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leboudoirdemadame

En toutes saisons à Paris : La Maison du Jardin de Philippe Marquis

5 Février 2020, 15:22pm

Publié par leboudoirdemadame

Rare de trouver un restaurant de quartier qui ne déçoive pas! Comprenez par là : qui sert de bons plats à prix sans extravagance et le tout avec une qualité de service digne d'un étoilé et où l'on puisse y aller "à la bonne franquette" ou pour une  occasion plus formelle : dîner d'affaires ou intime ! Au menu donc par le détail : La Maison du Jardin, Paris 6è.

Le lieu . Proche du Sénat, au presque début de la rue de Vaugirard, en tout cas à proximité du jardin du Luxembourg dont il emprunte le nom. Salle accorte, bien chauffée (c’est rare!) aux murs blancs décorés de photographies ( à l’honneur : les monuments de Paris)  et démultipliée en trois volumes à l’esprit salon assez cosy et en tout cas calme. Banquettes, chaises confortables et tables nappées de blanc. Au fond de la salle, un bar dont on peut penser que le soir, l'activité bat son plein  . 

La clientèle. Testée à l’heure du déjeuner, on peut dire que La Maison du Jardin se révèle par une clientèle de quartier, fidèle, saupoudrée de provinciaux en famille venus là par recommandation. Si l’on décode cela veut dire, une moyenne d’âge confirmée, une clientèle donc bourgeoise qui fidèle aux traditions de l’ancien temps en matière de restauration, apprécie la cuisine du même nom. Cela intègre quelques V.I.P comme par exemple celles en orbite dans les médias et surtout la littérature…. On taira leur nom par discrétion . 

La table. Des plats de terroir mais cuisinés sans pesanteur et qui fait la part belle et en toute équité autant aux viandes qu’aux produits de la mer. Chaque client y trouvera son bonheur ! Quelques noms de plats mijotés par Philippe Marquis, ex chef de la Ferme Sant-Simon  (et son second, Dipa ) dûment testés : Joues de boeuf  braisées, fondantes à souhait bien caramélisées ; Noix de Saint-Jacques accompagnées d’une galette au chou, jus de poularde et au démarrage :  Piquillos farcis, Terrine de canard sauvage. On peut aussi citer, la Pastilla d’agneau, la Pièce de boeuf grillée, l’ Aile de raie en pot au feu . Délicat, le soin apporté à la présentation avec moult herbes potagères, mixte de salade. 

Cerise sur le gâteau . Les desserts très variés ! A se pâmer comme ce Pain perdu de notre enfance accompagné ici d’un sorbet. Autres options : L’ île flottante, la Crème brûlée à la noisette, le Gratin de framboises ou l’Assiette tout chocolat …A noter : le service très gentil, prévenant et s’exprimant avec des mots simples, chaleureux  et non pas dans ce verbiage prétentieux  du style « bonne dégustation » !!!! 

Les formules . Dûment expliquées . Au choix . Entrée, plat et dessert 37 E. Entrée, plat ou plat, dessert : 30, 80 E . Au déjeuner : Plat et verre de vin, 27 E. Entrée-plat ou plat-dessert 23,30 E  + verre de vin ou bouteille d’eau ( 33 cl)  et café, 27, 50E ( plats à choisir sur la petite ardoise pour ensemble de la table. ).Et bien sûr, restauration à la carte . 

L’adresse. La Maison du Jardin , 27 rue de Vaugirard 75006 Paris .Tel: 01 45 48 22 31 . 

