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leboudoirdemadame

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Un choix critique par Dominique Larue, journaliste ex Madame Figaro

Le peintre Marie Laurencin : une vie et l'oeuvre de toute une époque

Une vie en ombre et lumière...

 

Le livre attendait son heure depuis deux-trois ans et il a suffi de plonger dans  Le Journal d’Irlande de Benoîte Groult sorti récemment et initié par sa fille Blandine de Caunes pour enfin passer à l’acte avec Marie Laurencin de Bertrand Meyer-Stabley le « spécialiste » des biographies . 

Le lien entre ces deux femmes ? l’ amitié et plus…qui unissait la mère de Benoîte Groult, Nicole  ( soeur de Paul Poiret ) à Marie: peintre, égérie du cubisme . Qu’on apprécie ou pas ses oeuvres, Marie Laurencin est un passage obligé dans l’histoire de l’art du début du siècle. Un formidable témoin . C’ est en cela que lire sa vie est riche d’enseignement.

Elève en peinture, notamment  à l’atelier des Batignolles à Paris, elle travaille avec des professeurs réputés comme Madeleine Lemaire  ( qui sera l’inspiratrice de Mme Verdurin dans La recherche de Proust). 

Son style en arabesques, couleurs tendres prend forme. Ses relations aussi : Derain, Georges Braque, Max Jacob, Matisse, Pablo Picasso qui la présente au poète Guillaume Apollinaire et avec lui cinq années de passions orageuses dans la bohème de Montmartre et qui inspireront à Apollinaire les plus beaux de ses  poèmes.

Marie va son chemin, artiste et bourgeoise ( elle aime le luxe, le confort  ), commence a exposer et à s’exposer avec ses amitiés féminines  ce qui ne l’empêche pas d’épouser un baron Allemand. Une union qui huit jours à peine avant la déclaration de guerre en 1914 l’obligera a s’exiler en Espagne. 

Au retour, fêtes et nouvelles rencontres : Cocteau, Valery Larbaud, Coco Chanel, Saint-John Perse..  Ses portraits s’arrachent à prix d’or .D'or comme sa générosité, sa bonté.

Poète aussi à ses heures, joyeuse, enjouée, pleine d’esprit avec son visage d’écolière, sa petite voix fluette,  Marie Laurencin étonne par sa vitalité, sa jeunesse et devient la coqueluche du Tout Paris. 

Cette période des Années Folles marque l’apogée de Marie Laurencin . Une époque « bouillonnante » culturellement  mais où le  monde petit a  petit devient « un volcan » où  monte la fièvre .

Arrive la seconde guerre mondiale annonciatrice de funestes moments .Une sale période pour elle  ....

Marie Laurencin meurt en 1956. Elle se fera inhumée avec selon ses voeux, une rose à la main et les lettres d’Apollinaire sur son coeur .

Dans son oeuvre : 1800 peintures, aquarelles et lithographies sans compter des livres illustrés, décors de ballet et de théâtre. Depuis 1983, un musée entier lui est consacré au Japon .

Marie Laurencin, Bertrand Meyer-Stabley, éditions Pygmalion 

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