse…

Lors, en tout bien, toute amitié,

En fille probe,

Elle me passa la moitié

De ses microbes…

 

il s’avère que ce passage relate un incident de sa vie amoureuse. Un de ses amis de jeunesse ,André Larue est le premier, dans son livre "Brassens ou la Mauvaise Herbe" ( edts Fayard), à révéler l’existence de la petite Jo. Brassens la rencontre en juin 1945. Il la quitte un an plus tard en juin 1946. Qui était-elle ? Une petite amazone dont Georges est tombé amoureux et qui a promené « aux quatre coins de sa vie de bohème le feu de ses vingt ans ». Dix-huit ans, plus précisément. Cette tornade quelque peu poétesse, qui se disait martyrisée par sa famille, s’avéra vite, selon André Larue, mythomane, cleptomane, paresseuse et un peu souillon. Ces quelques mois passés auprès de Brassens furent riches en drames, mélodrames et esclandres. Brassens y perdit quelques amis. « Le comble enfin » fut sans conteste l’épisode de la blennorragie. Trois jours après avoir perdu sa virginité dans les bras du beau Georges, la petite Jo s’en ira place Pigalle se… prostituer ! Comme dans la chanson, elle reviendra pour transmettre, « en tout bien, toute amitié », la moitié de ses microbes à son amant.

Avec les chansons de Brassens même cinquante ans après on ne s'ennuie jamais et les écouter c'est le rendre présent ! ( Coffret spécial 30è anniversaire Georges Brassens "Le temps ne fait rien à l'affaire , Mercury Universal Music France édité  à 10.000 exemplaires.En vente dans les Fnac et disquaires)

 

 

 

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