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Premier roman : Echographie du vide de Camille Bonvalet aux éditions autrement

12 Janvier 2020, 09:26am

Publié par leboudoirdemadame

 

En général, j’ai une grande répulsion pour ces romans qui donnent l’impression que l’auteur via son héroïne s’ausculte  le nombril  et décortique le pourquoi et le comment d’une vie personnelle et surtout intime . Et là pourtant grosse surprise avec Echographie du vide de Camille Bonvalet qui frappe fort dès la première page :
 
«  C’est dommage que  çà commence comme çà, mais la première chose à laquelle elle pense, là, écartelée, le sexe béant, sa culotte et son jean trop loin d’elle, c’est à son épilation. La gynécologue a dû en voir  d’autres, des touffus, des distendues, des déformés, des ébouriffés, et des acnéiques, même !
 » . 
Celle qui se parle c’est Emmanuelle, une jeune femme comme beaucoup d’autres . Elle vit en couple avec Léon ( bosse, a beaucoup d’amies et un chat ) : un parcours  sentimental qui s’annonce bien mais non fécond puisque la jeune femme a pris une décision : se faire ligaturer les trompes pour ne pas avoir d’enfants !
 
L’ entrée en matière assez crue d’ Echographie du vide ne m’a pas choquée . Elle m’a même réjouie infiniment et j’ai compris pourquoi en continuant ma lecture . Camille Bonvalet avec un regard sans complaisance sur la société , ses  injonctions ( une source jamais tarie ) à la maternité, la féminité, écrit clair, net  et juste : un langage qui parle à toutes les jeunes femmes de sa génération sans jamais tomber dans les clichés et pour revendiquer la liberté de  disposer de soi, de son corps..un thème éternel !  Ajoutez à cela un « je ne sais quoi » de très personnel dans le style qui fait d’elle un écrivain très prometteur ….
 
Camille Bonvalet signe avec Echographie du vide son premier roman . J’avoue : je  suis assez heureuse  d’être parmi l’un de ses premiers fans . Et contrairement aux quatre mois de réflexion  imposés par la loi pour que son héroïne  Emmanuelle obtienne  « l’autorisation » de  se faire ligaturer les trompes, moi  c’est tout de suite que je lui accorde  le droit de continuer d’écrire Et  au risque de déplaire...
 
Echographie du vide, Camille Bonvalet , éditions autrement ( en librairie à partir du 15 janvier 2020 )
 
 

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Chronique d'une maîtresse de maison : Cookies pour jours de pluie par Laurie Colwin

10 Janvier 2020, 14:38pm

Publié par leboudoirdemadame

A l’écriture on retrouve Laurie Colwin , écrivaine à succès ( c’est à elle que l’on doit le roman Frank et Billy : l’histoire d’un amour compliqué… ) mais aussi épouse, mère de famille .

Si vous croyez tenir là un livre de recettes axé uniquement  sur la fabrication de délicieux cookies  et bien vous vous trompez.  Il s’agit en fait surtout d’une chronique assez succulente sur les affres que subit une épouse qui cuisine,  reçoit et  que ce soit en famille, entre amis ou avec de parfaits inconnus amis d’amis très difficiles……

 Du vécu comme jamais on ne nous le raconte…. Et qui fait qu’en plus, Laurie devient comme une bonne copine qui rassure, remonte le morale et fait que l’on progresse et passe de novice en cuisine à chef en sa maison !!!!! 

Cet ouvrage culte paru il y a quelques  d’années aux Etats-Unis vient d’être édité en France . Avec le même humour et une plume  aussi légère et malicieuse que dans Frank et Billy,  Laurie  Colwin raconte toutes les catastrophes qui se jouent chez elle ou chez ses amies ( la tarte aux épinards qui prend feu, le pudding façon chapeau trop cuit…) , les pires souvenirs de dîners ratés ( disputes ou comment dégeler l’atmosphère …) les fausses bonnes idées ( la poitrine de veau farcie…), les fiestas que l’on doit organiser dans l’heure, le grill qui carbonise les steaks….

Les conseils pratiques ne sont pas oubliés comme par exemple : comment équiper sa cuisine à moindre frais, réaliser des recettes ( poulet au four à l'ail et aux pommes, pain d'épices, gâteau de patates douces..),  tirer parti de plats ou d’aliments négligés mais utiles à la santé: la soupe, notamment.

