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leboudoirdemadame

Articles avec #interviews

Un été de glaces à Lorgues dans le Var avec Framboise et Mangue

9 Août 2018, 09:22am

Publié par leboudoirdemadame

Des glaces et sorbets dont on plaisir a se régaler mais aussi à lire leur composition BIO ....

Vanille, Straccietella, Groseille, Kumquat, Mûre Sauvage,Noix,Café pur Arabica, Mirabelle,Chocolat Noir, Amande Douce,Crème de Lait...On en finit pas de se délecter avec tous ces noms de glaces. Le tour de magie ? Framboise et Mangue, une nouvelle enseigne implantée à Lorgues dans la Var. Un très très bon glacier dans ce petit village de Provence. Rencontre avec Frederic Minois , l'un des deux fondateurs et heureux "hommes de glace".

Pourquoi ce choix de parfums « Framboise et Mangue » pour nommer votre boutique ?

"Plusieurs raisons ont guidé ce choix... deux goûts qui s’associent parfaitement et qui représentent en même temps notre terroir et l’exotisme, leurs couleurs contrastées, acidulées et lumineuses pour les associer dans un logo et enfin les mêmes initiales que les prénoms respectifs des fondateurs, Michel et moi, Frédéric".

 

Quitter Paris pour le sud, un choix stratégique ? 

"Epicuriens tous les deux, nous avions l’envie commune de créer quelque chose autour de la gastronomie. Amateurs de bonnes glaces, rapidement la vente d’une glace « haut de gamme » nous paraissait le meilleur choix.
En France, contrairement aux autres pays européens, la consommation de glace ne se fait que l’été et quand il fait très chaud, nous avons donc ciblé le sud, le Var étant une destination appréciée et récurrente pour Michel, nous avons décidé de cibler cette région et LORGUES pour en avoir beaucoup entendu parler par des amis... une étude de marché nous a confirmé que cette ville pouvait être le bon choix". 

 

Qu’est-ce qu' une bonne glace ?

"Pour nous une bonne glace c’est d’abord retrouver le goût initial du fruit ou de l’épice qui la compose, une belle longueur en bouche que l’on ne retrouve que dans les excellents produits et qu’elle soit le plus naturelle possible... sans colorants, sans arômes artificiels et sans conservateurs.
Nous avons de la chance de retrouver ces qualités dans les glaces de Terre Adelice notre maître glacier.
Nous pouvons ajouter que nos glaces sont entièrement BIO et que les sorbets contiennent entre 60 et 70% de fruits ( La législation Française n’exige que 25% pour avoir droit de mettre « sorbet » sur les emballages).
Certains clients connaisseurs nous font remarquer que nos glaces ne fondent que très lentement malgré la chaleur, la présence de peu d’eau et de beaucoup de matière explique cela".

 

Quel est le Trio de tête des parfums ? 

"La vanille reste la numéro 1 pour tous les glaciers y compris le nôtre, ensuite l’incontournable chocolat ( sorbet chez nous) puis vient la Framboise... de nombreux parfums suivent de très près comme le citron-basilic, la mangue, le caramel à la crème salée ou la châtaigne aux marrons confits3. 

 

Comptez-vous développer d’autres gourmandises ?

"Nous allons proposer des desserts glacés pour compléter notre gamme de glace 500ml à emporter. Nous espérons que nos clients penseront à nous pour leurs réceptions ou diners entre amis pour remplacer le traditionnel « gâteau ». 

Framboise et mangue , glaces artisanales naturelles (sans arômes artificiels, sans colorants, sans conservateurs)  19 bd Clémenceau 83510 Lorgues .Tel: 04 94 99 67 81

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Une belle rencontre pour le bien des animaux : Béatrice Braun, la créatrice de l'association Shangri-la

21 Avril 2018, 08:03am

Publié par leboudoirdemadame

Béatrice Braun et l' un de ses protégés : Queen un hardi chaton ...

Il y  a ceux et celles qui se désolent face à l'abandon des animaux familiers : chats,chiens …et qui s'en tiennent là et puis, il y  a ceux et celles qui "font ". Béatrice Braun est l'une de ces belles personnes puisqu' elle a créé avec deux amies : Shangri-la, une  association qui leur vient en aide,les soigne, leur trouve des familles d'accueil  (temporaires ou définitive ). Séduite par l'esprit de  Shangri-la , sa proximité, sa structure "sur-mesure" et parcequ'elle consacre l'essentiel du montant des adhésions ou dons à la sauvegarde des animaux, j'ai eu envie d'en savoir plus . D'où ces questions :

Comment avez-vous été amené à créer Shangri-la ? Y-a-t-il eu un facteur déclenchant ?Après cinq années de bénévolat dans une association qui s’occupait exclusivement des chats de Garches, j’ai éprouvé le besoin de créer mon association. Je souhaitais, en effet, sauver les chats de toute la région parisienne. Grâce à deux amies qui partageaient ma vision sur la maltraitance animale, j’ai créé Shangri-la, « la maison du bonheur », en tibétain. Florence est la trésorière et Véronique, assistante vétérinaire est la secrétaire.

Les associations de protection animales sont légion. A la vue de votre site, l’on s’aperçoit que la vôtre ajoute une dimension plus « familiale » ? Est-ce exact ?

Oui, c’est tout à fait exact ! Pour répondre précisément aux souhaits des futurs adoptants, nous demandons à entrer dans l’intimité de la famille. Nous avons besoin, en effet, de connaitre leur environnement (appartement ? Maison ? Terrasse ? Jardin ?), s’ils ont des enfants, s’ils partent en vacances …. Grâce aux familles d’accueil qui gardent nos chats temporairement, nous connaissons parfaitement le caractère et les habitudes de chaque chat ; ce qui nous permet de choisir celui qui répond le mieux au futur maitre.

Quand le chat arrive dans sa nouvelle famille, nous nous donnons une semaine pour vérifier si l’adaptation se passe au mieux. Alors, seulement, nous proposons de signer le contrat d’adoption car il s’agit d’un engagement de 10 à 15 ans.

Comment trouvez-vous les familles d’accueil ? 

Uniquement  par le bouche à oreille ! L'association serait  comblée- si nous pouvions trouver beaucoup plus de familles d'accueil, cela éviterait à certains de nos animaux d'être gardés dans les petites cages de vétérinaire. Tout d'abord, ils y sont malheureux, bien sûr ! Au lieu de s'épanouir dans des foyers chaleureux, ils sont enfermés, et plus ils sont dans une cage, plus ils sont difficiles à apprivoiser ce qui complique l'adoption.

