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L’intérêt pour la littérature russe amène un jour ou l’autre à s’intéresser aux compagnes des grands écrivains de ce pays. Dernière en date : Anna Dovstoïevskaïa avec
«Dostoïevski Mémoires d’une vie « ( Mercure de France ). Au contraire de Sofia Tolstoi, Anna joue
souvent la carte de l’humour pour raconter ce que fût ses quatorze ans de vie commune avec Fiedor Dostoïevski qui outre d’être le grand écrivain qu’elle
vénérait était aussi un joueur maladif ! Elle n’a que vingt ans, lui quarante cinq quand elle le rencontre , elle jeune sténographe à qui il dicte les pages des Joueurs jusqu’ à ce qu’un jour
, la séduction et la demande en mariage changent sa destinée … Dans ces mémoires rédigées d’une plume alerte avec un grand souçi du
détail, Anna raconte les bons et les (trop) mauvais jours marqués par les souçis d’argent ( constants ) et les humeurs changeantes de Dostoïevski .Sans jamais faillir,portée par son amour et son
admiration, elle demeure auprès de son grand homme qui un jour lui avouera qu’elle est « la seule femme qui l’ait compris » . Ces mémoires
éclairent aussi la personnalité de Dostoïevski qui trop souvent est dépeint comme ombrageux, diffiçile
à vivre en société alors que dans l’intimité familiale , il s’avère être un mari et un père affectueux ,attentif.Cet ouvrage comme celui de Sofia Tolstoï révèle le dévouement de ces femmes
de grands écrivains russes... ( Chapeau ! ).Anna raconte aussi son travail auprès de Dostoïevski puisqu’elle demeurera sa collaboratrice à qui il dicte, demande son avis
...Dans ces pages qui se dévorent comme celles d'un roman, on suit le couple dans leurs
voyages à Berlin, Baden Baden, Milan, Florence…leurs rencontres intellectuelles, leurs vacances à Staraïa Roussa ,le domaine familial qui les éloigne
de l'enfer du jeu ! .Une vie d'abnégation pour Anna qui à la mort de Dostoëvski, sera
uniquement consacrée à l'éducation de leurs enfants et à l’édition des œuvres posthumes de son
mari.
Oh ! la postérité voila bien notre affaire !
Si c'était elle, içi, qu'il fallait satisfaire,
Qui donc amuserait le monde d'aujourd'hui ?
Va -t-il devoir périr d'ennui ?
Un gaillard bien vivant vaut aussi quelquechose !
Celui dont la parole agréable séduit
Ne se plaindra jamais de son public morose
Mais le voudrait nombreux pour le mieux émouvoir.
Allons, soyez gentil; montrez votre pouvoir:
L'imagination avec tout son cortège,
L'Esprit, le Sentiment, la Passion...que sais-je ?
N'oubliez pas surtout qu'on veut rire ce soir !
Prélude sur le théâtre , Faust, Goethe
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