une écriture au scalpel, froide,ciselée...
une écriture au scalpel, froide,ciselée...

Pas besoin d'écrire une pléthore d'ouvrages pour être qualifié de géant de la fiction américaine dans le sillage d'un Ernest Hemingway ou d'un Henry Miller . Je parle là de James Salter, l'ancien de Wespoint récemment disparu et qui en définitif a très peu écrit ( ne dit on pas qu'il pouvait rester un an et demi sur une quinzaines de pages !) Autant de bonnes raisons de "plonger" avec son dernier roman édité en France en 2014 : "Et rien d'autre" qui met en scène à la fin de la guerre du Pacifique jusqu'aux années soixante un Marine,tenté par le journalisme puis finalement par le monde de l'édition New Yorkaise .S'en suit sur trois cents soixante cinq pages pages,l'exposé de son quotidien, de son job, de ses rencontres amoureuses le tout agrémenté au fil des promotions, d'échappées belles vers l'Europe : Italie, Espagne, France. Si l'on ne comprend pas le ton volontairement laconique de James Salter, on peut s'ennuyer ferme très vite.Voilà une écriture sans fard ni fioriture : chirurgicale.La plume de Salter dévide le parcours de son héros, Philipp Bowan, telle une pelote de laine : sans surprise, sans étonnement ,sans révolte, sans soubresaut,sans espoir, d'un ton fataliste exactement comme quiconque revit son passé,conscient qu'il est trop tard pour en changer le cours.Les jeux sont faits ! Et moi j'aime ! Cette absence d'affect, c'est paradoxalement tout le charme de ce roman : froid, ciselé comme au scalpel surtout dans les passages où James Salter égratigne à bon compte la bonne société américaine pétrie d'hypocrisies,de préjugés..."Et rien d'autre":la dissection sans état d'âme d'une vie. "Et rien d'autre" , James Salter, Editions de L'Olivier .DL

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