Partager l'article ! Avant première: Les Vaincus: Cet ouvrage est celui d'une tragédie:celle de la Russie après 1917 et l'avénement de la dictature bolchévique. ...
Cet ouvrage est celui d'une tragédie:celle de la Russie après 1917 et l'avénement de la dictature bolchévique. En scène ,la vie de la famille Bologovski issue
de la noblesse et autour de laquelle, gravitent les destins mêlés d'autres nobles déchûs, et aussi intellectuels,ouvriers,paysans...Tous tentent de survivre dans la nouvelle réalité politique du
pays contrôlée par le GPU (police secrète communiste ) et ses délateurs,agents provocateurs.... Les membres de la famille Bologovski occupent le centre du roman : Assia, jeune fille idéaliste qui
épouse Oleg Dachkov, ancien officier de la garde installé sous un faux nom à la Leningrad pour échapper à la répression.Il y aussi aussi Natalia Pavlona Bologovskaïa, veuve d'un général de la
suite du tsar ,grand mère d'Assia et en marge de cette famille , Elizaveta,infirmière qui est un peu la narratrice de ce roman puisqu'une des rares à survivre... Roman dont l'intérêt et
l'originalité réside par son auteur : Irina Golovkina, petite fille du compositeur Nikolaï Rimski-Korsakov et témoin qui survécut aux années de répression massive . Son petit fils qui
signe la postface, explique que sa grand mère répétait sans cesse que dans ce roman "'il n'y avait pas un seul fait inventé,même le plus infime ou le plus insignifiant .Tout ,jusqu'au moindre
détails avait réellement eu lieu".Certains personnages notamment celui d' Elizaveta est inspiré par la propre cousine d' Irina.
La portée historique des Vaincus est magistrale, c'est ce qui en fait sa valeur : un témoignage doté de nombreuses notes et références irréfutables .Les exactions
et autres "débordements " de la terreur Stalinienne ,notament celles de la GPU sont distillées jour après jour dans le quotidien de cette famille Bogolovski . Elles planent comme un personnage
invisible mais omniprésente jusqu'à ce qu'elles frappent....Ainsi, on vit la peur, l'effroi ,l'attente de l'horreur : la déportation, les camps, la famine, la déchéance, l'abnégation soutenue par
la foi et ,enfin la mort.Les Vaincus est donc aussi une fresque historique dont la genèse remonte aux années 1960. Diffusé en samizdat ( sous le manteau)
Irina Golovkina réussit en 1973 a mettre un exemplaire à l'abri à la Bibliothèque nationale pour une publication après sa mort.Paru pour la première fois en 1992 dans la revue Le
Contemporain,puis imprimé dans une version abrégée, le livre sort en 1993 où depuis il a été réimprimé à plusieures reprises en Russie avec toujours le même succès . Dans cette
édition française ,le lecteur découvre pour la première fois le texte original.Les vaincus ,Irina Golovkina, traduit du russe par Xénia Yagello, éditions des Syrtes (sortie le 22 août ).DLK
Morceau choisi:"Par ce carillon, c'était comme si la Russie s'était mise à me parler,c'était comme le gémissement de la terre natale,et la dernière bande de lumière vive du coucher de soleil,comme son sang...j'avais envie à la fois de pleurer et de prier ! La Russie avait connu tant de chagrin et ce chagrin ne s'apaisait pas,ne passait pas...Je me souviens,il faisait de plus en plus noir dans le ciel et dans le champ,et moi,j'étais là debout et je ne partais pas.Peut être que j'étais influencée par le Kitej de Rimski-Korsakov,c'est pourquoi j'ai pu ainsi ressentir justement le carillon,mais je suis restée longtemps après sous l'emprise de ce moment...De nos jours,les cloches sont interdites partout" .
Oh ! la postérité voila bien notre affaire !
Si c'était elle, içi, qu'il fallait satisfaire,
Qui donc amuserait le monde d'aujourd'hui ?
Va -t-il devoir périr d'ennui ?
Un gaillard bien vivant vaut aussi quelquechose !
Celui dont la parole agréable séduit
Ne se plaindra jamais de son public morose
Mais le voudrait nombreux pour le mieux émouvoir.
Allons, soyez gentil; montrez votre pouvoir:
L'imagination avec tout son cortège,
L'Esprit, le Sentiment, la Passion...que sais-je ?
N'oubliez pas surtout qu'on veut rire ce soir !
Prélude sur le théâtre , Faust, Goethe
Derniers Commentaires