De quoi s'agit-il ? De l'histoire de Bill Cody alias Buffalo Bill, un ancien employé de chemin de fer qui a fait de son Wild West Show,la première machine a divertir à l'échelon mondial. Imaginez:"1200 pieux,4000 mats,30 000 mètres de cordage,23000 mètres de toiles,10000 pièces de bois et de fer " à monter et démonter chaque jour, bref, un chapiteau itinérant avec un succès tel que la "troupe" traversera l' Atlantique pour se produire en Europe comme par exemple en Angleterre et en France. Au finish en presque vingt ans : 40 000 spectateurs chaque jour !

L'intérêt de "Tristesse de la terre"", ne réside pas dans le décorticage de ce Wild West Show mais à la présence des "comédiens" : des Indiens rescapés du génocide,embauchés pour rejouer leur extermination avec en tête d'affiche le grand chef Sitting Bull qui un jour lassé, fuira ce cirque pour rejoindre sa tribu relégué a vivre dans un camp...Tel un archéologue, Eric Vuillard lève le voile sur la tragicomédie qui se joue à chaque représentation, révélant le désespoir et la déchéance de ce peuple exterminé, réduit à se produire en spectacle pour survivre.Faut-il néanmoins lire Tristesse de la terre ?

Là ou un Jean-Christophe Rufin apporte du souffle ,de l'empathie, Eric Vuillard dresse une sorte de bilan comptable, un réquisitoire à charge bien sûr contre l'homme blanc mais sans panache ni émotion ! Ceçi dit à chacun de se faire son jugement mais l'on peut s'étonner de l'enthousiasme d'une certaine critique qui adule peut être un peu trop "Tristesse de la terre" .De plus, ce livre, court en pages est comme "gonflé " par un ajout au demeurant très attachant mais sans lien direct avec les Indiens du Wild West Show : l'histoire inouïe et magique de Wilson Alwyn Bentley ,un jeune adolescent du Vermont qui devenu adulte -un peu fou- ,consacrera sa vie à l'étude de la nature et la mise en photo des... flocons de neige. Soit au finish, des milliers de clichés dont certains parus dans le National Geographic inspireront le joaillier Tiffany et vaudront à Wilson notoriété et respect dans le monde entier.DL

Extrait de chapitre baptisé Neige: "Alors, il se lance dans une quête formidable,minuscule et formidable.Il photographie des centaines de flocons.Miracle.Il n'y en a pas deux qui se ressemblent.Et pendant que Buffalo Bill, de ville en ville,lève son stetson dix fois,cent fois, dans le ronron des applaudissements, Wilson découvre une infinie variété derrière ce qu'il croyait sembable.Il découvre que ce qui parait a première vue identique, indiscernable,eh bien, vu de très près,lorsque le vent fouette, que le froid vous mord,si on arrête un instant de respirer,si on se blottit tout au creux de ses impressions,alors cela se sépare,se particularise,se distingue.Et on ne sait même plus s'il existe bien quelque chose que l'on peut appeler la neige, les flocons de neige, car ils sont tous différents, égaux et dissemblables, étrangement singuliers" .

Faut-il lire "Tristesse de la terre" d' Eric Vuillard?
Retour à l'accueil