On rit beaucoup à certaines petites histoires ou aventures comme par exemple cet ami de Laurie, saucé c’est le moment de le dire par de la double crème ramené pour elle  d’Angleterre et qui  à la descente de l’avion, le pot s'étant ouvert ,l' a nappé généreusement  . Et devant le douanier .

Cookies pour jours de pluie , c’est en fait de la bonne humeur, du tonus et un rayon de soleil en plus d’un savoir culinaire acquis en lisant ce  livre avec les expériences vécues pas son auteur . La leçon ? Savoir se tirer avec élégance  et classe des pires situations.

Cookies pour jours de pluie, Laurie Colwin, éditions autrement . 

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Sur les pas d'Erik Satie avec Le gentleman de velours de Richard Skinner aux éditions Autrement

14 Décembre 2019, 15:37pm

Publié par leboudoirdemadame

Aborder une oeuvre musicale nouvelle pour soi exige je trouve de connaître son auteur. C’est mon point de vue ! Dans le cas d’Erik Satie, c’est d’autant une obligation tant est complexe et déroutant ce compositeur qui a rompu avec le classicisme .

Si on doute de cette vérité , outres ses Gymnopédies , Gnossiennes , ou « trois morceaux en forme de poires » ( nom donné par Satie en réponse à Claude Debussy, son ami qui lui reprochait amicalement que son art « souffrait d’une indigence de forme » ), on se doit de voir et écouter Relâche, une sorte d’ « interlude cinématique » , crée par lui en 1924 en collaboration avec Picabia et porté à l’écran par un jeune réalisateur du nom de René Clair . Ainsi on saisit d’emblée l’originalité au sens propre du terme d’Erik Satie

Reste ensuite à plonger avec délice dans Le Gentleman de velours , un roman biographique rédigé par Richard Skinner , qui a le mérite de nous raconter d’un ton léger, les événements marquants dans la vie d’Erik Satie, considéré à l'époque par bon nombre de ses détracteurs comme un amuseur, un mystificateur et qui on doit bien le reconnaître , ne faisait rien pour casser cette image .

D’ailleurs, un article paru dans Le Figaro à son décès rend compte de ce malentendu !Son auteur y écrit : « Ce musicien, dont l’influence sur l’évolution de la musique contemporaine française a été considérable, n’a pas toujours été bien compris ; mais, en même temps, il a fait tout tout ce qu’il a pu pour favoriser cette situation » .

Riche d’anecdotes, ce livre où Erik Satie apparaît comme un personnage de fiction ( mais tellement vivant ), se fonde bien sûr sur des sources exactes. Dans cette belle promenade narrative qu’offre Richard Skinner entre Montmartre et Arcueil où a vécu le maître aux cent parapluie et sept costumes en velours, on y croisera aussi parmi ses amis et connaissances outre Debussy : Man Ray, Brancusi, ,Marcel Duchamp, Fernand Léger, André Breton….et quelques femmes comme la comtesse de Polignac, mécène fidèle . Le gentleman de velours , un homme à histoires et qui a écrit magistralement en partie celle de la musique d’aujourd’hui .

Le gentleman de velours, Richard Skinner, éditions Autrement collection Les grands romans.

 

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Terrine de poisson aux langoustines: n'en faites pas tout un plat !

8 Décembre 2019, 10:55am

Publié par leboudoirdemadame

Souvent on se fait tout un plat de réaliser une terrine .Viande, poisson ….il faut se lancer  car c'est facile et fait faire de sacrées économies ! Après avoir bûché sur quelques recettes, j’ai réalisé la mienne en piochant par çi par là en me faisant moi même mon opinion. ( surtout pour le mode de cuisson ) 

A l’affiche cette  terrine de terrine de poisson aux langoustines. 