Malheureusement, le sauvetage demande beaucoup de temps, et puis, il nous faut gérer notre site, communiquer sur les réseaux sociaux... Nous ne pouvons donc pas nous consacrer pleinement à la recherche de familles d'accueil. L'idéal , serait de pouvoir être épaulé par des personnes aussi sensibilisées que nous ! Nous nous répartirions les tâches, tout le processus serait accéléré...

Votre association vient surtout en aide à la gente féline ? Qu’en est-il des chiens ?Effectivement nous nous occupons essentiellement des chats mais il nous arrive de sauver des chiens en détresse.

Pour les chats, la tâche est lourde et prend donc un temps considérable. Il faut s’occuper de placer des chats qui ont perdu leur maitre pour cause de décès et dont la famille ne veut pas s’occuper. Souvent, ce sont des chats âgés qu’il est plus difficile de placer. 

 Il y a aussi tous ces chats abandonnés dans les jardins et dans la ville, les chatons, il y a aussi les chats que l’on doit prendre en charge parce que, dans la famille du maitre, l’un des enfants déclare une allergie. 

Personnellement, je fais au mieux pour nourrir environ une centaine de chats errants. Par ailleurs, nous "capturont" pour leur bien ces chats . Ensuite, notre priorité  est de les faire stériliser ou castrer par un vétérinaire, de manière à limiter leur prolifération. Après leur convalescence, nous les relâchons sur les sites où nous les avons trouvés. Bien entendu, tous ces soins sont onéreux et des dons nous sont précieux.

Shangri-la c’est aussi une multitude de « services » pouvez-vous les détailler ?

Sur le site de Shangri-la, les adoptants peuvent trouver un lien qui les conduit vers les différents services que Véronique peut assurer ( garde, promenade des chiens…).Un tarif préférentiel (-20%) pour tous les animaux qui ont été adoptés via Shangri-la

Shangri-la est une jeune association ? Quel est votre souhait pour le futur ?

Pour l’avenir, je souhaite être entourée par des jeunes qui pourraient prendre la relève.

Par ailleurs, l’idéal serait de trouver un ou deux vétérinaires qui nous aideraient (soins, stérilisation, castrations…)  les mairies ou le gouvernement prendraient en charge leurs prestations. A titre d’exemple, une femelle peut avoir quatre portées par an.  A chaque portée naissent entre trois et six chatons. Il est clair que si nous n’intervenons pas, le nombre de chats errants augmente à une vitesse vertigineuse.La saison dernière j’ai pu faire adopter trente six  chatons trouvés dans les rues. J’ai dû en prendre soin chez moi avant de trouver des adoptants.

Quel est l'un de vos derniers sauvetages ? 

Une femme m’a signalé qu’il y avait depuis de nombreux mois sous la pluie, vent, froid, un chat sur un balcon de 7 m2 qui vivait 24h/24 dans une caisse sans protection, ni couverture. Les voisins faisaient un détour pour ne plus passer sous la fenêtre du propriétaire afin de ne plus attendre ses plaintes.Il m’a fallu des jours et des jours d’échange avec ce monsieur qui voulait garder ce chat.Inutile de vous dire l’émotion que j’ai eu lorsqu’un dimanche j’ai pu partir avec Mike qui maintenant fait le bonheur d’un jeune couple, il vit au chaud et surtout il est nourri de câlins.

site Shangri-la :

https://www.association-shangri-la.com

Renseignements pour les adhésions et dons à l'association  tel : 06 11 71 72 00 et sur assos.shangrila@gmail.com

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" Un loup "sort du bois :Olivier Lalande parfumeur-créateur

11 Mars 2018, 16:39pm

Publié par leboudoirdemadame

Un homme des senteurs et de la Drôme provencale: Olivier Lalande, parfumeur-créateur

Une fragrance : Ô Pirate pétrie des senteurs de la Corse ( cédrat, bois flotté, lentisque, lys de sables...) et son créateur, Olivier Lalande, parfumeur au sein de la société familiale H.Reynaud Fils dans la Drôme Provencale . Un duo fleurant bon l'authentique et dans  lequel, l'homme prend la parole pour raconter sa création, son métier ( de grand père, père et fils)...Une tradition  familiale et du beau parfum .Rencontre :

-Tel le loup qui sort du bois, pourquoi avoir attendu  : Ô Pirate pour révéler au grand jour votre talent de parfumeur créateur ?

Oui, on peut dire que j'en suis un de loup et un « vieux loup  » car depuis des dizaines d'années  au sein de notre société familiale, je crée et élabore de nombreux parfums sous la signature « Création HRF France »  notamment dans les années 80/90 . Et même si ensuite depuis, j‘ai eu à cœur de transmettre mon savoir et de former une équipe de jeunes parfumeurs au sein de notre laboratoire, l’envie et la passion des odeurs  ne m’ont pas quitté.
Une passion d’autant plus forte, lorsqu’elles se mêlent à des rencontres fortes et amicales et  depuis ces dernières années à des lieux inspirants comme la Corse ...Ô PIRATE est donc né, il y a un an composé avec le talent partagé de Myriam GUIBERT. Le challenge était de créer une « Cologne Extrême » concentrée mais fraiche et hespéridée en tête, à l’image du maquis Corse.

 

-Parfumeur de Grand père en père, de père en fils, comment concevez vous le métier et ses valeurs ? Et l'avenir ? 

Je vais continuer à vous répondre comme un « vieux loup » : ce métier a beaucoup changé et évolué certes, mais un peu à regret cependant...
De nombreuses normes européennes nous enferment versus le risque zéro et les cahiers des charges des marques connues, favorisent les aspects marketing, communication, et image au détriment de la création du jus lui même, relégué trop souvent au second plan .. Un comble !

J’ai envie de redonner au parfum, ses lettres de noblesse.. Si Ô PIRATE est composé de quarante deux huiles essentielles, ce n’est pas par hasard. J'estime qu' un retour au Naturel s’impose et le consommateur ne s’y trompe pas ..
L’évolution est en marche et la multiplication des parfums de niche le prouve .Quand on baigne, comme moi et ma famille dans la lavande, on ne peut que se tourner vers le Naturel et redonner aux Extraits des plantes, leurs atouts et leur puissance d'évocation.
Alors, oui , je défends ce patrimoine olfactif et j’ose espérer que l’odorat est entrain de retrouver sa juste valeur dans les consciences comme le métier de parfumeur avec le talent créateur » et  non "imitateur"  au service d’une consommation débridée...

 

-Au delà de Ô PIRATE , « photographie » olfactive d’une région que vous aimez, avez vous en tête d’autres projets parfumés ? Baignant dans les senteurs depuis l’enfance, on peut supposer que certaines senteurs vous obsèdent non ?

