Elisabeth 1er dit The Darnley Portrait vers 1575 ,huile sur bois, National Portrait Gallery, London England
Elisabeth 1er dit The Darnley Portrait vers 1575 ,huile sur bois, National Portrait Gallery, London England

Si le selfie avait existé à l'époque de la Renaissance, gageons que Les Tudors en auraient fait grand cas. L'importance accordée aux portraits par cette dynastie saute aux yeux dans l'exposition qui se tient au musée du Luxembourg et qui présente des oeuvres phares venues des plus grands musées notament la National Portrait Gallery de Londres . Les cinq Tudors ( de Henri VII à Elisabeth 1er ) qui se sont succédés entre 1485 et 1603 ont joué de cette "communication "visuelle pour asseoir leur autorité, faire rayonner leur prestige et attirer les artistes venus d'Italie,des Flandres et contrées germaniques …

Une initiative à hauteur de leur ambition! Ces portraits royaux, réunis ensemble pour la première fois en France ,offrent un regard complet sur l'histoire du royaume en pleine mutation politique, recherche d'alliances et aussi en rupture avec l'Eglise catholique.

Le plus symbolique et le plus connus de ces portraits, réalisé par Hans Holbein le Jeune, montre Henri VIII imposant de stature, poings à la taille, pieds solidement ancrés au sol comme sur le globe terrestre! Au delà de cette représentation royale avec souvent des peintures gigantesques qui mettent en scène également conjoints ( Anne de Clèves…) et prétendants ( Eric XIV de Suède, Robert Dudley comte de Leicester…) ,les détails de ces oeuvres, révèlent la somptuosité de la Renaissance avec des vêtements richement travaillés, faites d'étoffes aux couleurs et fourrures, exclusivement réservées aux membres de la famille royale. Une cape d'Henri VII en velours d'or dite Chape de Stonyhust ,exposée au début des salles, donne de visu une idée de cette magnificence !

Les femmes dans cette dynastie ne manquent pas de panache avec des portraits hauts en couleurs par exemple celui d'Elisabeth 1er dit Portrait au phenix qui renvoie à des objets plus familiers comme son anneau de nacre cerclé de pierres précieuses, cachant dans le cabochon un portrait de sa mère Anne Boleyn ou, ayant justement appartenu à cette dernière, un ravissant pendentif sifflet en or offert par Henri VIII.

L'exposition est aussi une occasion d'évoquer les rapports entre L'Angleterre et la France tout au long du XVIè siècle : des liens parfois houleux comme la rivalité d'Henri VIII avec François 1er, leur rencontre au Camp du Drap d'Or. Une magistrale rétrospective pour une famille entre mythe et légende mais où " tout est vrai " comme cela est écrit en anglais à fin de la visite : "All is true" . A noter :d'autres belles surprises visuelles à découvrir dans cette exposition comme ce film de 1912 dévoilant Sarah Bernhardt en Elisabeth 1er.DL

Exposition Les Tudors du 18 mars au 19 juillet 2015, musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard 75006 Paris.Tel: 01 40 13 62 00 ( illustration Elisabeth 1er dit The Darnley Portrait vers 1575 ,huile sur bois, National Portrait Gallery, London England).

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