Ce qu’il faut pour quatre à six gourmands :

- 400 grammes de filets de merlan

- 6 chairs de langoustines fraîches

- Trois oeufs 

- 2 tranches de pain de mie extra (sans la croûte)  assouplies dans du lait 

- 5 cl de crème fleurette

- un peu d’aneth frais

-un peu d’estragon frais 

- sel, poivre 

- quelques baies roses 

Dans un robot mixer, versez les filets de merlan , la mie de pain découpée , les jaunes d’oeufs,  la crème fleurette le sel, le poivre, l’aneth ,l’estragon  . Mixez . Versez dans un plat creux et laissez  en attente . 

Montez les blancs d’oeufs en neige très ferme et incorporez-les ( avec précaution )  petit à petit dans le mélange précédent . Coupez en dés la chair des langoustines et répartissez-les  dans la préparation . 

Versez le tout dans une terrine et décorez de quelques baies roses  . Posez la terrine avec couvercle au bain-marie ( eau chaude ) sur la lèche-frite  du four et faites cuire après préchauffage 1h 20 à 200 degrés . Surveillez le niveau d' eau et rajoutez-en au besoin.

Surveillez la cuisson en glissant une lame de couteau dans la préparation qui doit se raffermir petit à petit.  .Quand elle ressort sèche c’est cuit  ! Sortez du four  la terrine  et une fois froide, mettez-la  au réfrigérateur jusqu’au lendemain au moment de servir .

Accompagnez cette terrine d’une mayonnaise enrichie d’ estragon.

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Auguste Escoffier : mille vies en une !

7 Décembre 2019, 14:17pm

Publié par leboudoirdemadame

 

Si je dis «  Auguste Escoffier », certains rattachent le mot à la  cuisine d’apparat , celle d’un passé révolu par contre pour d’autres, le mot  ne parle pas, pourtant aujourd’hui, presque chaque foyer français a dans sa cuisine du bouillon Knor que ce « roi des cuisiniers »  a mis au point avec un certain Julius Maggi. 
Si je cite cette anecdote c’est pour situer l’étendue des réalisations d’Auguste Escoffier. 
Précurseur avant l’heure lui qui rejetait l’opposition entre tradition et innovation a en visionnaire redéfini toutes les professions dépendantes de l’art culinaire. Vous direz : mais en quoi cela peut-il nous intéresser ? Tout simplement par ce que c’est l’histoire hors norme d’un homme passionné, inventif  qui a su «  épouser le progrès et avec gourmandise » comme le dit Elodie Polo Ackermann dans ce livre . Un homme rare qui tel un aventurier du goût  s’est lancé dans la vie avec passion . Une bonne leçon d’optimiste, de confiance, de réussite  ! 
 
Apprenti au  Restaurant  français de Nice où il se frotte à une clientèle internationale, russe surtout  puis traiteur à Cannes au Faisan doré dans les années 1876,  ce fils de maréchal-ferrant  ( un moment artisan serrurier, cireur de chaussures)  fait ses armes. Il apprend, regarde, enregistre …. Moins de dix ans après, il monte à Paris,  prend les rênes du Petit Moulin Rouge, un des restaurants en vogue du second Empire  où il n’est pas rare de rencontrer dans un salon privé, le prince de Gales dînant avec le républicain Gambetta !  
 
Sa notoriété culmine quand ,après avoir été chef à l’ambassade de Grande-Bretagne, César Ritz lui confie les cuisines de son palace, le premier du genre offrant des prestations inconnues jusque là. Auguste Escoffier  y définit de nouveaux codes : le service de salle, l’art de la table « plaisir des yeux », la réorganisation de la cuisine . Là où une seule personne réalise un assiette du début à la fin ,il imagine la préparation séquentielle : viande, sauce, accompagnement,   formant des « spécialistes » : sauciers, rôtisseurs…
Dans le Livre des menus, il expliquera comment avec soixante collaborateurs, on pouvait désormais servir 500 convives en moins de deux heures ! » 
 
Entre temps, en 1870, il y aura  la guerre contre la Prusse et en place à Metz, chargé de nourrir l’état-major français , il fait avec peu, recycle les restes, se souvenant de cette époque quand plus tard chef au Carlton de Londres dont les cuisines avaient été mises à sac  , il devra réaliser dans l’urgence, un service de restauration digne de ce nom. Dans le même temps, il fera découvrir les produits du terroir français : truffe du Périgord,  beurre normand et breton, truite d’Auvergne… c’est aussi lui qui invente  le menu à prix fixe, la toque de chef...
 
