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leboudoirdemadame

Un Interview d'Irène Frain à propos de nouvel ouvrage : La fille à histoires ( éditions du Seuil )

26 Octobre 2017, 07:32am

Publié par leboudoirdemadame

Irène Frain  et la fille à histoires son nouvel ouvrage aux éditions du Seuil

Connaît-on vraiment ou plus modestement, soupçonne-t- on les déchirures affectives des êtres ou personnes qui nous entourent et que nous aimons ou apprécions ? Irène Frain que ses fidèles lecteurs suivent de roman en roman depuis Le Nabab  leur met cette fois ci "en main" un peu de l'histoire de sa vie  avec son nouvel ouvrage "La fille à histoires " sorti aux éditions du Seuil. Un peu de sa vie mais un peu qui a pesé lourd  puisque l'auteur lève le voile sur un pan douloureux de son enfance et de sa jeunesse : le désamour maternel. Un secret révélé pour une fille sans histoire mais à histoires  ! Rencontre avec Irène Frain .

Pourquoi avoir  attendu tant d’années pour écrire "La Fille à histoires" et ainsi révéler cette privation d’amour maternel ? 

Je ne voulais pas que ma mère soit accablée par ce que j’écrirais sur elle. Il fallait donc attendre qu’elle ne soit plus de ce monde.  Mon père, à qui je dois d’avoir survécu à ce manque d’amour, est mort six mois après elle. Cela s’est passé il y a onze ans. Le temps pour moi de parvenir à prendre du recul face à cette double, et rapide disparition.

Mais il y a eu un troisième événement. Mon père m’avait remis ses archives avant de mourir, la fameuse valise noire dont je parle au début du livre. Depuis toujours, je savais qu’elle recelait des secrets, des révélations déstabilisantes et cependant essentielles. J’avais longtemps tournicoté autour d’elle durant mon enfance et mon adolescence, quand elle était entreposée au grenier. Mais sans jamais oser l’ouvrir. C’était un objet tabou. Du coup, après la mort de mon père, il a fallu sept ans avant que je l’explore, et la survenue d’un incident violent dans ma vie. Ce fut le déclic, celui qui a donné naissance à mon livre «  Sorti de rien » , un texte consacré à l’extraordinaire destin de mon père. Grâce à ses carnets et  une lettre écrite bien avant ma naissance, j’ai alors saisi une partie du secret de famille qui s’attachait à moi. Mais une partie seulement. Il a fallu un autre déclic, deux ans plus tard, pour que je trouve la force d’affronter le reste de la vérité. Ce déclic fut une maladie rare, heureusement curable, qui m’a soudain révélé une fragilité physique ignorée. Ca m’a secouée et  je me suis dit: «  Explore tout, va jusqu’au bout de ce secret, même si ça te coûte. C’est maintenant ou jamais. 

 

Est-ce que Le Nabab, votre premier roman  qui se passe aux Indes ( plus 1,6 million d’exemplaires vendus ) a t-il été le plus sûr moyen de fuir cette « situation »  douloureuse ? 

L’écriture et l’imaginaire, en effet, furent le plus sûr moyen de fuir ce manque d’amour dont j’étais de plus en plus consciente pendant mon enfance et mon adolescence. Mais ils m'ont aussi structurée. A ceci près que j’ai eu de la chance, pour cette résilience! Mon père était très attentif, et très attaché à moi. En partie parce qu’il avait perçu l’hostilité de ma mère et qu’il voulait m’en protéger . Quand j’ai présenté des troubles, vers l’âge de cinq-six ans, fait des cauchemars, déclenché des maladies sans cause physique, etc, il a contraint ma mère à me conduire chez un pédiatre qui avait une solide expertise en psychologie infantile. 

Pour un homme comme mon père, un sorti de rien, autodidacte, assez démuni, et compte-tenu de l’époque et du lieu, les années 50 en Bretagne, ce fut une démarche tout à fait extraordinaire! Il a su faire le bon geste au bon moment. Avec l’aide de ce médecin, très rapidement, il m’a sauvée. 

Quant au Nabab, ce n’est pas son succès matériel qui a pansé mes plaies. Je n’ai pas considéré  que cette réussite allait tout arranger entre ma mère et moi: le manque d’amour est un puits sans fond. Et de fait, l’hostilité de ma mère et de ma famille s’est alors aggravé. Seul mon père a refusé de prendre part à cette curée ( on voulait m’interdire d’écrire, j’étais devenue le bouc émissaire de toutes les difficultés et échecs des uns et des autres.. ). La plupart du temps, du reste, ces agressions survenaient à son insu. 