Cette création Ô PIRATE était une réelle envie de sentir à nouveau les multiples essences sur les mouillettes et de composer un ressenti devant mon orgue à parfum. Maintenant je vais laisser vivre un peu ce nouveau venu , avant d’avoir un autre coup de cœur à transformer en odeur... Et c’est vrai que j’en ai beaucoup . Mais donner du temps au temps, c’est plutôt ma façon de faire et le faire avec passion et cœur .Senteurs en mémoire, odeurs aimées détestées…Je suis toujours attiré par le délicat des odeurs florales.J'aime aussi les parfums à odeurs intimistes à l'inverse des odeurs trop puissantes souvent agressives ou suaves sans oublier les notes trop fruitées.

Points de vente Ô Pirate : contactcreation@hreynaud.com .Tel: 04 75 28 86 00 

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Un Interview d'Irène Frain à propos de nouvel ouvrage : La fille à histoires ( éditions du Seuil )

26 Octobre 2017, 07:32am

Publié par leboudoirdemadame

Irène Frain  et la fille à histoires son nouvel ouvrage aux éditions du Seuil

Connaît-on vraiment ou plus modestement, soupçonne-t- on les déchirures affectives des êtres ou personnes qui nous entourent et que nous aimons ou apprécions ? Irène Frain que ses fidèles lecteurs suivent de roman en roman depuis Le Nabab  leur met cette fois ci "en main" un peu de l'histoire de sa vie  avec son nouvel ouvrage "La fille à histoires " sorti aux éditions du Seuil. Un peu de sa vie mais un peu qui a pesé lourd  puisque l'auteur lève le voile sur un pan douloureux de son enfance et de sa jeunesse : le désamour maternel. Un secret révélé pour une fille sans histoire mais à histoires  ! Rencontre avec Irène Frain .

Pourquoi avoir  attendu tant d’années pour écrire "La Fille à histoires" et ainsi révéler cette privation d’amour maternel ? 

Je ne voulais pas que ma mère soit accablée par ce que j’écrirais sur elle. Il fallait donc attendre qu’elle ne soit plus de ce monde.  Mon père, à qui je dois d’avoir survécu à ce manque d’amour, est mort six mois après elle. Cela s’est passé il y a onze ans. Le temps pour moi de parvenir à prendre du recul face à cette double, et rapide disparition.

Mais il y a eu un troisième événement. Mon père m’avait remis ses archives avant de mourir, la fameuse valise noire dont je parle au début du livre. Depuis toujours, je savais qu’elle recelait des secrets, des révélations déstabilisantes et cependant essentielles. J’avais longtemps tournicoté autour d’elle durant mon enfance et mon adolescence, quand elle était entreposée au grenier. Mais sans jamais oser l’ouvrir. C’était un objet tabou. Du coup, après la mort de mon père, il a fallu sept ans avant que je l’explore, et la survenue d’un incident violent dans ma vie. Ce fut le déclic, celui qui a donné naissance à mon livre «  Sorti de rien » , un texte consacré à l’extraordinaire destin de mon père. Grâce à ses carnets et  une lettre écrite bien avant ma naissance, j’ai alors saisi une partie du secret de famille qui s’attachait à moi. Mais une partie seulement. Il a fallu un autre déclic, deux ans plus tard, pour que je trouve la force d’affronter le reste de la vérité. Ce déclic fut une maladie rare, heureusement curable, qui m’a soudain révélé une fragilité physique ignorée. Ca m’a secouée et  je me suis dit: «  Explore tout, va jusqu’au bout de ce secret, même si ça te coûte. C’est maintenant ou jamais. 

 

Est-ce que Le Nabab, votre premier roman  qui se passe aux Indes ( plus 1,6 million d’exemplaires vendus ) a t-il été le plus sûr moyen de fuir cette « situation »  douloureuse ? 

L’écriture et l’imaginaire, en effet, furent le plus sûr moyen de fuir ce manque d’amour dont j’étais de plus en plus consciente pendant mon enfance et mon adolescence. Mais ils m'ont aussi structurée. A ceci près que j’ai eu de la chance, pour cette résilience! Mon père était très attentif, et très attaché à moi. En partie parce qu’il avait perçu l’hostilité de ma mère et qu’il voulait m’en protéger . Quand j’ai présenté des troubles, vers l’âge de cinq-six ans, fait des cauchemars, déclenché des maladies sans cause physique, etc, il a contraint ma mère à me conduire chez un pédiatre qui avait une solide expertise en psychologie infantile. 

Pour un homme comme mon père, un sorti de rien, autodidacte, assez démuni, et compte-tenu de l’époque et du lieu, les années 50 en Bretagne, ce fut une démarche tout à fait extraordinaire! Il a su faire le bon geste au bon moment. Avec l’aide de ce médecin, très rapidement, il m’a sauvée. 

Quant au Nabab, ce n’est pas son succès matériel qui a pansé mes plaies. Je n’ai pas considéré  que cette réussite allait tout arranger entre ma mère et moi: le manque d’amour est un puits sans fond. Et de fait, l’hostilité de ma mère et de ma famille s’est alors aggravé. Seul mon père a refusé de prendre part à cette curée ( on voulait m’interdire d’écrire, j’étais devenue le bouc émissaire de toutes les difficultés et échecs des uns et des autres.. ). La plupart du temps, du reste, ces agressions survenaient à son insu. 

Cependant, je pense que j’ai inconsciemment écrit Le Nabab pour conquérir l’amour de ma mère…D’où le souffle qui anime ce livre,  à présent un classique. Il se vend toujours, il n’a pas pris une ride. 

Il doit sa force, je pense, dans cette volonté éperdue d’atteindre ma mère. 

Et ce n’est pas un hasard. Le seul moment de fusion heureuse que nous ayons connu, elle et moi, durant mon enfance, est un après-midi où elle m’avait emmenée dans une exposition qui l’intriguait, sur la Compagnie des Indes — ma ville natale a été fondée au XVII ème siècle pour cette prestigieuse compagnie  de navigation et de commerce. C’est ainsi que, pour la première fois de ma vie, j’ai entendu parler de l’Inde et de la Chine. 

Je raconte cet épisode dans "La Fille à histoires", car il a déterminé toute ma vie.  Non seulement mon attrait pour l’Orient, mais aussi ma passion pour ses cultures, ses sagesses, son imaginaire.  Je raconte dans «  La Fille à histoires » ce moment unique  et  fondateur. Il m’a « orientée », dans tous les sens du terme. Ce jour-là, ma mère devint, à son insu, la mère de mes histoires.  Le paradoxe, c’est qu’avec Le Nabab, elle s’est sentie fière d’être ma mère, mais ne m’a pas davantage aimée. Bien au contraire puisqu’ensuite, elle a voulu m’interdire d’écrire.