Truffé d’anecdotes, de recettes aussi comme celles de ses fameuses pêches Melba ou dédiée à sa grande amie, les Fraises Sarah Bernhardt, ce livre raconte aussi l’histoire de la France qui grâce à Escoffier, exportera sa culture gastronomique  partout dans le monde ( il y placera  aussi plus de deux milles cuisiniers ) .En 1910 , il rédigera même un "projet d'assistance mutuelle  pour l'extinction du paupérisme".
 
En 1920, il raccrochera sa toque ayant fait rayonner la France et  la notion de belles tables, tradition qui perdure  encore aujourd’hui !
 
A noter : la préface de Thierry Marx qui parfois s’égare dans un plaidoyer pro domo 
 
Auguste Escoffier , Elodie Polo Ackermann  avec David Brunat, éditions Flammarion .

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Cuisine : l'heure du berger !

2 Décembre 2019, 17:14pm

Publié par leboudoirdemadame

Découverte dans un très vieux livre de recettes cette idée de présentation .A savoir : 

Une macédoine de légumes ( navets, petits pois, carottes, pommes de terre ,haricots verts ) ,placée dans un plat creux , tapissée de mayonnaise avec autour des rondelles fines de tomates et pour figurer les heures  : de fines lamelles de jambon ( ou saumon fumé ) et  pour les aiguilles et le tour de la pendule : des haricots verts . A noter la rondelle d'olive verte au centre des aiguilles !!!! .Le nom de cette salade ? L'heure du berger . Une présentation qui plaira aussi aux enfants .

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Une épopée : Pour le plaisir et pour le pire, la vie tumultueuse d'Anna Gould et Boni de Castellane par Laure Hillerin .

12 Novembre 2019, 17:32pm

Publié par leboudoirdemadame

 

 
« Sérieux, assidu, passionné pour la politique », voilà, comme le notera Léon Daudet, celui qui se cache derrière l’autre Boni, vu  comme «  un homme frivole, un élégant mondain, uniquement  occupé de ses chaussettes  de soie, de ses cravates et de ses étincelants chapeaux.
 
Si je cite en introduction ce passage de « Pour le plaisir et pour le pire » qui brosse l’histoire d’un couple improbable, c’est pour d’emblée couper court encore aujourd’hui à l’image réductrice que l’on projette sur  Boni de Castellane : un aristocrate profiteur , jouisseur…la vérité est plus complexe que cela !
 
D’autre part si dans cet ouvrage nourri d’informations extraites pour la première fois d’archives familiales, je jette mon dévolu sur la trajectoire de Boni de Castellane c’est qu’il est au final un personnage attachant en plus d’ un père aimant, un ami fidèle qui ne fréquente pas « que » l’aristocratie et qui est par-dessus tout un être épris de beauté.
 
Mais revenons au début de « Pour le plaisir et pour le pire ».Ce roman vrai « comme le dit la quatrième de couverture, débute à New York dans une profusion de fleurs et de diamants .
L’on y fait connaissance avec Anna Gould, fille de Jay Gould ,un homme aux origines modestes et qui à  force de travail acharné  et il faut  bien l’avouer de « coups tordus » deviendra l’un des hommes les plus riches d’Amérique, le seul a avoir bâti sa fortune en une seule génération .
 