Cependant, je pense que j’ai inconsciemment écrit Le Nabab pour conquérir l’amour de ma mère…D’où le souffle qui anime ce livre,  à présent un classique. Il se vend toujours, il n’a pas pris une ride. 

Il doit sa force, je pense, dans cette volonté éperdue d’atteindre ma mère. 

Et ce n’est pas un hasard. Le seul moment de fusion heureuse que nous ayons connu, elle et moi, durant mon enfance, est un après-midi où elle m’avait emmenée dans une exposition qui l’intriguait, sur la Compagnie des Indes — ma ville natale a été fondée au XVII ème siècle pour cette prestigieuse compagnie  de navigation et de commerce. C’est ainsi que, pour la première fois de ma vie, j’ai entendu parler de l’Inde et de la Chine. 

Je raconte cet épisode dans "La Fille à histoires", car il a déterminé toute ma vie.  Non seulement mon attrait pour l’Orient, mais aussi ma passion pour ses cultures, ses sagesses, son imaginaire.  Je raconte dans «  La Fille à histoires » ce moment unique  et  fondateur. Il m’a « orientée », dans tous les sens du terme. Ce jour-là, ma mère devint, à son insu, la mère de mes histoires.  Le paradoxe, c’est qu’avec Le Nabab, elle s’est sentie fière d’être ma mère, mais ne m’a pas davantage aimée. Bien au contraire puisqu’ensuite, elle a voulu m’interdire d’écrire.

 

Cette  privation d’amour vous a t elle  fortifiée  pour faire face à certains  coups du sort dont la vie ne nous prive pas ? Vous a t-elle blindée ou au contraire exposée davantage ?

Oui, elle a fait de moi quelqu’un qui sait traverser les épreuves. Mais comme je suis hypersensible, cela ne se fait pas sans mal. J’ajouterai un autre bémol: je suis souvent tombée sur les bonnes personnes au moment des épreuves. J’ai eu beaucoup de chance. Enfin la résilience ne se décrète pas. Il faut y mettre du sien. Vouloir à tout prix en sortir. Avoir de la vitalité et accepter de se faire aider quand ça ne va pas. L’ego est généralement un mauvais conseiller! 

 

Vous avez dit, un jour : « un livre peut transformer une vie » . Aujourd’hui avec "La fille à histoires ", cette phrase  s’applique t- elle à vous ?

Oui, absolument. "Alice au Pays des Merveilles", par exemple, découverte à huit ans, m’a confortée dans mon éblouissement face aux pouvoirs de l’imaginaire. Je me suis demandée: et si ce que j' imagine était plus vrai que le vrai? Je me suis aussi complètement identifiée à Alice. Comme elle, j’avais l’impression d'être égarée dans un univers injuste et sans queue ni tête. Cette identification m’a m’a considérablement aidée à me calfeutrer dans mon monde intérieur, et, ainsi bien mise à l’abri, à m’accommoder de  ma place marginale dans la famille. 

Puis, vers dix ans, j’ai découvert «  L’Odyssée" d’Homère. Là, je me suis mise à rêver du monde du dehors. C’était l’évasion au sens le plus fort du terme. Lui aussi, Ulysse, il luttait contre l’adversité et finissait par s’en sortir! Ses aventures m’ont d’autant plus fascinée que je vivais en Bretagne, tout au bord de la mer. Je connaissais bien les vents, les tempêtes, les bateaux…Et comme lui, je rêvais d’une île où je trouverais enfin paix et bonheur! 

 

Reste t-on toute sa vie une petite fille en manque d’amour maternel ? Seriez-vous devenue professeur de lettres, écrivain, journaliste …sans ce traumatisme ? 

Avec mes livres, et notamment «  La fille à histoires », j’ai réussi à faire de cette difficulté première ce que Boris Cyrulnik appelle un «  merveilleux malheur »!