 

Cette  privation d’amour vous a t elle  fortifiée  pour faire face à certains  coups du sort dont la vie ne nous prive pas ? Vous a t-elle blindée ou au contraire exposée davantage ?

Oui, elle a fait de moi quelqu’un qui sait traverser les épreuves. Mais comme je suis hypersensible, cela ne se fait pas sans mal. J’ajouterai un autre bémol: je suis souvent tombée sur les bonnes personnes au moment des épreuves. J’ai eu beaucoup de chance. Enfin la résilience ne se décrète pas. Il faut y mettre du sien. Vouloir à tout prix en sortir. Avoir de la vitalité et accepter de se faire aider quand ça ne va pas. L’ego est généralement un mauvais conseiller! 

 

Vous avez dit, un jour : « un livre peut transformer une vie » . Aujourd’hui avec "La fille à histoires ", cette phrase  s’applique t- elle à vous ?

Oui, absolument. "Alice au Pays des Merveilles", par exemple, découverte à huit ans, m’a confortée dans mon éblouissement face aux pouvoirs de l’imaginaire. Je me suis demandée: et si ce que j' imagine était plus vrai que le vrai? Je me suis aussi complètement identifiée à Alice. Comme elle, j’avais l’impression d'être égarée dans un univers injuste et sans queue ni tête. Cette identification m’a m’a considérablement aidée à me calfeutrer dans mon monde intérieur, et, ainsi bien mise à l’abri, à m’accommoder de  ma place marginale dans la famille. 

Puis, vers dix ans, j’ai découvert «  L’Odyssée" d’Homère. Là, je me suis mise à rêver du monde du dehors. C’était l’évasion au sens le plus fort du terme. Lui aussi, Ulysse, il luttait contre l’adversité et finissait par s’en sortir! Ses aventures m’ont d’autant plus fascinée que je vivais en Bretagne, tout au bord de la mer. Je connaissais bien les vents, les tempêtes, les bateaux…Et comme lui, je rêvais d’une île où je trouverais enfin paix et bonheur! 

 

Reste t-on toute sa vie une petite fille en manque d’amour maternel ? Seriez-vous devenue professeur de lettres, écrivain, journaliste …sans ce traumatisme ? 

Avec mes livres, et notamment «  La fille à histoires », j’ai réussi à faire de cette difficulté première ce que Boris Cyrulnik appelle un «  merveilleux malheur »!

L’écriture de ce livre, et son succès auprès des lecteurs, ont supprimé le terrible pincement au cœur que j’avais lorsqu’une de mes amies évoquait des gestes d’une mère aimante et l’immense sécurité qu’un tel amour avait pu leur donner. Donc oui, ce traumatisme a nourri ma soif d’autre chose, ma curiosité, ma vitalité. Mais encore une fois, j’ai eu beaucoup de chance. Ou alors, j’ai su la saisir, cette chance . Je savais que je n’avais pas droit à l’erreur. 

Enfin, comme l’a dit un jour le Dalaï-lama: «  Ton ennemi est ton meilleur professeur »…

 

On connaît votre amour des parfums. En clin d’oeil cette question : si vous deviez  en composer un qui restituerait cet «  anamour » que sentirait-il? Quels ingrédients choisiriez-vous pour le composer ?

Cette question est très pertinente. Pour oublier le manque d’affection que je ressentais si fort durant mon enfance, il m’arrivait souvent de descendre au jardin pour respirer mes fleurs préférées. Ainsi, je me suis grisée du parfum des œillets des poètes. Ou de l’odeur des jacinthe et des lys, selon la saison. En revanche,  l’odeur des chrysanthèmes et des asters, en automne, m’évoquait l’abandon, l’ « anamour » dont vous parlez. Je préfèrerais donc cent fois un parfum qui soit composé à base des essences qui me ravissaient. A supposer que ce soit possible techniquement! Propos recueillis par Dominique Larue

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Rencontre mystère avec Louise Vianey et son nouveau roman: Looking for Alice aux éditions France Loisirs

4 Octobre 2017, 09:44am

Publié par leboudoirdemadame

#Lookingforalice de #louisevianey aux #editionsfrancempire

Une valise oubliée vendue aux enchères . C’est l’intrigue du tout dernier roman de Louise Vianey : Looking For Alice sorti aux éditions France Loisirs. Si 12 % des Français rêvent d'écrire, Louise elle, a concrétisé son rêve ! Déjà publiée pour d'autres romans, des témoignages aussi, l’ auteur reste discrète ( Louise Vianey est un pseudo ). « J'aime l'idée de ne pas me mettre en avant, de m'effacer derrière les mots » . Dont acte avec cette valise mystère et cette rencontre qui la révèle un peu !

 
Le point de départ de votre roman avec cette idée de valise rouge oubliée puis vendue aux enchères est très intrigant. Comment vous est venu l’idée ? 
Lorsque j’ai entendu parler de ventes aux enchères organisées par les compagnies aériennes – Lufthansa, British Airways - pour vendre les valises dont elles n’avaient pas retrouvé les propriétaires, mon imagination de romancière s’est immédiatement emballée. Acheter une valise sans connaître son contenu, je rêverais de tenter l’expérience ! Même si dans la réalité nous avons malheureusement peu de chances de trouver une rivière de diamants ou une tête coupée, les bagages étant au préalable  contrôlés… Mais qui sait, il suffit d’une valise mal fouillée, non ?
 
Et vous, que glisseriez-vous dans votre bagage en supposant que vous puissiez l’oublier exprès? Un peu comme quand on part sans laisser d’adresse...
Que veut-on abandonner derrière soi, que veut-on faire découvrir de soi aux autres  ? Vaste question… Il est vrai que c’est également une drôle de façon de procéder, semer derrière soi ses secrets en laissant aux autres le soin d’en faire ce qu’ils veulent… A mon avis, tout dépend en réalité de la personne susceptible de trouver ce bagage. S’il s’agit d’une personne connue, je pourrais imaginer un jeu de pistes qui pourrait mener à des lieux que j’aime. Si je devais en revanche abandonner une valise sans savoir qui la trouve, comme une bouteille à la mer, je la remplirais de livres que j’ai lus. Pas forcément mes préférés, n’importe lesquels, j’adore l’idée par exemple des boites à livres qui permettent aux romans de passer de mains en mains. Il m’est d’ailleurs arrivé d’abandonner un roman sur un banc du métro, juste pour le plaisir d’imaginer un autre lecteur se plonger dans l’histoire que je viens de quitter. 
 