Anna aussi peu accorte  que son père , mal dans sa peau dirait-on aujourd’ hui,  épouse Boni  le 4 mars 1895 et comme le laisse entendre le titre du livre : plus pour le pire que pour le plaisir. Un mariage d’arrangement ? 
Cette « forteresse assiégée » qu’est Anna  apportera  à Boni de Castellane de quoi nourrir sa passion pour le beau : l’argent ! Une manne qui lui permettra  de réaliser ses rêves d’esthète : acquérir  des meubles signés, des toiles de maître dont des Gainsborough, des Van Dick, le fameux Rembrandt  à la fourrure  ( acquis, tout est relatif  pour « une bouchée de  pain ) et de  construire en 1896  dans un quartier en pleine expansion ( l ’avenue du Bois devenue plus tard l’ avenue Foch),  le fameux Palais Rose  ou « Le Grand siècle ressuscité » : un grand corps vivant de  mille mètres carrés ( cent domestiques pouvait y loger ) qui accueillera l’ors de fêtes somptueuse , la fine  fleur de l’aristocratie européenne , des têtes couronnées, l’élite intellectuelle …   
 
Très vite dans ce livre  on oublie  la peu sympathique Anna parce que le couple divorce, le conte de fées ayant tourné au désastre . Chacun son chemin ! Remariée avec Hélie, duc de Talleyrand, de Saga, Anna, restera l’ éternelle petite fille gâtée, égocentrique  qui certes a été  trompée par Boni mais qui  ne se privera  pas au moment du divorce de l’ humilier et de lui rendre la vie impossible !  
Celui-ci  fait bonne figure , lui « souverain déchu » qui tel le Phénix renaîtra de ses cendres, endossant en plus de son mandat de député  des Basses-Alpes différents métiers ( décorateur, antiquaire, journaliste) pour au moment de la guerre de 14/18  jouer avec une clairvoyance étonnante un rôle de diplomate auprès de sommités et éminences grises censées empêcher le désastre. 
 
Au fil des pages, on suit sa vie chaotique qui petit a petit se réduit à un nombre restreint d’amis , de relations comme Proust mais qui n’entame jamais son panache dont l’apothéose se concentre dans ses soirées rue de Lille où il sort le grand jeu : argenterie, porcelaine de Sèvres ; service a café en vermeil contrastant avec la modestie de sa chambre presque nue comme une cellule de moine .« C’est une oeuvre d’enthousiasme qu’une réception ; n’en donnez pas si vous n’avez pas  le soleil dans l’esprit «  a-t -il confié à une amie .
 
Malade, Boni mourra en 1932 . Le journaliste Pierre Lazareff  pour Paris-Midi  concluera son article par une phrase extraite des mémoires de Boni  « J’aurais eu du moins une consolation, celle de de ne jamais m’ennuyer  » .On ne saurait trop si bien dire !
 
Pour le plaisir et pour le pire, la vie tumultueuse d'Anna Gould et Boni de Castellane , Laure Hillerin, éditions Flammarion .

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Sur les pas d' Une paysanne russe de Léon Tolstoï

6 Novembre 2019, 15:13pm

Publié par leboudoirdemadame

 

