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leboudoirdemadame

lieux, expositions, lectures, photos,traditions, cuisine,films ...un choix critique par une journaliste ..

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Rencontre mystère avec Louise Vianey et son nouveau roman: Looking for Alice aux éditions France Loisirs

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Une valise oubliée vendue aux enchères . C’est l’intrigue du tout dernier roman de Louise Vianey : Looking For Alice sorti aux éditions France Loisirs. Si 12 % des Français rêvent d'écrire, Louise elle, a concrétisé son rêve ! Déjà publiée pour d'autres romans, des témoignages aussi, l’ auteur reste discrète ( Louise Vianey est un pseudo ). « J'aime l'idée de ne pas me mettre en avant, de m'effacer derrière les mots » . Dont acte avec cette valise mystère et cette rencontre qui la révèle un peu !

 
Le point de départ de votre roman avec cette idée de valise rouge oubliée puis vendue aux enchères est très intrigant. Comment vous est venu l’idée ? 
Lorsque j’ai entendu parler de ventes aux enchères organisées par les compagnies aériennes – Lufthansa, British Airways - pour vendre les valises dont elles n’avaient pas retrouvé les propriétaires, mon imagination de romancière s’est immédiatement emballée. Acheter une valise sans connaître son contenu, je rêverais de tenter l’expérience ! Même si dans la réalité nous avons malheureusement peu de chances de trouver une rivière de diamants ou une tête coupée, les bagages étant au préalable  contrôlés… Mais qui sait, il suffit d’une valise mal fouillée, non ?
 
Et vous, que glisseriez-vous dans votre bagage en supposant que vous puissiez l’oublier exprès? Un peu comme quand on part sans laisser d’adresse...
Que veut-on abandonner derrière soi, que veut-on faire découvrir de soi aux autres  ? Vaste question… Il est vrai que c’est également une drôle de façon de procéder, semer derrière soi ses secrets en laissant aux autres le soin d’en faire ce qu’ils veulent… A mon avis, tout dépend en réalité de la personne susceptible de trouver ce bagage. S’il s’agit d’une personne connue, je pourrais imaginer un jeu de pistes qui pourrait mener à des lieux que j’aime. Si je devais en revanche abandonner une valise sans savoir qui la trouve, comme une bouteille à la mer, je la remplirais de livres que j’ai lus. Pas forcément mes préférés, n’importe lesquels, j’adore l’idée par exemple des boites à livres qui permettent aux romans de passer de mains en mains. Il m’est d’ailleurs arrivé d’abandonner un roman sur un banc du métro, juste pour le plaisir d’imaginer un autre lecteur se plonger dans l’histoire que je viens de quitter. 
 
Margot dans Poisons, Marion dans Une mariée de trop et maintenant Sarah dans Looking for Alice… Des héroïnes qui naviguent entre le moyen âge et notre siècle : un grand écart historique qui me fait dire que vous aimez remonter le temps. Y trouvez-vous matière à nostalgie ?
A nostalgie, non, mais une chose est certaine, si une machine à remonter le temps était inventée demain, le XIV ème siècle serait ma première destination ! Cette période est si riche en fantasmes, en contradictions, bien malin qui comprend aujourd’hui réellement l’état d’esprit de l’époque… J’imagine un étonnant mélange de violence et de respect, de dureté et d‘altruisme, de brutalité et de finesse, et j’adorerais me confronter à la réalité pour voir où l’on se trompe. Parce que l’on se trompe, naturellement, en interprétant les données historiques avec notre esprit contemporain…
 
On vous dit passionnée par les faits divers. Est-ce à dire que pour écrire un roman, l’imagination est moins féconde que la réalité ?
Bien au contraire ! Je ne suis pas certaine qu’il soit plus facile de s’inspirer de faits réels, en tout cas ce n’est pas mon cas. D’ailleurs, certains auteurs qui ont commencé par s’inspirer de la réalité, comme par exemple Maurice Leblanc pour son Arsène Lupin, s’en sont ensuite affranchis… 
La réalité et la fiction sont selon moi deux choses très différentes. Lorsqu’un auteur écrit une histoire, son imagination souvent débordante est obligée de se brider dans un souci de vraisemblance. Un problème que la réalité n’a pas. Lorsque l’on observe certains faits divers, franchement, ils semblent tellement extrêmes, ou stupides, que si on les écrivait personne ne les jugerait crédibles ! Dans la fiction, les meurtriers ont des mobiles et des raisonnements complexes, alors que dans la réalité un homme va tuer son voisin parce qu’il est jaloux de sa nouvelle voiture ou qu’il lui doit de l’argent…
 
Comment vous est venu l’idée d’écrire ? Forge- t- on ses héroïnes à son image ?
L’idée d’écrire ne m’est pas venue d’un coup! J’étais persuadée d’avoir vécu une sorte de déclic à la naissance de ma fille, mais certaines personnes m’ont rappelé que je parlais déjà d’écriture des années plus tôt. Alors finalement je ne sais pas, le projet a dû doucement mûrir dans mon esprit. Comme pour bien d‘autres personnes sûrement, puisqu’il parait que 12% des Français écrivent ou rêvent d’écrire ! Je suis simplement passée à l’acte, et je conseille à tous ceux qui en ont envie de faire de même...
 
Forge-t-on ses héroïnes à son image ? 
Je vous dirais que je fais tout le contraire puisqu’à chaque début de livre j’imagine délibérément une héroïne très différente de moi, avec la curiosité de voir où cela m’emmène. Jusqu’à m’enfuir au Moyen Age pour ça ! Et puis l’inconscient reprend le dessus, et l’on retrouve dans les textes des petits morceaux de soi comme les petits cailloux semés par le Petit Poucet… L’un de mes professeurs d’écriture, le romancier Jean-Luc Seigle, expliquait que l’on ne peut pas écrire une émotion sans l’avoir ressentie, je crois que cela résume assez bien le rapport que l’on peut avoir avec nos personnages : ils ne sont pas nous, mais leurs émotions, elles, sont les nôtres.
 
Quand vous n’écrivez pas, lisez-vous et quoi ? Cela vous sert -il pour votre propre écriture ? 
En réalité, je lis très peu lorsque j’écris parce que cela a tendance à couper mon élan, j’ai l’impression que ce que font les autres est tellement bien qu’il n’y a plus rien à ajouter ! Il y a donc les périodes où je ne fais que lire, des dizaines de livres à la suite qui me nourrissent, me remplissent, et celles où j’écris. Exception faite des Rois Maudits de Maurice Druon que j’ai dû lire une quinzaine de fois, je ne relis pratiquement jamais deux fois le même livre. Il y en a tant à découvrir qu’une vie n’y suffira pas ! Propos recueillis par Dominique Larue 
 
Looking for Alice, Louise Vianey, éditions France Loisirs 
 
 

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