L’écriture de ce livre, et son succès auprès des lecteurs, ont supprimé le terrible pincement au cœur que j’avais lorsqu’une de mes amies évoquait des gestes d’une mère aimante et l’immense sécurité qu’un tel amour avait pu leur donner. Donc oui, ce traumatisme a nourri ma soif d’autre chose, ma curiosité, ma vitalité. Mais encore une fois, j’ai eu beaucoup de chance. Ou alors, j’ai su la saisir, cette chance . Je savais que je n’avais pas droit à l’erreur. 

Enfin, comme l’a dit un jour le Dalaï-lama: «  Ton ennemi est ton meilleur professeur »…

 

On connaît votre amour des parfums. En clin d’oeil cette question : si vous deviez  en composer un qui restituerait cet «  anamour » que sentirait-il? Quels ingrédients choisiriez-vous pour le composer ?

Cette question est très pertinente. Pour oublier le manque d’affection que je ressentais si fort durant mon enfance, il m’arrivait souvent de descendre au jardin pour respirer mes fleurs préférées. Ainsi, je me suis grisée du parfum des œillets des poètes. Ou de l’odeur des jacinthe et des lys, selon la saison. En revanche,  l’odeur des chrysanthèmes et des asters, en automne, m’évoquait l’abandon, l’ « anamour » dont vous parlez. Je préfèrerais donc cent fois un parfum qui soit composé à base des essences qui me ravissaient. A supposer que ce soit possible techniquement! Propos recueillis par Dominique Larue

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Livre de cuisine : Renouveler ses menus avec Autriche Les Grandes Traditions Culinaires

24 Octobre 2017, 07:49am

Publié par leboudoirdemadame

Précieux : Autriche Les  Grandes Traditions Culinaires par Adelheid Beyreder, photos des recettes Michael Brauner, éditions Time-Life

Et si l'on empruntait à d’autres pays d’Europe que le nôtre « SA » cuisine ? Bonne pioche avec réconfortante en hiver,  Autriche dans la collection Les grandes traditions culinaires Time- Life Editions. 

Ce qui est séduisant dans cet ouvrage, c’est qu’il offre des "bases" de recettes communes à tous les pays d’ Europe. Seul souvent un détail ou presque, renouvèle le plat.

Le meilleur exemple ? La célèbre version autrichienne du pot au feu français . Baptisé Wiener Tafelspitz, ce plat emblématique du pays, renouvèle la notion de boeuf bouilli  car les ingrédients "qui changent tout" sont faciles à trouver. Dans ce cas précis,c'est un choix d' herbes fines ...
Autriche,Les grandes traditions culinaires, répertorie une centaine de recettes que l’on connaît peu en France comme les Noques aux oeufs, les boulettes de veau à la purée, les  asperges à la chapelure dorée, les spätzles au fromage, la  goulache ….et le fameux cortège de pâtisseries : Kouglof Impérial, Sachertorte, sablés d’ Ischl ,Tarte de Linz….

Cet ouvrage, agréablement illustré, n'est pas seulement un livre de recettes mais également une leçon d’histoire gastronomique avec les pages  qui évoquent les caractéristiques culinaires de chaque région d'Autriche : Carinthie, Tyrol, Burgenland, Styrie, Voralberg….L’Autriche, une excellente cuisine et un sacré  art de vivre.

A noter, Autriche Les grandes traditions culinaires par Adelheid Beyreder est un ouvrage ancien donc rare .Vous le trouverez  surtout en occasion sur… Amazon. 

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Restaurant : La fête des papilles chez Flo à Lorgues, Var

22 Octobre 2017, 08:43am

Publié par leboudoirdemadame

une bonne adresse à Lorgues, Var: Chez Flo

L’ Accueil . La patronne seule en salle vous reçoit avec simplicité et sourire .Dès la porte passée, on se sent d’ailleurs comme « à la maison » dans une ambiance chaleureuse voire intimiste. Lampes en céramique diffusant une lumière douce, flatteuse, petite tables en bois foncé, sièges confortables et en guise de décoration murale : une grande « bibliothèque » à vin où s’alignent les crus qui font la réputation du vignoble Français : Côte Rotie, Pauillac, Pommard, Margaux, Aloxe Corton ..et champagne comme Le Roederer.

La Table .En reprenant ce qui était avant le restaurant Chez Vincent ( un ancien du @restaurantchezbruno) Chez Flo mettait la barre assez haute : la cuisine qui y était servie était excellente. Et bien, Chez Flo perpétue ce qui faisait la réputation de la maison à savoir : la qualité des mets et des portions généreuses.