L’approche de l’hiver est je trouve propice à certaines lectures intimistes notamment …slaves! Bonne pioche avec Une paysanne russe de Léon Tolstoï qui sort  dans une nouvelle traduction ( augmentée d'une préface explicative )  aux éditions autrement . Qu’on ne se méprenne pas, il ne s’agit pas d’un roman au sens strict du terme mais d’un témoignage ,celui d’ Anissia, une jeune  servante affranchie qui mariée de force suit son mari du fond de la Russie du XIXè siècle  . 
Retour d’abord aux origines du livre :  Tolstoï  ayant eu vent de cette vie bouleversante et bouleversée, l’a couchée sur papier .Résultat ? Un livre  édité en 1902,  paru pour la première fois en France en 1923 et  qui a même servi  pour l’apprentissage de la langue russe, un manuel qui a fait son chemin et jusqu’à moi puisque dans les années 60 mon professeur de russe me l’a mis sous le nez comme exercice ! 
Le récit  d’Anissa commence dans la province de Toula avec son mariage à la veille de l’abolition du servage par Alexandre II . Entre valse hésitation, obligation filiale, dépendance , Anissa, résignée, accepte le sort qui lui est réservé tout en ayant le sentiment confus que cette union sera faite de malheurs.
Ecrit dans un style simple, Une paysanne russe déroule le quotidien, misérable et accablé d'épreuves d ’Anissa, un des plus terribles étant la relégation en Sibérie de son mari coupable de vol de bétail, mari qu’elle suit, accompagnée de ses trois enfants avec au final, la mort de celui-ci . 
« Quand je songe à ce qu’on a enduré avec lui, en Sibérie, j’ai mon coeur qui fait des bonds. Je l’aimais parce que c’était une âme simple « dit-elle.
La force de caractère, le courage  d’Anissa, son pragmatisme éclairé, la sortiront au bout d’une dizaine d’années de cet enfer et après un voyage de retour pénible, semé encore d’embûches  elle rejoindra sa famille et se remariera pour ne pas finir misérable.
La lecture d ‘Une paysanne russe au XIXè siècle est comme une confession sur laquelle  le temps n’a pas eu prise. L’ on pourrait imaginer qu’un micro aujourd'hui  ait capté ce récit dont la sobriété est telle qu’elle le rend là aussi très contemporain . Ce qui en fait près de deux cents ans après, une lecture qui serait obligée si elle n'était d'emblée  spontanée...
 
Une paysanne russe, Léon Tolstoï, éditions autrement ( préface d'Anne Coldefy-Faucard ) 

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Bravo à La panthère des neiges de Sylvain Tesson

4 Novembre 2019, 15:47pm

Publié par leboudoirdemadame

Comme un cavalier  surgi de nulle part "La panthère des neiges " de Sylvain Tesson a remporté le prix Renaudot. Victoire amplement méritée je trouve pour cette épopée sur les hauts plateaux d'Asie à la recherche de ce félin mythique.

N'allez pas croire qu'il faille être un adepte de la vie sauvage ou de la haute randonnée par des températures frisant les moins 35 entre "désert" au sommet  et failles rocheuses pour être captivé par cet ouvrage .

Non La panthère des neiges va bien au-delà de ce qui est devenue on pourrait dire monnaie courante eu égard aux embouteillages du côté de l' Anapurna .

C'est une leçon de vie que Sylvain Tesson nous donne en nous apprenant, la patience grâce à la science  de l' "affût" "un style de vie",  guettant des heures durant l'improbable :  à savoir, la silhouette de la panthère des neiges et  en compagnie du photographe Vincent Munier chargé d'immortaliser l'apparition .

Dès la première page, l'auteur nous extirpe du quotidien et c'est comme en lévitation que l'on est transplanté au côté de l'auteur sur les pistes chaotiques jouxtant parfois le Mekong qu'il connaît bien jusqu'au Chang Tang.

On peut le deviner sans se tromper c'est à sa propre poursuite que Sylvain Tesson mène cette expédition, la panthère des neiges n'étant au fond  pour lui qu' un prétexte pour mieux régler ses comptes , s'affranchir de quelques  douleurs : familiales, privées...

On apprendra aussi ce qu'est la vie "en condition extreme "appliquée à notre quotidien lambda  : le combat pour subsister, résister , la mort et comme il l'écrit :

"vénérer ce qui se tient devant nous .Ne rien attendre. Se souvenir beaucoup. Se garder des espérances, fumées au-delà des ruines.Jouir de ce qui s'offre.Chercher les symboles et croire la poésie plus solide que le foi.Se contenter du monde.lutter pour qu'il demeure ".Un crédo, le sien qui peut être aussi le nôtre.  Dominique Larue.

La panthère des neiges , Sylvain Tesson , éditions Gallimard.

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