Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
leboudoirdemadame

So british et intemporel : La poursuite de l'amour de Nancy Mitford

18 Avril 2019, 10:38am

Publié par leboudoirdemadame

A lire d'une traite...

« Je suis normal, ma femme est normale, mais mes filles sont toutes plus folles les unes que les autres » . Ainsi s’exprimait David Ogilvy Freeman-Mitford, 2è baron Redesdale, le père des « soeurs Mitford « qui dans leur genre ont chacune fait parler d’elles ! 
Si je commence cette chronique par cette citation, c’est pour situer le contexte social dans lequel Nancy, l’aînée a « ancré » « La poursuite de l’amour » sorti en 1945 et qui lui a valu un succès littéraire sans précédent avec plus d’un million d’exemplaires vendus !

Cette aristocratie British n’a jamais été à l’époque et entre les deux guerres, aussi bien dépeinte et "épinglée" que par cette « soeur Mitford » passionnée d’écriture . 
Sous sa plume, caustique, alerte et très resserrée ( d’où une lecture fluide, vivante qui m'évoque celle de Stefan Zweig ), Nancy met en scène Linda, un peu de son double, elle qui eût une vie sentimentale triste et ratée et dont " elle ne soufflait mot par bonne éducation, par crâneriez, parce qu’elle se jugeait avec autant d’humour et d’ironie qu’elle jugeait le monde" comme l’écrit Marcel Schneider dans la préface.

A l’approche de la guerre de 39/45, le lecteur met donc ses pas dans ceux d'une famille  excentrique, et avec deux personnages principaux : Linda, évoquée plus haut ,une jeune femme  fantasque , incorrigible rêveuse et inconséquente et plus posée, la prudente Fanny, la narratrice autour desquelles, tante, père ,beau-frère, mère, oncle, relations ...gravitent avec chacun une personnalité haute en couleur. Tout ce petit monde séjournant dans la demeure familiale des Radlett à Alconleigh dans la campagne d'Oxfordshire. 

Fanny et Linda, toutes deux « désireuses de conquérir leur destin, aspirent à l’amour comme elles s’éprendraient d’un rêve ". S'en suit la confrontation avec la réalité...

Au delà du récit « de famille » ,irrésistible, Nancy Mitford, dépeint un thème éternel et révèle aussi des sujets tabous sur la société en général , de l’Europe entre deux guerres et en temps de guerre aussi . Bref un livre dont on comprend le succès à l’époque et qui n’a pas pris une ride par certains côtés….

Dans le genre shocking citons aussi toujours de Nacy Mitford, "Charivari" qui causa aussi à sa publication une brouille familiale.Et plus calme : L'amour dans un climat froid.

La poursuite de l'amour , Nancy Mitford, éditions 10/18

Voir les commentaires

Un document : Françoise Dolto veuve de guerre à sept ans aux éditions Gallimard

13 Avril 2019, 12:33pm

Publié par leboudoirdemadame

francoisedolto psychanalyse enfance maltraitance
la grande guerre vue et vécue par une enfant ...

 Pourquoi devrait-on s’intéresser à cet ouvrage sur Françoise Dolto si l’on n'est pas concerné directement par la psychanalyse enfantine ? La question est posée et qui franchit le pas en le lisant a ... la réponse. 

Posons déjà le « décor » : la guerre de 1914-1918. Un petite fille, Françoise Marette grandit à Paris dans une famille bourgeoise et  catholique emprunte de codes sociaux auxquels les enfants doivent se plier. La petite Françoise est parmi toute la fratrie, la plus curieuse, la plus lucide et la plus responsable de ses actes devant Dieu et les hommes.  
Le personnage central de son existence est son oncle Pierre, soldat au front dont elle est la marraine de guerre .
Grosse responsabilité dont Françoise s’acquitte avec entre eux, une correspondance qui révèle une relation privilégiée. La petite fille se vit comme sa « fiancée ». N'écrit-elle pas:
 « j’ai choisi une maison pour toi et moi, et nos quatre enfants » . 
Correspondance qui révèle aussi la peur que Françoise a pour la vie de son oncle et l' incompréhension face à cette guerre. 
Des questions sans réponses qui le 6 juillet 1916 atteignent leur paroxysme: l’oncle Pierre est mortellement blessé au Sphinx de la Tête des Faux, dans les Vosges .
Françoise est anéantie et reste isolée face à ce deuil d’autant que comme le soulignent les auteurs, ce souvenir est réactivé par les adultes, notamment  par sa grand mère maternelle qui lui donne une tournure presque mystique...
Tout ce contexte de guerre, de mystère, de silence, d’interrogation, d’expériences personnelles  et d'impuissance ont fourni à Françoise Marette un « terreau » dont on peut penser légitimement qu’il a inspiré sa destinée professionnelle. « Je ne serais jamais devenue psychanalyste sans ce drame familial » confie-t-elle d'ailleurs  dans Traversée du siècle. 
Françoise Dolto veuve de guerre à sept ans, raconte ce cheminement psychologique qui rend compte de l’ expérience de guerre vue du point de vue d’ un enfant.
Un point de vue intime. Un témoignage qui a une valeur universelle et intemporelle et justifie pleinement la lecture de ce récit nourri par  la compréhension que cette grande psychanalyste a eu du monde de l'enfance . 
A noter, la riche iconographie notamment celle de documents personnels fournis par Catherine Dolto, la fille de Françoise .DL
 
1914-1918 Françoise Dolto veuve de guerre à sept ans par Manon Pignot et Yann Potin, Hors série  Connaissance, éditions Gallimard 

Voir les commentaires

Clic-Clac

13 Avril 2019, 12:32pm

Publié par leboudoirdemadame

telle une dentelle...

 

Voir les commentaires