Margot dans Poisons, Marion dans Une mariée de trop et maintenant Sarah dans Looking for Alice… Des héroïnes qui naviguent entre le moyen âge et notre siècle : un grand écart historique qui me fait dire que vous aimez remonter le temps. Y trouvez-vous matière à nostalgie ?
A nostalgie, non, mais une chose est certaine, si une machine à remonter le temps était inventée demain, le XIV ème siècle serait ma première destination ! Cette période est si riche en fantasmes, en contradictions, bien malin qui comprend aujourd’hui réellement l’état d’esprit de l’époque… J’imagine un étonnant mélange de violence et de respect, de dureté et d‘altruisme, de brutalité et de finesse, et j’adorerais me confronter à la réalité pour voir où l’on se trompe. Parce que l’on se trompe, naturellement, en interprétant les données historiques avec notre esprit contemporain…
 
On vous dit passionnée par les faits divers. Est-ce à dire que pour écrire un roman, l’imagination est moins féconde que la réalité ?
Bien au contraire ! Je ne suis pas certaine qu’il soit plus facile de s’inspirer de faits réels, en tout cas ce n’est pas mon cas. D’ailleurs, certains auteurs qui ont commencé par s’inspirer de la réalité, comme par exemple Maurice Leblanc pour son Arsène Lupin, s’en sont ensuite affranchis… 
La réalité et la fiction sont selon moi deux choses très différentes. Lorsqu’un auteur écrit une histoire, son imagination souvent débordante est obligée de se brider dans un souci de vraisemblance. Un problème que la réalité n’a pas. Lorsque l’on observe certains faits divers, franchement, ils semblent tellement extrêmes, ou stupides, que si on les écrivait personne ne les jugerait crédibles ! Dans la fiction, les meurtriers ont des mobiles et des raisonnements complexes, alors que dans la réalité un homme va tuer son voisin parce qu’il est jaloux de sa nouvelle voiture ou qu’il lui doit de l’argent…
 
Comment vous est venu l’idée d’écrire ? Forge- t- on ses héroïnes à son image ?
L’idée d’écrire ne m’est pas venue d’un coup! J’étais persuadée d’avoir vécu une sorte de déclic à la naissance de ma fille, mais certaines personnes m’ont rappelé que je parlais déjà d’écriture des années plus tôt. Alors finalement je ne sais pas, le projet a dû doucement mûrir dans mon esprit. Comme pour bien d‘autres personnes sûrement, puisqu’il parait que 12% des Français écrivent ou rêvent d’écrire ! Je suis simplement passée à l’acte, et je conseille à tous ceux qui en ont envie de faire de même...
 
Forge-t-on ses héroïnes à son image ? 
Je vous dirais que je fais tout le contraire puisqu’à chaque début de livre j’imagine délibérément une héroïne très différente de moi, avec la curiosité de voir où cela m’emmène. Jusqu’à m’enfuir au Moyen Age pour ça ! Et puis l’inconscient reprend le dessus, et l’on retrouve dans les textes des petits morceaux de soi comme les petits cailloux semés par le Petit Poucet… L’un de mes professeurs d’écriture, le romancier Jean-Luc Seigle, expliquait que l’on ne peut pas écrire une émotion sans l’avoir ressentie, je crois que cela résume assez bien le rapport que l’on peut avoir avec nos personnages : ils ne sont pas nous, mais leurs émotions, elles, sont les nôtres.
 
Quand vous n’écrivez pas, lisez-vous et quoi ? Cela vous sert -il pour votre propre écriture ? 
En réalité, je lis très peu lorsque j’écris parce que cela a tendance à couper mon élan, j’ai l’impression que ce que font les autres est tellement bien qu’il n’y a plus rien à ajouter ! Il y a donc les périodes où je ne fais que lire, des dizaines de livres à la suite qui me nourrissent, me remplissent, et celles où j’écris. Exception faite des Rois Maudits de Maurice Druon que j’ai dû lire une quinzaine de fois, je ne relis pratiquement jamais deux fois le même livre. Il y en a tant à découvrir qu’une vie n’y suffira pas ! Propos recueillis par Dominique Larue 
 
Looking for Alice, Louise Vianey, éditions France Loisirs 
 
 

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Salomé Villiers ou la rencontre avec une jeune comédienne unique mais ...multiple !

27 Mars 2017, 17:13pm

Publié par leboudoirdemadame

Elle est jeune, jolie et talentueuse et elle s'appelle Salomé Villiers . Née dans une famille de comédiens, d'acteurs, de réalisateurs, Salomé perpétue la tradition familiale et après des années de conservatoire , foule  les planches en jouant aussi bien Marivaux ,Llorca, Guitry que Labiche .Non contente d'être comédienne, Salomé est aussi metteur en scène et elle dirige une compagnie: La Boîte aux Lettres .On pourra voir Salomé  du 5 avril au 6 mai 2017  eu Théâtre Michel dans Le jeu de l'amour et du hasard  de Marivaux. Pièce qu'elle met également en scène . Rencontre avec une jeune femme unique et... multiple.

Devient on comédienne  par tradition familiale ? par goût personnel ? Les deux  ou pas du tout  ?

J'ai toujours voulu être comédienne depuis tout petite, raconter des histoires et en découvrir de nouvelles c'était mes occupations de tous les jours comme beaucoup d'enfants ! Je lisais énormément,j'étais fan de mythologies, de contes,de pièces de théâtre et de bandes dessinées. Ma mère m'emmenait au théâtre,au cinéma et au musée très souvent et mes grands-parents m'ont fait découvrir les vieux films.J'étais autant sous le charme de Jean Marais ou de Jacques Perrin que de Batman ou Tintin.

Quand j'étais petite,je voulais être Cyrano, ce personnage me fascinait et je devais avoir 4 ans quand ma mère m'a emmené voir Cyrano dans un manège où tous les acteurs arrivaient à cheval. L'acteur qui jouait Cyrano bondissait comme un tigre parmi les spectateurs pendant la tirade des nez, j'étais fascinée...J'ai été bercée par les aventures de ma famille. Ma mère partait souvent en tournage pour interviewer de grands artistes, elle avait toujours une bonne idée dans la tête et elle m'en parlait , j'étais son premier public.

Mes grands parents me racontait les histoires qu'il avaient vécues en tournage, leurs voyages , leurs fêtes avec des artistes que j'admiraient  (ma grand-mère dansant avec Gene Kelly, ma mère filmant Micheal Jackson en train de faire du patin à roulettes avant un concert,mon grand-père qui partaient faire les 400 coups avec Tanguy et Laverdure dans le monde entier etc...) .J'ai été bercée par les aventures de ma familles, j'avais des étoiles dans les yeux,des histoires merveilleuses qui se gravaient pour toujours dans ma joyeuse caboche de petite fille! 