Plusieurs propositions sont faites aux gourmands : formule du midi (16 E) avec entrée/plat ou plat/dessert comme par exemple un velouté de Butternut /gigot d’agneau et gratin Dauphinois/ Pommes au four à la cannelle . Et le soir, formule à la carte avec une part belle faite aux poissons :blanquette de lotte servie avec des tagliatelles (25 E) ou sole Meunière (27 E) .

Au choix également : la formule soir à 35 E qui est très originale car puisée dans le terroir Français .Une sorte de tour de France où s’invite la cuisine des régions au fil des mois avec en octobre, le thème France Nord Ouest d’où le menu Normandie/Bretagne avec : velouté de Parmentier et espuma de lard, râble de lapin ou boudin aux pommes .En dessert : Crêpe Suzette ou fard breton.

Notre avis. Les gourmands qui ont testé le menu du soir à 35 E ne peuvent que féliciter le chef.Tout était parfait. Chez Flo sait prendre des risques dans la proposition de son menu terroir du soir et ajoute une qualité à son restaurant : l’éducation des papilles de ses convives ! Pas mal de bistrots restaurants, il est bon de le souligner, ont délaissé sous l'influence de la cuisine dite nouvelle, la cuisine traditionnelle ,disons le mot bourgeoise ! Il est enfin temps de la remettre en avant . Bref on ne peut qu'applaudir à cette remise en avant des bons plats anciens de France.

Les + et les - : bravo pour l’initiative "achat des vins" servis en salle et que l’ on a tout à loisir de contempler pendant le repas. Re partirons nous avec un Saint Esthephe ou un Pommard ? A moins que ce soit avec le cru intitulé Chemin de Moscou... tout un programme ! Des questions, des interrogations qui pendant le repas font patienter car c’est là ou arrive le point faible, le seul : le temps d’attente entre deux plats un peu long…

Chez Flo, 7 avenue Allongue, 83510 Lorgues.Tel: 04 94 67 63 80. Page Facebook: #chez.flo.lorgues

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Le 31 octobre à New York vente aux enchères Christie's sur le thème de l'Art Européen du 19è Siècle

21 Octobre 2017, 14:03pm

Publié par leboudoirdemadame

Henriette Chabot au piano, Jacques-Emile Blanche

Calendrier : le 31 octobre à New York vente aux enchères Christie’s sur le thème de l’ Art Européen du 19è siècle .

De nombreux artistes français de l’époque ont peints de somptueux intérieurs « soulignés » par la personnalité emblématique de leurs occupants . Ainsi, le peintre Jacques-Emile Blanche (1861-1942 ) ,féru de mode a représenté avec un soin particulier les toilettes de ces dames de l’ époque . Parmi celles-ci, en 1884, Henriette Chabot ( qui a également posée pour Edouard Manet ) en élégante robe en mousseline blanche, brodée entre autre de motifs géométriques en noir et blanc. Une tenue représentative . On pourra trouver à cette toile, un petit air de connivence avec Lady Mary et Lady Sybill de Downton Abbey et l’ on aura pas tort …Une famille que l’on retrouvera d’ailleurs au cinéma puisqu’un tournage est programmé dès l’année prochaine.

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Dès cette semaine : Cézanne At Home au musée Granet d'Aix en Provence

17 Octobre 2017, 08:25am

Publié par leboudoirdemadame

Dès cette semaine nouvelle exposition au #MuseeGranet d'Aix en Provence :Cézanne at home :des #tableaux, des #gravures, des #aquarelles .... grâce à la donation Meyer et au dépôt de la fondationJean et Suzanne Planque .#Meyer , #fondationjeanetsuzanneplanque .Photo dl

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Clic Clac

17 Octobre 2017, 08:21am

Publié par leboudoirdemadame

que la lumière soit ....(photo Dominique Larue )

 

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Lire ou ne pas lire ? Cox ou la course du temps de Christoph Ransmayr

17 Octobre 2017, 08:07am

Publié par leboudoirdemadame

"Comme le temps passe,disait, oui, l'empereur au fil de son discours....Cox ou la course du temps, #christophransmayr éditions #AlbinMichel

Peu d’écrivains contemporains possèdent la capacité à situer leurs thèmes de romans au-dessus des nuages. Christoph Ransmayr, auteur autrichien qui s’est imposé comme un écrivain majeur dès la sortie de son premier ouvrages Les  Effrois de la glace et des ténèbres, réitère l’exercice avec Cox ou la course du temps édité récemment chez Albin Michel. 

