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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 21:44

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Doit-on lire (ou regretter d' avoir lu) "Rien ne s'oppose à la nuit" de Delphine de Vigan aussi prenant soit-il ?

Avec tout le respect que l’on doit à l’auteur, on ressent un sentiment de malaise à s’être immiscé dans ce qui est -il faut bien le dire-  une histoire de famille- que n’épargne pas les drames : maladie, folie, perte d’un enfant ,suicide avec  ultime tabou en toile de fond : la question non élucidée de l’inceste…

Ecrire est une thérapie pour beaucoup et Delphine s'y  jette à corps perdu pour  comprendre qui était sa mère : la belle Lucile, personnage hiératique, fascinant par son immatérialité et dont le mystère demeure jusque dans la mort . Une Lucile lucide avec cette fin de phrase laissée derrière elle "...je préfère mourir vivante."  

Petit à petit avec une valse hésitation, Delphine lance le fil pour que l’on puisse avec elle remonter le cours de l’histoire de Lucile : une petite fille secrète si belle ( elle fût un temps mannequin enfant ), détachée, absente de la vie jusque dans l’âge adulte hormis cette parenthèse plus douce  où la quarantaine passée ,Lucile, paumée ,suicidaire par un ultime effort reprend ses études et devient assistance sociale .

Au fil des pages, on suit Delphine dans ses hésitations à sonder la mémoire familiale (lecture de journeaux intimes, entretiens notamment avec sa sœur Marion ), ses souffrances à tenter de comprendre qui était Lucile, membre d’une fratrie de neuf enfants « managée » par des parents totalement fantasques,  imprévisibles.Si imprévisibles justement qu’au fil des pages, la bonhomie, la joie de vivre laissent la place au non dit , au doute, à la destruction . Le lecteur devient le témoin impuissant et forcément voyeur d'un drame prévisible qui bascule dans la tragédie.

« Rien ne s’oppose à la nuit » est un huis clos bouleversant qui plonge au cœur de l’intime et du secret mais ...fallait-il le révéler au grand jour et prendre le risque de trahir Lucile qui elle s’est toujours tue… "Rien ne s'oppose à la nuit " Delphine de Vigan, éditions Jean Claude Lattès.

Note

Au détour des pages Delphine de Vigan évoque l'anorexie , thème d'un précédent ouvrage" Jours sans faim".Un passage résume parfaitement cette pathologie d'où l'envie de le citer : "L'état de dénutrition anesthésie la douleur,les émotions, les sentiments et fonctionne, dans un premier temps comme une protection. L 'anorexie restrictive est une addiction qui fait croire au contrôle alors qu'elle conduit le corps à la destruction" .

 

 

 

Par leboudoirdemadame - Publié dans : livres
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Va -t-il devoir périr d'ennui ?

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