 

Comment votre famille a-t-elle réagit quand vous leur avez annoncé votre désir de devenir comédienne ?

Quand j'ai dit que je voulais suivre des cours de théâtre,tout le monde étaient ravi ! Au début oui ... C'est sain et charmant un enfant qui veut faire une activité artistique au sein d'une famille d'artistes ! En revanche quand ça grandit et que ça devient sérieux,ce n'est plus la même affaire. On m'a beaucoup mis en garde contre un métier très difficile et très exigeant,on a même essayé de me dissuader, "ce métier peut s'arrêter à tout instant" ,"un jour ça marche et un jour ça ne marche plus... " , "ce métier fait mal", "actrice c'est ce qu'il y a de plus difficile et puis il y a tellement de monde sur le marché maintenant".

Je n'ai compris ces avertissements que beaucoup plus tard. Et je n'oublierais jamais tout ce qu'on m'a dit car ce sont des vérités qui " nous font le cuir " , c'est une sorte de bouclier contre les épreuves de ce métier. Mon grand-père et son frère Jean-Pierre Aumont étaient très proches, j'avais vu beaucoup de films de Jean-Pierre , et j'aimais beaucoup ce bonhomme, il était très rieur et très bienveillant avec moi .Ma cousine Lola Aumont et moi nous organisions des spectacles avec nos amis  quand nous étions petites et nous avons eu la même envie,le même besoin d'en faire notre métier.

Après mon bac , je suis rentré dans un cours professionnel à la condition que j'aille à la fac en même temps . J'ai très vite abandonné la fac pour ne me consacrer qu'à mon apprentissage théâtral. 

 

Y a-t-il une scène, une réplique d'auteur qui vous ai marquée dans votre enfance ?

Je me souviens de mon grand-père qui me demandait tous les dimanches de lui faire une fable ou un monologue , il me citait souvent celui de "On ne badine pas avec l'amour" qu'il adorait et que Jean-Pierre Aumont avait joué dans le rôle de Perdican. 

"Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu'on te fera de ces récits hideux qui t'ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : “ J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui."

C'est à partir de ma première année de Conservatoire du 11 ème avec Alain Hitier et Philippe Perrussel , que mon grand-père s'est rendu compte que j'étais très sérieuse dans ma démarche et que j'étais très travailleuse .J'ai une grande soif d'apprendre encore et toujours .J'ai eu beaucoup de chance car ma mère, mes grands-parents et ma tante Vénita ont été très présents pour moi et m'ont beaucoup soutenu.J'étais passionnée par ma formation ,j'ai fait de formidables rencontres humaines autour du travail de scènes classiques ou contemporaines  .

 

Quelle qualité exige le métier de comédienne ? La patience ?

C'est un métier qui prend du temps. Du temps pour l'apprendre , du temps pour le comprendre , du temps pour le mettre en place , du temps pour le vivre , et ce fût difficile pour la jeune comédienne impatiente, déterminée et heureuse de pouvoir montrer ce que j'avais dans le ventre , d'attendre ... Lors de moments difficiles où j'ai pu me sentir rejetée, non désirée ou pas à ma place , je me suis souvenu de mon autre premier amour qui était d'inventer et mon envie de mettre en scène...et j'étais tellement déterminée , je ne pouvais rien faire d'autre , je ne voulais pas me laisser sombrer et mon grand père m'a toujours dit " personne ne t'attend alors à toi de jouer!" .Et ma mère de me dire :" si la porte est fermée , essaies de passer par la fenêtre!" alors j'ai retroussé mes manches avec un plaisir intense et j'ai monté mes projets !

 

Vos premiers pas au théâtre ,un bon souvenir ?

J'ai commencé à travailler comme ouvreuse au théâtre de l'Oeuvre en même temps que ma formation et ce fut également une expérience très intéressante , je travaillais dans un théâtre magnifique , j'ai pu voir des pièces très différentes et dont certaines m'ont fait rêver. J'étais tous les soirs avec des comédiens et des metteurs en scène et cela m'a beaucoup appris aussi! J'ai fait des rencontres incroyables notamment Françoise Petit Balmer avec qui j'ai travaillé deux ans plus tard et qui est une metteur en scène formidable et qui a donné la chance à la jeune comédienne que je suis d'interpréter un rôle comme celui d'Elisabeth Vigée Lebrun!

Pour résumer , je pense que ma famille a nourri ma passion mais que ce besoin de création m'a toujours habité et que mes différentes expériences ont fini par me convaincre qu'être artiste , comédienne et metteur en scène , était ma vocation. J'ai encore beaucoup d'aventures à vivre je l'espère ! Et j'espère que ça va continuer car j'ai encore beaucoup de choses à apprendre et à défendre.

 

Vous avez joué du Llorca, Guitry, Labiche , en ce moment du Cocteau quels autres auteurs aimeriez-vous interpréter prochainement ? Quels rôles ? 

Je n'ai aucune préférence entre la comédie ou le drame! Contemporain ou classique c'est pareil , j'aime autant l'un que l'autre! Ce qui est intéressant c'est de jouer de beaux textes! J'aime beaucoup les pièces classiques de Boulevard ( Feydeau , Courteline , Labiche) car ce sont des partitions très athlétiques pour des comédiens , et c'est un exercice très difficile car il faut jouer la tragédie des personnages ou de la situation avant tout, sinon ce n'est ni drôle , ni émouvant! J'aime aussi énormément les tragédies de Racine , je suis émerveillée  par la richesse et la beauté de ces textes c'est peut être encore à mes yeux l'auteur le plus difficile à interpréter , du haut de ma petite expérience.

En même temps , chaque partition est difficile, le travail sur un texte est toujours intéressant car il faut chercher ce qui n'est pas écrit et s'approprier la plume d'un auteur est toujours délicat et passionnant.J'ai très envie de travailler aussi sur des créations originales , j'ai eu la chance de rencontrer un ami comédien , Pierre Hélie , qui a une plume et un style que j'admire et nous avons commencer un travail de création ensemble sur le thème de la saga hollywoodienne avec 10 autres comédiens , l'auteur continue d'écrire et ce projet ne saurait tarder à voir le jour! Pour notre plus grand bonheur!

En attendant , je rêve d'autres personnages et d'autres histoires , et il y a des auteurs que je veux travailler depuis longtemps comme Shakespeare que j'adore depuis toujours!

Avez-vous des comédiennes ou actrices "de référence ?"

J'en ai plein mais pour n'en citer que quelques unes , je commencerais par la plus grande qui est pour moi  Meryl Streep !! Quand j'étais petite , je me disais "quand je serais grande je voudrais être Meryl Streep ou Catwoman!" 