Grand voyageur, il transporte cette fois le lecteur dans la Chine du XVIIIè siècle à la cour de l’empereur Quianlong dont le passe temps favori jusqu’à l’obsession est la marche du temps . 

Il fait appel pour cela à un horloger Anglais : Cox et le charge d’imaginer et de créer des systèmes horlogers capables de manipuler ce temps voire de le suspendre et de l’arrêter ! Un voeu qui entraîne Cox et ses acolytes dans une aventure dont aucun des personnages ne sortira indemne comme le lecteur ! 

Christoph Ransmayr le fait voyager dans un espace temporel déconnecté de la réalité crue et ce pour mieux nous entraîner dans une vision et interprétation poétique du monde où le choc des civilisations entre Orient et occident ajoute une part de merveilleux . Disons pour employer une image apte à nous faire redescendre sur terre que lire Cox ou la course du temps ,c’est se prendre un grand verre de Cognac pour se désinfecter des miasmes de notre époque . Cox ou La course du temps, Christoph Ransmayr, éditions Albin Michel. DL

Extrait ." C'est qu'à Jehol aussi, loin de se contenter de suivre la course du temps en observant simplement les processus naturels tels que l'épanouissement et le flétrissement des fleurs, l'alternance de la lumière, du crépuscule et de l'obscurité ou la longueur des ombres, l'empereur voulait avoir auprès de lui ses chères horloges dont les mélodies, les légers bruits mécaniques et les tintements lui permettaient non seulement de voir mais d'entendre le temps.

Depuis que l'horloge céleste était arrivée dans la Ville interdite, en provenance de Manchester, il ne s'était pas écoulé un seul été sans qu'elle eût été acheminée jusqu'à Jehol et rapatriée à Beijing à la fin de la saison dans un palenquin spécialement fabriqué à cet effet et porté par trente hommes."

@editionsAlbinMichel  #Christophransmayr 

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La magie d'un vignoble : Château Fontainebleau dans la Provence Verte

13 Octobre 2017, 12:58pm

Publié par leboudoirdemadame

Château Fontainebleau, Le Val, Var

Tous ceux qui en France lorgnent sur le sud pour y acquérir un bien, ignorent qu’il y a sud et sud …En ce qui concerne le sud est, les nouveaux territoires à conquérir ne sont pas du côté de Gordes, Saint Rémy de Provence et encore moins la côte d’azur mais dans ce que l’on nomme aujourd’hui  le centre et le haut Var. 

Récemment le producteur et réalisateur George Lucas ne s’y est pas trompé puisqu’au printemps dernier, il a acquis à Châteauvert une propriété vinicole : Château Margüi. Avec quelques années d’avance, certains amoureux de cette Provence dite verte l’ont devancé. En 2008, c’est le couple Angelina Jolie-Brad Pitt qui achète Château Miraval et en 2009,Jean Louis Bouchard, Château Fontainebleau au Val à une portée de vignes de Brignoles ! Ce domaine entre forêts, rivières, collines est, une fois remanié, valorisé, devenu l’exemple parfait de ce que la Provence Verte puisse offrir de mieux : l’authenticité ! D'ailleurs dès l'accueil ,une collection de matériel ancien :pressoirs, fûts..le souligne.

Ouvert au public,Château Fontainebleau tel un parcours d’initiation au bien être et promesse de détente, permet des ballades bucoliques entre vignes, champ d’oliviers, cascade avec un stop devant l’une des dix huit fontaines du domaine, fontaines qui lui ont donné son nom. Si l’on aperçoit des chevaux, de solides Franc-Comtois, rien d’étonnant car sous la houlette de Bilitis, maître cocher, ils permettent des promenades en calèche. On le voit, loin des manifestations culturelles souvent improbables ou pas mal de domaines vinicoles s’égarent, Château Fontainebleau se distingue avec panache car avec simplicité.

L’automne est une saison idéale pour s’y rendre.Disposé en partie en amphithéâtre,Château Fontainebleau offre un spectacle à ciel ouvert où  l’or, le pourpre, le roux et le brun des arbres rivalisent de magie ! 

