En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, éditions Finitude
En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, éditions Finitude

S'il est des livres qui dopent le moral, c'est bien En attendant Bojangles récemment paru aux éditions Finitude..Un condensé de fantaisie, d'optimisme à toute épreuve, de dinguerie , écrit comme d'une traite avec un élan qui ne connaît aucun faux pas. On peut dire bravo à l'auteur ,Olivier Bourdeaut d'autant que c'est son premier ouvrage. Comme le dit la post face "il a longtemps hésité avant de se mettre à écrire ,se sentant tout petit devant sa bibliothèque" . Il a eu raison d'attendre Olivier : son écriture vitaminée lance et aligne les mots comme une salve revigorante.Des débuts en fanfare en somme ! On en oublie presque de vous narrer le thème du roman : une vie de famille "hors sol" managée par l'énergie d'une mère extravagante sous l'oeil complice du mari ,du fils et de Mlle Superfétatoire : un grand oiseau exotique , quatrième membre de la famille! Mais un jour ,un drame menace de détruire cette harmonie flamboyante...

Cette famille folle dingue en apparence pour qui la routine tient lieu de mode d'existence ne vit que pour la fête, les amis, le plaisir et avec quel talent ! Le titre du livre ,emprunté à une chanson de Nina Simone résonne comme un mot de passe magique .Le prononcer c'est ouvrir la porte à l'amour fou,la vie dans ce qu'elle a de plus exaltant:l'inattendu .En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, éditions Finitude.Dominique Larue

Extrait : Le salon était vraiment dingue.Il y avait deux fauteuils crapaud rouge sang,pour que mes parents puissent boire confortablement,une table en verre avec du sable de toutes les couleurs à l'intérieur,un immense canapé bleu capitonné sur lequel il était recommandé de sauter, c'est ma mère qui me l' avait conseillé.Souvent elle sautait avec moi ,elle sautait tellement haut qu'elle touchait la boule en cristal du lustre aux mille chandelles. Mon père avait raison: si elle le voulait,elle pouvait réellement tutoyer les étoiles. En face du canapé,sur une vieille malle de voyage pleine d'autocollants de capitales,se trouvait un petit téléviseur moisi qui ne fonctionnait plus très bien. Sur toutes les chaînes passaient des images de fourmilières en gris,en noir, en blanc. Pour le punir de ses mauvais programmes, mon père l'avait chapeauté d'un bonnet d' âne.Parfois, il me disait:

_ Si tu n'es pas sage,j'allume la télévision!

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