J'ai aussi  une passion pour les comédiennes des années 50 , Bette Davis est une de mes héroÏnes favorites! Emma Thompson est magique je l'aime énormément , elle me bouleverse!  Et pour les françaises Catherine Deneuve est la princesse de mon enfance et je l'aime toujours autant , Dominique Blanc est royale , Clémentine Célarié est d'une classe folle et tellement émouvante ( elle m' a fait pleurer au théâtre dernièrement dans Darius) et j'adore Céline Salette et Léa Drucker , elle sont tellement puissantes .

Bon j'ai dit que je commencerais pas à énumérer mais la liste est longue! En ce moment je regarde la série " Feud" avec Susan Sarandon et Jessica Lange , elles sont incroyables ! Chaque épisode est une véritable claque et une leçon de jeu forte et intense! Je trouve ça beau d'avoir des modèles et je suis toujours très emballée quand je pense à des oeuvres que j'aime! Oui je pense que j'ai un petit côté "groupie" avec les acteurs et actrices que j'admire mais comme beaucoup de monde je pense...

 

En plus d'être comédienne vous avez aussi  mise aussi en scène Le jeu de l'amour et du hasard  de Marivaux .Comment passe- t- on de l'un à l'autre ? Comptez vous poursuivre dans ce "double jeu" qui vous réussit si bien ? 

J'ai toujours eu envie de mettre en scène et de jouer la comédie. J'ai d'abord étudier le travail du comédien avant de me mettre à la mise en scène . Mon travail sur "Le Jeu de l'Amour et du Hasard" m' a beaucoup appris et m'a fait mûrir. Je ne jouais pas dans "Le Jeu de l'Amour et du Hasard" quand j'ai crée le spectacle avec mes comédiens. J'ai intégré la distribution après la création , et j'ai été guidée et dirigée dans le sens de ma mise en scène par mes camarades qui étaient là depuis la genèse du projet . 

C'est au Théâtre Côté Cour en juin 2015 à Paris que le spectacle a commencé à prendre forme tel qu'il est aujourd'hui . Nous avons rencontré notre producteur , Coq Héron Productions , qui a cru en nous et qui nous a permis de concrétiser nos projets.Et grâce aux différents soutiens que nous avons reçu , nous avons pu lancer la machine! L'année d'après , au printemps 2016 , nous avons été programmé au Théâtre du Lucernaire et nous avons rencontré un public très enthousiaste , nous étions ravis! Juillet 2016 , nous étions au festival d'Avignon au Théâtre du Roi René où nous avons retrouvé avec joie l'équipe du Côté Cour de Paris. Septembre 2016 , retour au Lucernaire avec un plaisir immense , le Lucernaire est un lieu magique et qui est géré par une équipe incroyable que nous aimons beaucoup! Et nous avons joué 4 mois devant des salles très chaleureuses! 5 Avril 2017 , nous reprenons le spectacle pour 25 dates au Théâtre Michel et nous sommes impatients de continuer l'aventure! Nous allons commencer la tournée par Casablanca le 31 Mars , nous passerons au festival d'Anjou le 21 Juin et nous retournons au festival d'Avignon en Juillet , même heure même endroit! 17h45 dans la salle du Roi au Théâtre du Roi René!

Je suis heureuse de tout ce qui nous arrive avec ce spectacle! Ce texte est important pour moi , j'ai grandi avec cette pièce ! Je l'ai découvert comme tout le monde , à l'école , et au début ça ne me parlait pas plus que ça et plus je vieillissais , plus je me rendais compte à quel point la plume de Marivaux était incroyablement moderne! La devise de Marivaux était celle des comédiens italiens  " Castigat Ridendo Mores " , ce qui veut dire "Corrigeons les moeurs par le rire" , et ces mots se sont gravés dans mon esprit dès que je les ai découvert. La finesse de la langue , le comique de situation , la critique sociale, l'amertume et la noirceur qui se mêle à la légèreté et l'amour m'ont touché en plein coeur.

Les grands auteurs classiques ont traversé les âges de part leur faculté à être des visionnaires et à peindre le coeur des Hommes de tout temps. On disait de Marivaux qu'il était "un fin analyste du coeur humain qui pèse des oeufs de mouche dans des balances en toile d'araignée " et j'aime beaucoup cette image de Marivaux .À mes yeux , le texte n'est pas du tout bavard , ce qu'on peut appeler "du marivaudage", au contraire c'est un texte qui doit se jouer avec le corps , c'est un théâtre sanguin et énergique. Je me suis rapidement posée la question "Quelle est pour moi la musique de Marivaux?" et la musique pop rock s'est imposée à moi , je me suis imaginé que Marivaux était un peu comme le David Bowie de son époque. Et le jeu des comédiens ressemble à ces rythmes musicaux pop'n rock , à la fois fiévreux et sucrés , qui ponctuent le spectacle ! Il était évident pour moi de travailler également la vidéo car je voulais créer plusieurs espaces de jeu afin que le spectateur ait  l'impression de complètement faire partie de cette maison de fous!  De cette manière on ne quitte jamais vraiment les personnages , même quand ils ne sont pas sur scène .

C'est une expérience formidable de pouvoir jouer ce spectacle après l'avoir mis en scène et j'en suis très heureuse. Je ne sais pas comment s'articuleront mes prochains projets , en tout cas j'ai une furieuse envie de jouer et un profond désir de mettre en scène!  Nous verrons bien.

 

Peux t on imaginer un jour que vous dirigiez une troupe ?

C'est déjà un peu le cas . J'ai crée la compagnie La Boîte Aux Lettres avec mes amis et associés , Bertrand Mounier et François Nambot en 2009. Nous sortions du conservatoire où nous avions suivi l'enseignement de Philippe Perrussel ( notre Monsieur Orgon ) et nous avions envie de travailler ensemble et de réunir tout les talents que nous avions rencontré. Nous sommes plusieurs metteurs en scènes et comédiens au sein de la compagnie et nous avons tous envie de réunir nos forces pour créer tous ensemble de beaux spectacles! Et nous avons plein de jolis projets dans nos valises ! 

Nous avons fait de très belles rencontres après notre formation et de futures collaborations sont en train de voir le jour toujours dans le même esprit joyeux et familial. L'union fait la force comme dit le proverbe et c'est ce que nous nous sommes dit tout les trois quand nous avons crée la compagnie! J'ai beaucoup de chances d'avoir fait d'aussi belles rencontres et j'espère continuer à en faire de nouvelles.

 

Vous jouez actuellement l'Aigle à deux têtes de Jean Cocteau au théâtre du Ranelagh ? Comment avez-vous aborder l'auteur ? Votre rôle ? En quoi la mise en scène de Issame Chayle vous- a -t elle séduite ? 