Dans ce domaine, les rencontres ne manquent pas et au détour d’un chemin, en haut d’une restanque, au bord de l’eau à  la cascade du Grand Baou … toute une faune domestique ajoute encore de la vie au lieu. Là comme on l’a dit, des chevaux mais aussi, de sympathiques vaches savourant leur pitance; ailleurs, broutant en famille, des moutons et piaffant à votre arrivée, une tribu d’oies majestueuses .Ne manquent que les lapins, et poules que l’on finit pas découvrir. 

La partie vinicole, présente sur trente hectares et répartie en petites parcelles ( grenache, cabernet sauvignon, ugni blanc, vermentino...) vendangées à la main et en cagettes , a la particularité d’être riche en « pélites rouges »,une terre riche en arôme procurant au vin une complexité et un caractère unique.Ce point fort réussit parfaitement à la production de crus à la robe  rouge ( 4O% environ de la production) le reste étant réparti entre le blanc et le rosé .Une vinification sous le contrôle de Valérie Courrèges, l’oenologue du domaine.

Presque tout en haut de Château Fontainebleau, posée sur une colline, une chapelle entourée de sauge et de rosiers .Reconstruite à l’ancienne, elle  laisse

 supposer avec raison qu’ un village il y a bien longtemps existait ici même.Tout un monde, un état d’esprit, un art de vivre  et un savoir faire que Jean Louis Bouchard s’applique à faire vivre et transmettre .Dominique Larue 

Renseignements pratiques.Château Fontainebleau Route de Monfort sur Argens 83143 Le Val. Tel: 04 94 59 59 09 .Promenade en calèche :11E les 30 minutes, 15 E l'heure. Visite des chais:  9 E par personne / 7 E pour les moins de 15 ans. initiation à la dégustation :7 E. Bistronomie autour de produits locaux. Site web: chateaufontainebleauduvar.com

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Rencontre mystère avec Louise Vianey et son nouveau roman: Looking for Alice aux éditions France Loisirs

4 Octobre 2017, 09:44am

Publié par leboudoirdemadame

#Lookingforalice de #louisevianey aux #editionsfrancempire

Une valise oubliée vendue aux enchères . C’est l’intrigue du tout dernier roman de Louise Vianey : Looking For Alice sorti aux éditions France Loisirs. Si 12 % des Français rêvent d'écrire, Louise elle, a concrétisé son rêve ! Déjà publiée pour d'autres romans, des témoignages aussi, l’ auteur reste discrète ( Louise Vianey est un pseudo ). « J'aime l'idée de ne pas me mettre en avant, de m'effacer derrière les mots » . Dont acte avec cette valise mystère et cette rencontre qui la révèle un peu !

 
Le point de départ de votre roman avec cette idée de valise rouge oubliée puis vendue aux enchères est très intrigant. Comment vous est venu l’idée ? 
Lorsque j’ai entendu parler de ventes aux enchères organisées par les compagnies aériennes – Lufthansa, British Airways - pour vendre les valises dont elles n’avaient pas retrouvé les propriétaires, mon imagination de romancière s’est immédiatement emballée. Acheter une valise sans connaître son contenu, je rêverais de tenter l’expérience ! Même si dans la réalité nous avons malheureusement peu de chances de trouver une rivière de diamants ou une tête coupée, les bagages étant au préalable  contrôlés… Mais qui sait, il suffit d’une valise mal fouillée, non ?
 
Et vous, que glisseriez-vous dans votre bagage en supposant que vous puissiez l’oublier exprès? Un peu comme quand on part sans laisser d’adresse...
Que veut-on abandonner derrière soi, que veut-on faire découvrir de soi aux autres  ? Vaste question… Il est vrai que c’est également une drôle de façon de procéder, semer derrière soi ses secrets en laissant aux autres le soin d’en faire ce qu’ils veulent… A mon avis, tout dépend en réalité de la personne susceptible de trouver ce bagage. S’il s’agit d’une personne connue, je pourrais imaginer un jeu de pistes qui pourrait mener à des lieux que j’aime. Si je devais en revanche abandonner une valise sans savoir qui la trouve, comme une bouteille à la mer, je la remplirais de livres que j’ai lus. Pas forcément mes préférés, n’importe lesquels, j’adore l’idée par exemple des boites à livres qui permettent aux romans de passer de mains en mains. Il m’est d’ailleurs arrivé d’abandonner un roman sur un banc du métro, juste pour le plaisir d’imaginer un autre lecteur se plonger dans l’histoire que je viens de quitter. 
 
