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leboudoirdemadame

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Un choix critique par Dominique Larue, journaliste ex Madame Figaro

Sur les pas d'Erik Satie avec Le gentleman de velours de Richard Skinner aux éditions Autrement

Aborder une oeuvre musicale nouvelle pour soi exige je trouve de connaître son auteur. C’est mon point de vue ! Dans le cas d’Erik Satie, c’est d’autant une obligation tant est complexe et déroutant ce compositeur qui a rompu avec le classicisme .

Si on doute de cette vérité , outres ses Gymnopédies , Gnossiennes , ou « trois morceaux en forme de poires » ( nom donné par Satie en réponse à Claude Debussy, son ami qui lui reprochait amicalement que son art « souffrait d’une indigence de forme » ), on se doit de voir et écouter Relâche, une sorte d’ « interlude cinématique » , crée par lui en 1924 en collaboration avec Picabia et porté à l’écran par un jeune réalisateur du nom de René Clair . Ainsi on saisit d’emblée l’originalité au sens propre du terme d’Erik Satie

Reste ensuite à plonger avec délice dans Le Gentleman de velours , un roman biographique rédigé par Richard Skinner , qui a le mérite de nous raconter d’un ton léger, les événements marquants dans la vie d’Erik Satie, considéré à l'époque par bon nombre de ses détracteurs comme un amuseur, un mystificateur et qui on doit bien le reconnaître , ne faisait rien pour casser cette image .

D’ailleurs, un article paru dans Le Figaro à son décès rend compte de ce malentendu !Son auteur y écrit : « Ce musicien, dont l’influence sur l’évolution de la musique contemporaine française a été considérable, n’a pas toujours été bien compris ; mais, en même temps, il a fait tout tout ce qu’il a pu pour favoriser cette situation » .

Riche d’anecdotes, ce livre où Erik Satie apparaît comme un personnage de fiction ( mais tellement vivant ), se fonde bien sûr sur des sources exactes. Dans cette belle promenade narrative qu’offre Richard Skinner entre Montmartre et Arcueil où a vécu le maître aux cent parapluie et sept costumes en velours, on y croisera aussi parmi ses amis et connaissances outre Debussy : Man Ray, Brancusi, ,Marcel Duchamp, Fernand Léger, André Breton….et quelques femmes comme la comtesse de Polignac, mécène fidèle . Le gentleman de velours , un homme à histoires et qui a écrit magistralement en partie celle de la musique d’aujourd’hui .

Le gentleman de velours, Richard Skinner, éditions Autrement collection Les grands romans.

 

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