J'ai toujours aimé Jean Cocteau depuis toute petite! J'ai découvert La Belle et la Bête très jeune et je me suis passionnée pour son oeuvre. J'étais aussi complètement amoureuse de Jean Marais! Et ce qui est très drôle c'est que j'ai travaillé des scènes de l'Aigle à deux têtes dans mes premiers cours de théâtre avec Mireille Delcroix, j'adorais ça. Donc quand Issame Chayle m'a proposé le rôle d'Edith de Berg dans la pièce , j'étais très heureuse ! 

J'étais heureuse de travailler avec de nouveaux comédiens talentueux et de les découvrir dans cet univers poétique et romantique.J'ai tout de suite apprécié la sensibilité d'Issame , il aime le fantastique et les drames mythologiques et ça m'a beaucoup séduite! En plus , il avait une vision du personnage d'Edith qui me plaisait beaucoup . Tout est dans le sous-texte! Une grande émotivité dans un cadre rigide et sévère , ça me parlait , ça demandait beaucoup de précision.Et ce qui était amusant , c'était de pouvoir interpréter un rôle qui était loin du personnage de Silvia que j'avais joué juste avant ! Je pense qu'à chaque fois qu'un acteur travaille un personnage , il se découvre de nouveaux outils et c'est ce qui m'est arrivé avec Edith. C'est une sensation très agréable et on a encore plus envie de chercher et de maîtriser toutes ces nouvelles couleurs.

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Toujours jeunes et jolies:les cocottes LE CREUSET !

30 Mars 2015, 15:07pm

Publié par leboudoirdemadame

Une star couverte de roses: la cocotte en fonte émaillée LE CREUSET
Une star couverte de roses: la cocotte en fonte émaillée LE CREUSET

Elles fêtent leur 90 ans ,se vendent à "quelques milions" d'exemplaires chaque année dans le monde et telles des coquettes, se parent de couleurs digne d'une palette de maquillage. Ce sont les cocottes LE CREUSET,une marque leader mondial de la fonte émaillée avec au moins 60% de parts de marché.Une bonne raison d'interroger Florence Thiry Mairesse, directrice du marketing division France et Benelux.

La cocotte... n'est-ce pas la star de la maison ?

C’est effectivement le produit phare … L’icône ! Celle qui est tant rentrée dans les mœurs qu’on a l’habitude de dire « j’ai une LE CREUSET à la maison « - un générique en somme- Notre société est l’inventeur de la cocotte en fonte EMAILLEE : la couleur fait partie de notre vie quotidienne et de nos valeurs fortes – elle est aussi un signe de reconnaissance de la marque – nous fabriquons en moyenne 43 coloris par an afin de répondre à la demande du monde entier ! Pour ce qui est des coloris " bonbons ou macarons" nous pouvons remonter très loin dans l’histoire pour en trouver déjà dans les années 50 . Une marque comme LE CREUSET se doit de toujours renouveler son offre afin de s’adapter aux tendances et de créer l’envie, la surprise et le besoin .Cela fait partie intégrante de son ADN et notre service R&D est continuellement à la recherche de nouvelles technologies permettant de réaliser ce qui encore aujourd’hui impossible !

Chaque année de nouveaux modèles de cocottes.Peux-t-on dire que Le Creuset gère la marque comme une entreprise de mode avec des collections ? Et pourrait on imaginer une collaboration avec un couturier,un grand maquilleur ?

J’aime beaucoup cette comparaison car oui nous avons à cœur de lancer des "collections "régulièrement – pas aussi rapidement que la mode parce que nous ne consommons pas des cocottes garantie à vie comme des petites robes mais de façon très récurrente -. A l'affiche cette année ,une quinzaine de coloris comme vert Palm, Chiffon Pink, Bleu Marseille ou encore Cerise... Certains coloris tels que les roses fuchsias nécessitent aujourd’hui de la poudre d’or afin de parvenir aux résultats souhaités ! A nous de trouver un palliatif qui nous permettra un jour de mettre ce coloris sur le marché à un prix acceptable !L'idée d'une personnalité de la mode ou de la beauté n'est pas un rêve impossible...la porte est grande ouverte

Nous avons fait appel à quelques designers dans le passé et qui ont grandement participé à la notoriété de la marque.Quant à la forme :ovale, ronde …il est difficile de proposer un modèle qui soit différent de ceux avec lesquels nos utilisateurs ont été bercés .On choisit souvent le modèle que notre grand-mère ou mère utilisaient à moins d'en avoir hérité.

Dans combien de pays distribuez-vous la marque ?

Plus de 60 pays dont 33 filiales . 95% de notre CA se fait à l’export : l’art de manger à la française …Offrir Le Creuset est vécu comme le nec plus ultra dans la quasi-totalité des pays du monde : LE CREUSET est à la cuisine ce que VUITTON est à la maroquinerie dans beaucoup de pays où nous sommes distribués .Les goûts en matière de couleurs, formes diffèrent. Les USA par exemple préféreront des coloris plutôt sombres et de grands contenants quand le JAPON adore les coloris pastel et notamment toutes les teintes de rose et de toutes petites cocottes.

Pourriez-vous dire comme à l'instar de Julie Andrieu et son livre "Mes Cocottes" que celles-çi incitent à se mettre en cuisine ?

Je ne pourrais certainement pas dire mieux mais il est vrai que la cocotte est une amie avec qui on partage la promesse de merveilleux moments avec tous ceux qui nous sont chers. Ces cocottes sont de parfaites ambassadrices de la tradition culinaire.Affirmer que ce sont les meilleures, ce sont à nos consommateurs de le dire ( et ils en parlent bien mieux que nous ! ).En tous les cas, les médias ne cessent de remettre les recettes en cocotte au goût du jour et de vanter ses qualités.Bien sûr de grands chefs comme Jean Sulpice par exemple les utilisent dans leurs restaurants. J’ai moi-même une cocotte blanche qui a 20 ans et dont je me sers quasi quotidiennement pour un oui ou pour un non … Toujours avec autant de plaisir et à m’émerveiller des résultats : elle se réinvente tous les jours !

Quand on rentre dans un magasin Le Creuset, difficile de choisir une couleur de cocotte parmi toutes .Y a-t-il un moyen pour trancher et se décider ?

Sur notre site www.lecreuset.fr un quiz d'une vingtaine de questions comme par exemple :quel est votre élément favori ? Quels sont vos aromates et épices préférés… est proposé avec comme finalité la désignation de la couleur qui correspond le mieux à votre personnalité. Cela n'exclue pas de craquer pour plusieurs coloris donc plusieurs cocottes.

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