Margot dans Poisons, Marion dans Une mariée de trop et maintenant Sarah dans Looking for Alice… Des héroïnes qui naviguent entre le moyen âge et notre siècle : un grand écart historique qui me fait dire que vous aimez remonter le temps. Y trouvez-vous matière à nostalgie ?
A nostalgie, non, mais une chose est certaine, si une machine à remonter le temps était inventée demain, le XIV ème siècle serait ma première destination ! Cette période est si riche en fantasmes, en contradictions, bien malin qui comprend aujourd’hui réellement l’état d’esprit de l’époque… J’imagine un étonnant mélange de violence et de respect, de dureté et d‘altruisme, de brutalité et de finesse, et j’adorerais me confronter à la réalité pour voir où l’on se trompe. Parce que l’on se trompe, naturellement, en interprétant les données historiques avec notre esprit contemporain…
 
On vous dit passionnée par les faits divers. Est-ce à dire que pour écrire un roman, l’imagination est moins féconde que la réalité ?
Bien au contraire ! Je ne suis pas certaine qu’il soit plus facile de s’inspirer de faits réels, en tout cas ce n’est pas mon cas. D’ailleurs, certains auteurs qui ont commencé par s’inspirer de la réalité, comme par exemple Maurice Leblanc pour son Arsène Lupin, s’en sont ensuite affranchis… 
La réalité et la fiction sont selon moi deux choses très différentes. Lorsqu’un auteur écrit une histoire, son imagination souvent débordante est obligée de se brider dans un souci de vraisemblance. Un problème que la réalité n’a pas. Lorsque l’on observe certains faits divers, franchement, ils semblent tellement extrêmes, ou stupides, que si on les écrivait personne ne les jugerait crédibles ! Dans la fiction, les meurtriers ont des mobiles et des raisonnements complexes, alors que dans la réalité un homme va tuer son voisin parce qu’il est jaloux de sa nouvelle voiture ou qu’il lui doit de l’argent…
 
Comment vous est venu l’idée d’écrire ? Forge- t- on ses héroïnes à son image ?
L’idée d’écrire ne m’est pas venue d’un coup! J’étais persuadée d’avoir vécu une sorte de déclic à la naissance de ma fille, mais certaines personnes m’ont rappelé que je parlais déjà d’écriture des années plus tôt. Alors finalement je ne sais pas, le projet a dû doucement mûrir dans mon esprit. Comme pour bien d‘autres personnes sûrement, puisqu’il parait que 12% des Français écrivent ou rêvent d’écrire ! Je suis simplement passée à l’acte, et je conseille à tous ceux qui en ont envie de faire de même...
 
Forge-t-on ses héroïnes à son image ? 
Je vous dirais que je fais tout le contraire puisqu’à chaque début de livre j’imagine délibérément une héroïne très différente de moi, avec la curiosité de voir où cela m’emmène. Jusqu’à m’enfuir au Moyen Age pour ça ! Et puis l’inconscient reprend le dessus, et l’on retrouve dans les textes des petits morceaux de soi comme les petits cailloux semés par le Petit Poucet… L’un de mes professeurs d’écriture, le romancier Jean-Luc Seigle, expliquait que l’on ne peut pas écrire une émotion sans l’avoir ressentie, je crois que cela résume assez bien le rapport que l’on peut avoir avec nos personnages : ils ne sont pas nous, mais leurs émotions, elles, sont les nôtres.
 
Quand vous n’écrivez pas, lisez-vous et quoi ? Cela vous sert -il pour votre propre écriture ? 
En réalité, je lis très peu lorsque j’écris parce que cela a tendance à couper mon élan, j’ai l’impression que ce que font les autres est tellement bien qu’il n’y a plus rien à ajouter ! Il y a donc les périodes où je ne fais que lire, des dizaines de livres à la suite qui me nourrissent, me remplissent, et celles où j’écris. Exception faite des Rois Maudits de Maurice Druon que j’ai dû lire une quinzaine de fois, je ne relis pratiquement jamais deux fois le même livre. Il y en a tant à découvrir qu’une vie n’y suffira pas ! Propos recueillis par Dominique Larue 
 
Looking for Alice, Louise Vianey, éditions France Loisirs 
 
 

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